Le procès de François Pérol (BPCE) s'ouvre lundi

 |   |  596  mots
Le conseil de surveillance de BPCE avait renouvelé sa confiance à François Pérol à l'unanimité dès le lendemain de sa mise en examen, en février dernier.
Le conseil de surveillance de BPCE avait renouvelé sa confiance à François Pérol à l'unanimité dès le lendemain de sa mise en examen, en février dernier. (Crédits : reuters.com)
Le juge d'instruction reproche au patron de BPCE d'avoir pris la tête du groupe bancaire après deux années passées comme secrétaire général adjoint de l'Elysée, où il avait suivi la fusion des Banques populaires et des Caisses d'épargne.

François Pérol, le président du directoire de BPCE (Banque populaire-Caisse d'épargne), devra répondre à partir de lundi de prise illégale d'intérêts présumée lors de sa nomination à la tête du groupe bancaire, en 2009. Son procès est prévu sur quatre journées, jusqu'au lundi 29 juin, devant le tribunal correctionnel de Paris. Le juge d'instruction lui reproche d'avoir pris la tête du groupe bancaire après deux années passées comme secrétaire général adjoint de l'Elysée, où il a suivi la fusion des Banques populaires et des Caisses d'épargne. François Pérol a été secrétaire général adjoint de l'Elysée en charge des questions économique et sociales entre mai 2007 et février 2009, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Les discussions sur un rapprochement entre les groupes Banques populaires et Caisses d'Epargne se sont quant à elles déroulées entre octobre 2008 et février 2009.

D'après l'accusation, il a émis des propositions et des avis sur la fusion mais aussi sur le montant de l'aide financière qui serait accordée aux banques par l'Etat. François Pérol ne suivait pas le dossier "de loin" mais était au contraire associé "de manière étroite" aux négociations, estime une source judiciaire. "La question qui est posée au tribunal est celle de savoir si François Pérol a donné des avis ou fait des propositions sur la fusion et la recapitalisation des banques aux autorités compétentes de l'Etat : Banque de France, Trésor et ministre des Finances", rétorque son avocat, Me Pierre Cornut-Gentille. "Il démontrera qu'il n'en est rien et qu'il n'a fait qu'informer le président de la République de l'évolution du dossier, au plus fort de la crise financière de l'époque."

 NOYER ET GUÉANT CITÉS COMME TÉMOINS

La loi interdit à un fonctionnaire ou agent de l'administration publique de travailler pour une entreprise qu'il a surveillée, contrôlée, avec laquelle il a conclu un contrat ou qu'il a conseillée sur ses opérations dans les trois ans précédant son passage du public au privé. Cette interdiction vaut également pour ceux qui ont formulé des avis ou des propositions à l'autorité compétente. François Pérol est poursuivi pour prise illégale d'intérêts. Il encourt jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende. Plusieurs personnes sont citées comme témoins dans le cadre de son procès. Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer cité par la défense, devrait ainsi être présent jeudi à l'audience.

L'ancien secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, cité par une partie civile, devrait lui aussi être présent. "Je suis appelé à témoigner et je répondrai à cette invitation", a-t-il dit à Reuters. Nicolas Sarkozy, cité comme témoin par la CGT, de même que Claude Guéant, a fait savoir qu'en tant qu'ex-chef de l'Etat, il ne viendrait pas, a-t-on appris auprès de l'avocat du syndicat, partie civile dans le dossier, Me Jérôme Karsenti. Le mandat de François Pérol à la BPCE, maison mère de la banque Natixis, court jusqu'en mai 2017. Le conseil de surveillance du groupe lui a renouvelé sa confiance à l'unanimité dès le lendemain de sa mise en examen, en février dernier. Il a par ailleurs été reconduit fin mai pour quatre ans à la présidence du conseil d'administration de Natixis (Reuters).

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/06/2015 à 16:50 :
Je connais d'avance le sentence pour ce 'corps d'élite' : non lieu
a écrit le 22/06/2015 à 15:38 :
En fait, je ne comprends pas trop ce procès...qui semble très procédural. J'aurai beaucoup plus aimé qu'on parle des 15 millions d'euros que se sont versés les sénateurs UMP comme étrennes sur les crédits de l'Etat... Cet argent était fait pour les aider à travailler et pas pour se verser un treizième mois de 8000 euros par sénateur. Faut-il en déduire qu'un sénateur UMP n'aime pas travailler ?
a écrit le 22/06/2015 à 14:09 :
dès sa nomination tout le monde trouvait cela anormal, pour ne pas dire scandaleux.. Nous voilà 6 ans plus tard et commence seulement son procès, c'est dingue...on passe des voleurs de poule en comparution immédiate mais pour nos cols blancs politiques c'est impunité totale. J'attends ce soir la sacro sainte QPC (genre c'est normal que mon procès s'ouvre un lundi lendemain de la fête des pères et de la musique?) puis le classement sans suite pour faute de preuve ou vice de forme...on connaît l'histoire depuis longtemps....
Réponse de le 22/06/2015 à 15:47 :
On ne peut plus d'accord avec vous. Quand il y a verdict défavorable en plus pour cette catégorie de voleurs en col blanc, la peine est tellement légère que les prévenus n'en ont strictement rien à faire
a écrit le 22/06/2015 à 12:13 :
Il n'a pas démérité à la tête de la BPCE (contrairement à d'autres style Anne Lauvergeon), mais le problème n'est pas là. Il y est arrivé en s'asseyant sur toutes les règles de nomination sachant qu'il était partie prenante dans le dossier avant sa nomination. Ca me parait normal que ça se termine devant un tribunal. Il est clair aussi que toutes ces histoires s'arrêteront le jour où le petit haineux qui les a collectionnés avant et pendant sa présidence débarrassera le plancher pour de bon (comme il l'avait promis après sa déroute de 2012, car c'en est une de se faire battre par Hollande qui n'est pas un foudre de guerre).
Il serait temps de revenir à des modes de gouvernement de pays civilisés. Dehors, Cahuzac, Balkany, Thevenoud, Guéant etc (le post est pas assez grand pour tous les mettre)
J'attends aussi de voir comment une affaire comme Uramin qui implique des gens de droite et de gauche va se terminer; j'espère autrement que par un non lieu généralisé.
a écrit le 22/06/2015 à 10:21 :
Mr Perol, qui n'a pas démérité en redressant Natixis etc..., est entre les mains de juges politiques, exécuteurs des basses oeuvres des règlements de compte entre puissants. 
Qui peuvent le faire parce que la procédure d'instruction française est parfaitement inquisitoriale et moyen-âgeuse, et permet d'embastiller des gens sur simple présomption.
 Alors qu'on se permet par ailleurs de donner des leçons de Droits de l'Homme au monde entier. C'est encore un peu plus d'argent du contribuable gaspillé pour des querelles d'ego. Et c'est nul!
a écrit le 22/06/2015 à 7:48 :
Et hop, une fois de plus un inspecteur des finances impliqué. Ça devient d'un courant...
a écrit le 21/06/2015 à 20:24 :
Ces règlements de comptes entre factions rivales de fonctionnaires sont fatigants. L'oligarchie dirigeante préfère passer son temps à donner des parts de marché aux concurrents étrangers plutôt que renforcer l'économie nationale. Les deux millions sept cent mille chômeurs ne sont pas prêts de retrouver du travail : ils n'intéressent pas nos dirigeants qui ne s'occupent que de leurs gué-guerres intestines.
a écrit le 21/06/2015 à 18:29 :
30000€ d'amende...
diriger la banque bpce doit rapporter bien plus que ca, donc ca vallait le coup pour lui de "fauter" s'il est coupable de quoi que ce soit.
rien qu'en un mois il doit gagner bien plus.

apres pour les deux ans de prison, il aura surement du sursis. diriger une banque, cela crée des amis.
a écrit le 21/06/2015 à 14:36 :
La Justice se doit de prendre des sanctions exemplaires contre la voyoucratie financière, BPCE certes, mais aussi ne pas oublier la Société Générale qui fait la une des faits divers depuis trop longtemps, plus de 15 ans de troubles affaires.
Réponse de le 22/06/2015 à 19:17 :
D'accord pour une sanction exemplaire exprimée le 21 juin à 14:38 Même si elle a peu de chance d'être exécutée.
Selon notre grande faiblesse politique en Démocratie face à cette voyoucratie toujours prête à vendre son pays en temps de guerre contre ce nouvel Etat Islamique qui a déjà consolidé sa position de 2014 avec l'aide de la Turquie par son refus de faire le choix d'une priorité entre deux menaces qui explique la résistance d'Ankara aux pressions occidentales l'engageant la Turquie à rejoindre la coalition anti-daech dont l'AKP craint qu'elle ne profite aux Kurdes; C'est ce qui explique pourquoi la Turquie a longtemps transformer sa frontière avec la Syrie en passoire (les jeunes français partis faire leur djihad témoignent sur cette facilité) . Mauvaise appréciation de la Turquie qui pensait pouvoir faire pression sur telle ou telle force insurgée selon leurs intérêts. politique du laisser faire-laisser passer dans le but d'affaiblir le régime de Bachar et les kurdes, Idem sur la passivité lors du siège de Kobané pour laisser kurdes et djihadistes de l' EL s'entretuer, cette politique se retourne contre la Turquie qui n'a pas vu venir le piège de Daech, Ce laxisme est à l'image de notre Justice français tenue en mains par notre exécutif. Il est le produit d'un pays qui ferait mieux de renforcer sa position militaire sur ce véritable Etat Islamiste. (Lequel contrôle la ville de Raqqa avec l'aide des Tunisiens présents parmi les miliciens - dont les chefs sont de cette même logique hégémonique avec Jabhat al - Nusra) qui va pouvoir accentuer son effort de guerre contre nous.
Plutôt que de s'occuper de la Grèce, déjà perdue, avec l'Italie qui va suivre. Il faut arrêter les frais et se préparer au clash.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :