Carrefour : changement de direction, cession des activités en Russie

 |   |  604  mots
(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le premier distributeur européen a accusé une chute de 2,9% de ses ventes au troisième trimestre, à 24 milliards d'euros. En conséquence, le groupe annonce un changement de tête à la direction et le retrait du marché russe.

Carrefour a publié ce jeudi soir une légère baisse de son chiffre d'affaires au troisième trimestre. Celui-ci a reculé de 2,9% sur la période, à 24 milliards d'euros. Un chiffre inférieur aux attentes des analystes interrogés par Reuters, qui tablaient sur un repli moins marqué des ventes à 24,3 milliards d'euros, après les 24,7 milliards réalisés au troisième trimestre 2008.

"Dans un environnement qui reste difficile, notamment dans nos marchés d'Europe de l'Ouest, le chiffre d'affaires de Carrefour au troisième trimestre démontre la pertinence de notre stratégie multi-format", s'est toutefois félicité Lars Olofsson, le directeur général du deuxième distributeur mondial (et numéro un européen) derrière l'américain Wal-Mart.

Le groupe a par ailleurs indiqué être en bonne voir pour atteindre ses objectifs annuels, notamment un résultat opérationnel "dans le bas de la fourchette de 2,7 à 2,8 milliards d'euros annoncée le 30 juin 2009" et des "économies de coûts opérationnels d'au moins 500 millions d'euros".

A nombre de magasins comparables, l'activité a reculé de 3,8% sur la période et de 2,4% en excluant les ventes d'essence. Le chiffre d'affaires du groupe a notamment été affecté par la variation des taux de changes: il n'aurait baissé que de 0,8% à taux de change constant. Et il aurait même progressé de 0,5% hors essence.

En France, les revenus ont diminué de 3,4% sur le trimestre, tombant à 10,4 milliards d'euros. Mais le groupe assure continuer de gagner des parts de marché, en raison du "succès de Carrefour Market, qui compense la performance décevante de nos hypermarchés". Ces derniers affichent en effet un repli de 8% de leurs ventes à nombres de magasins comparables, alors que les premiers ont dégagé un chiffre d'affaires en hausse de 1%.

A l'étranger, l'activité dans le reste de l'Europe a particulièrement souffert, avec des ventes en baisse de 6,6% (-6,1% à base comparable) au troisième trimestre, à 8,5 milliards d'euros. Elles ont notamment chuté de 6,9% en Espagne et de 4,4% en Italie. Les revenus issus des "marchés de croissance" ont encore plus chuté, particulièrement impactés par la variation des taux de changes. Ils ont ainsi reculé de 9,6% mais ont progressé de 1,4% à changes constants.

La croissance de l'activité reste soutenue en Amérique latine (+5,3% et +14,4% à changes constants) et en Asie (+5,1% et +2,6% à changes constants. Et Carrefour de mettre en avant les chiffres réalisés au Brésil et en Chine (respectivement +14,2% et +7,1% à changes constants), alors que Colony Capital et Bernard Arnault, qui détiennent 13,5% du capital, pousseraient pour que le groupe vende ses activités dans ces deux pays. Une information que dément le directeur général de carrefour, Lars Olofsson. Selon lui, aucune sortie des marchés émergents n'est à l'ordre du jour.

Dans les colonnes des Echos ce vendredi, il tacle les rumeurs sur d'éventuelles tensions avec les actionnaires de référence :"je n'arrive pas à comprendre comment une rumeur pareille a pu prospérer. Je peux vous dire que j'ai le soutien plein du Conseil d'administration et des actionnaires de référence".

Une des conséquences directes de ces résultats est l'éviction du patron des hypermarchés français, Alain Souillard. Ce dernier sera remplacé d'ici janvier par Guillaume Vicaire, 40 ans, qui dirige actuellement les activités de Carrefour en Turquie.

Par ailleurs, Carrefour confirme sont intention de se retirer du marché russe où il possède un supermarché à Moscou et un autre à Krasnodar,"en l'absence de perspectives de croissance organique suffisantes et d'opportunités de croissance externe à court et moyen terme qui permettraient d'y atteindre une position de leadership".

(retrouvez le communiqué de Carrefour).
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 16/10/2009 à 7:14 :
Joepike : vive les jugements a l'emporte piece. Il faut arreter de regarder TF1.
Certes la Russie n'est pas un marché facilement abordable mais la situation n'est pas celle relayee par les medias occidentaux.
Le probleme est que la classe moyenne russe qui a ete multipliee par 5 ces 8 dernieres annees s'est tres lourdement endettee. Le modele de consommation etait le meme qu'aux USA = on consomme et on n'epargne rien (notamment car les Russes ne font pas confiance a leur systeme bancaire depuis 1998) Tout cela etait guide par un baril de petrole qui evoluait entre 90 et 110 dollars... L'industrie automobile a connu un enorme essor ces 4 dernieres années pour retomber au plus bas ces 9 derniers mois (licenciements massifs ...)
Donc assechement des credits a la consommation, frais caches liees a la corruption certes mais ce n'est pas la seule raison. Merci de vous documentez et de vous instruire ...
a écrit le 16/10/2009 à 4:51 :
Je suis à 50 m du Carrefour de Krasnodar... Ce n'est pas une question de valeurs ou de scrupules, car en 3/4 mois comment comprendre le marché. c'est juste une opération immobilière et financière qui renflouera les caisses déficitaires ailleurs.
a écrit le 15/10/2009 à 17:40 :
les pauvres je vais pas les plaindre.

a écrit le 15/10/2009 à 15:09 :
Il est certain qu'avouer qu'on se fait rançonner par la pègre est assez compliqué à faire publiquement.
Mais comme beaucoup de boites investissant dans l'ancien empire soviétique, on s'aperçoit que nous n'avons ni les même valeurs ni les mêmes scrupules

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :