Biocoop conforte sa place de leader sur le marché du bio

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Le chiffre d'affaires de ses 383 magasins à travers l'Hexagone a progressé de 16,9% en 2015.
Le chiffre d'affaires de ses 383 magasins à travers l'Hexagone a progressé de 16,9% en 2015. (Crédits : Biocoop)
Les ventes du réseau de magasins d'alimentation issue de l'agriculture biologique ont connu une croissance à deux chiffres en 2015. Après 30 ans d'existence, il s'affirme plus que jamais comme le leader français du secteur.

Des coopératives qui ne connaissent pas la crise. Tiré par un marché de l'alimentation bio en pleine expansion, à +10% l'an passé, le réseau Biocoop a vu sa fréquentation largement augmenter en 2015. Le chiffre d'affaires de ses 383 magasins à travers l'Hexagone a progressé de 16,9%, à 768 millions d'euros, indiquent jeudi ses représentants à l'occasion du bilan annuel.

Des résultats à faire pâlir les grandes surfaces françaises qui ont vu leur chiffre d'affaires reculer de 0,9% en 2014, selon une étude de l'Insee. Les supermarchés et hypermarchés ont ainsi perdu respectivement 1,8% et 1,7% sur cette période, quand Biocoop comptabilisait déjà en 2014 une activité en hausse de 13,4%.

La comparaison avec la grande distribution s'arrête évidemment si l'on met en perspective les chiffres d'affaires non plus en pourcentage mais en numéraire, avec par exemple 40,6 milliards d'euros en France en 2015 pour le leader Carrefour, contre 768 "petits" millions d'euros pour Biocoop.

La course en tête

Mais le réseau de coopératives tire son épingle du jeu dans son propre secteur avec une part de marché qui atteint les 50%. Il continue de gagner de l'avance sur son éternel rival La Vie Claire, de 38 ans son aîné. Avec 247 magasins, l'entreprise faisait état de 151 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014, selon le magazine LSA, soit près de 5 fois moins que Biocoop.

Après 30 ans d'existence, Biocoop se taille ainsi une part de choix sur un marché de 5,5 milliards d'euros l'an dernier. Si 45% de ces produits passent par la grande distribution, il atteint tout de même 16% de part de marché tout distributeurs confondus. Et malgré l'arrivée de nombreuses enseignes bio (Bio C bon, Naturalia...), son président Claude Gruffat reste confiant.

"On est très loin de la saturation. Quand on sait que 5% des Français consomment bio, cela signifie qu'il y a un potentiel de 95% de nouveaux consommateurs! Nous avons un marché extrêmement ouvert devant nous"

Un dynamisme qui s'observe par l'expansion du réseau, qui s'est enrichi de 33 nouveaux points de vente l'an dernier. La tendance devrait d'ailleurs se poursuivre en 2016 avec plus de 40 ouvertures prévues. Et les grandes métropoles, où les citadins sont réputés pour acheter plus facilement du bio, ne sont pas les seules à constituer ce maillage territoriale. Dans les départements plus ruraux, le succès est là aussi.

Magasins de proximité

Alençon, 28.000 habitants, préfecture de l'Orne a lancé fin février son magasin Biocoop. Malgré l'existence d'une autre enseigne bio, sa cogérante Caroline Marchais table déjà sur un prévisionnel d'un million d'euros pour l'année 2016. "Nous visons des clients déjà convaincus par la bio et qui ne trouvent pas tous les produits qu'ils souhaitent, mais surtout de nouveaux convertis", explique cette ancienne parisienne, qui mise sur une boutique de proximité "à taille humaine".

 "A chaque fois que nous ouvrons un magasin, nous créons un marché et sa demande en même temps" complète Claude Gruffat. Mais "la finalité n'est pas 'toujours plus de magasins', c'est le projet politique", ajoute-t-il, "le premier métier de Biocoop c'est d'être constructeur de filières".

Pour cela, le groupement a assuré ses approvisionnements locaux en tissant depuis plus de 20 ans "des partenariats resserrés" avec les producteurs. Car avec seulement 5,6% des fermes françaises en bio, il faut pouvoir s'assurer la priorité au près de ces fournisseurs. Une "relation construite" qui permet de couvrir 80% des besoins du réseau en produits bio "made in France".

A Alençon, Caroline Marchais et son mari Damien Chivialle ont fidélisé 40 producteurs locaux dans un rayon de 60 kilomètres maximum. Mais cela ne représente pour l'instant que 5% de leurs 600 références. La preuve pour Claude Gruffat qu'une "large porte est ouverte pour le monde agricole".

Réduire les prix

Et même si les prévisions sont bonnes pour l'année à venir, Biocoop veut continuer de "décloisonner" la consommation de produits biologiques. Le groupement a notamment rogné sa marge de 0,3% pour baisser ses tarifs. En magasin, cela s'illustre par près de 220 produits à petits prix étiquetés "La Bio je peux" et une centaine vendus sous sa propre marque. Le réseau met aussi l'accent sur le vrac, avec lequel les consommateurs peuvent effectuer jusqu'à 20% d'économies par rapport à des produits emballés.

Car Biocoop doit faire face à l'arrivée massive dans le marché du bio de concurrents de la grande distribution généraliste qui mettent l'accent sur leurs prix bas, comme Carrefour avec Carrefour Bio ou Casino avec Naturalia.

Cette guerre des prix qui gagne la distribution alimentaire biologique n'est pas sans risque pour la filière et ses producteurs. Face à la demande exponentielle, la tentation pourrait être grande de baisser les standards de qualité et de mettre la pression sur les agriculteurs, comme le dénonçait déjà en 2014 la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB).

"Si on veut détruire ce qu'il reste de paysannerie, on peut faire un copier-coller de ce qu'on a fait avec l'agriculture conventionnelle", prévenait son président.

A moins de se doter d'une charte défendant l'agriculture paysanne pour bannir ces méthodes, comme le revendique Biocoop.

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Commentaires
a écrit le 17/03/2016 à 20:45 :
J'avais lu qu'ils étaient analogues aux GS concernant leur organisation (centrale d'achat, donc pas les produits proches de chaque boutique, peut-être aussi parce qu'il n'y a pas d'offre). Mais si ça évolue, ça ira dans le bon sens (servir de boutique aux producteurs bio du coin).
J'ai acheté de la farine de châtaigne chez eux, faute d'être allé en Corse l'an passé, beaucoup moins cher que chez Lecl** où je vais d'habitude.
Les pâtes complètes sont emballées moins luxueusement que celles de Ba*** (carton) en GS, au même prix !
Les prix sont élevés mais il y a de la variété. Les GS proposent des choix moins larges en Bio mais plus abordables, ça peut aider à en démocratiser l'achat.
Attention aux agrumes "non traités", c'est "après récolte" pas avant, seuls les bio ne sont pas traités du tout (pour gratter le zeste).
Le seul endroit où j'ai vu un bloc d'huile de palme (bio) en vente (huile de friture ?), c'est chez Biocoop, je pensais que c'était industriel.

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