Quand la route produit de l’énergie
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Route
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Tout est parti de Pontarlier, dans le Doubs, il y a quatre ans. « La deuxième ville la plus haute de France », rappelle-t-on chez Eurovia (800 mètres d'altitude, devancée par Briançon). C'est ici que l'agence de la société a mis au point un système permettant aux routes soumises à un hiver rude de se déneiger ou déverglacer elles-mêmes. Le dispositif est transposable aux pistes d'aéroports où « plus de dix millions d'euros sont dépensés chaque année pour lutter contre le verglas », rappelle l'entreprise sur son site web. Baptisée Power Road, son innovation permet de faire fondre vingt centimètres de hauteur de neige par jour. Le mécanisme repose sur des sondes, installées sous la chaussée, qui récupèrent l'énergie du soleil durant l'été (où une route peut chauffer jusqu'à 60 degrés). Une énergie stockée jusqu'à l'hiver où elle est redistribuée dans des échangeurs thermiques, permettant ainsi de faire fondre neige et glace.
A Pontarlier, la ville a acheté l'innovation et l'a mise en place sur le parking d'un lycée. Là, depuis janvier dernier, ce sont 3 500 mètres carrés de « route à énergie positive » qui récupèrent la chaleur de l'unité de traitement des déchets municipaux pour la réinjecter dans le système Power Road.
Un second cas d'usage est venu, dans le même temps, apporter une nouvelle fonction à la route. Celle de productrice d'électricité pour des bâtiments environnants. Du « micro grid », un mini réseau électrique intelligent, dont l'application s'est faite en fin d'année dernière à la barrière de péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines, l'un des plus grands péages d'Europe.
Environ 500 mètres carrés ont été équipés en sondes Power Road sur la zone d'accès au parking poids-lourds. Idéal pour tester la solidité du système, qui permet, grâce à la chaleur qu'il récupère, de chauffer le bâtiment adjacent, qui accueille les clients du péage (et utilisait jusqu'alors de l'énergie carbonée). Démonstrateur au départ, la solution donne satisfaction et va rester pérenne.
En outre, cinq kilomètres de voirie équipée par Power Road pourrait alimenter 30% des besoins en chaleur d'un éco-quartier de 75 000 mètres carrés. Selon Eurovia, 25 mètres carrés de route couverts par sa technologie suffiraient à capter l'équivalent des besoins d'un logement de 70 mètres carrés sur un an. Le système s'applique également pour l'alimentation en énergie d'un lotissement (via les places de parking), du parc de stationnement d'un centre commercial (pour déneiger les places)... Il peut aussi, par la captation de l'énergie solaire, refroidir les couches supérieures d'une route et ainsi
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Le gros avantage d'une telle innovation, c'est qu'elle ne nécessite pas de nouvelles infrastructures. « Cela reste une vraie roue, où on ne voit pas que le système a été installé, confirme Maxence Naouri, directeur de la communication d'Eurovia. Il ne bouleverse en rien la mobilité et conserve les qualités techniques, de sécurité et d'entretien du revêtement, dans la mesure où il n'y a pas besoin de le refaire, puisqu'il s'agit d'une sous-couche. »
Une brique technologique, donc, dont il n'existe pas de prix unitaire pour l'installation. Tout dépend du besoin du client. Power Road « répond à de vrais besoins lorsqu'ils ont bien été identifiés », précise Maxence Naouri, et n'a pas vocation « à être installée partout ».
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Une cinquantaine de projets sont à l'étude à travers la France, certains plus avancés que d'autres. Il faudra toutefois encore un peu de temps avant que Power Road ne puisse se déployer à grande échelle. « Nous sommes assez pragmatiques sur le calendrier, car nous avons bien conscience que nous créons une innovation en même temps qu'un marché. On rentre par l'énergie même si on parle de route, il faut accompagner tout un écosystème vers le changement », conclut-on chez Eurovia.
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