Près de 48 % des ETI européennes ont investi dans leur transition climatique, évalue une étude annuelle du cabinet de conseil BCG et du fonds d’investissement Argos Wityu.N'en déplaise aux contempteurs de la transition écologique, les PME et ETI européennes semblent avoir pris conscience de l'urgence de préparer leurs infrastructures et leurs modèles économiques au changement climatique.
« Contrairement à ce qu'on entend sur le backlash [contrecoup] de la transition écologique, les dirigeants de PME et ETI n'ont pas du tout levé le pied », indique Jack Azoulay, senior partner et en charge de la stratégie climatique de la société d'investissement Argos Wityu, co-autrice du rapport. « Sur les 700 dirigeants que l'on a interrogés, y compris au Royaume-Uni [pays qui n'est pas soumis à la réglementation européenne, NDLR], 85 % d'entre eux estiment que la transition climatique est une opportunité », marque l'investisseur. « C'est 18 points de plus par rapport à 2024. On voit que la tendance se poursuit par rapport aux années précédentes. »
Près d'une PME-ETI sur deux dans la décarbonation
Près de 48 % d'entre elles ont déjà investi dans la décarbonation. Plus précisément, 32 % des PME-ETI européennes ont mis en place un plan structuré, avec des feuilles de route établies. C'est trois fois plus qu'en 2023 (11 %), lors du premier baromètre Argos Wityu et BCG sur le sujet. « Ce groupe de PME-ETI, qui prévoit un plan stratégique et qui agit, l'emporte sur les trois autres groupes de PME que nous avions identifiées - à savoir ceux qui prévoient un plan de transition, mais n'agissent pas, et ceux qui agissent sans planifier leur action », remarque Jack Azoulay.
Si tous les secteurs sont concernés, l'agroalimentaire et l'agriculture s'intéressent davantage au sujet, voyant dans la décarbonation une « opportunité », après des années d'hostilité sur fond de fronde contre Bruxelles et la réglementation européenne sur les pesticides.