Casino : S&P dégrade la note de deux crans à B

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(Crédits : Stephane Mahe)
L'agence de notation a annoncé ce mardi soir l'abaissement de la note de crédit du groupe de distribution après le placement en procédure de sauvegarde de sa maison-mère Rallye. Elle s'inquiète des risques pour les créanciers et de la qualité de la gouvernance.

Si l'annonce du placement en procédure de sauvegarde de la maison-mère de Casino, Rallye, jeudi, avait plutôt rassuré les investisseurs, l'action Casino ayant rebondi de 16% depuis, S&P n'a pas la même analyse. L'agence de notation a annoncé ce mardi 28 mai en fin de journée l'abaissement de la note de crédit du groupe de distribution, de deux crans, de BB- à B, tout en la plaçant sous surveillance négative.

« Bien que la direction de Casino ait confirmé que Casino lui-même ne faisait pas partie de cette procédure de sauvegarde et que nous pensions que celle-ci a permis d'éviter une crise de liquidité chez Rallye et un éventuel changement d'actionnariat de Casino, nous considérons que cette procédure crée d'autres risques d'événements significatifs pour Casino et ses créanciers, et soulève des questions sur la fiabilité des standards de gouvernance du groupe », justifie S&P Global Ratings.

La note, qui n'était déjà plus en catégorie d'investissement et tombe dans la zone hautement spéculative, est placée sous surveillance négative reflétant « la possibilité que Casino soit indirectement affecté du fait de l'immersion de sa société mère fortement endettée dans la procédure de sauvegarde complexe ».

Intérêts non alignés

L'agence S&P craint l'issue des négociations entre Rallye et ses créanciers.

« Le résultat pourrait en fin de compte se faire aux dépens de Casino, qui constitue le principal actif et le principal générateur de la quasi-totalité des bénéfices et des flux de trésorerie du groupe. Cela pourrait potentiellement affecter davantage la flexibilité financière de Casino », relève-t-elle.

Autre point problématique : la gouvernance et le contrôle de Casino par son Pdg et premier actionnaire à travers une cascade de holdings, dont Rallye.

« Jean-Charles Naouri est l'actionnaire principal et le président du très endetté Rallye, tout en étant également président-directeur général de Casino. Ses intérêts en tant qu'actionnaire et membre du conseil d'administration de Rallye et de Casino ne peuvent donc pas être alignés sur les intérêts des créanciers de Casino. M. Naouri a intérêt à maximiser les dividendes versés par Casino afin de servir la dette de Rallye et de recevoir des dividendes pour le compte de Rallye plutôt que de les utiliser pour désendetter Casino », relève S&P Global Rating. « À notre avis, cette structure tend à favoriser les intérêts de Rallye par rapport à ceux de Casino, de ses actionnaires minoritaires et de ses créanciers », ajoute l'agence.

La procédure de sauvegarde est « l'équivalent d'un défaut » pour Rallye, que l'agence ne note pas.

S&P remarque pourtant que « sur le plan opérationnel, Casino affiche une performance relativement supérieure à celle de ses pairs français notés, Auchan et Carrefour », du fait « d'une bonne position sur le marché dans le format des magasins de proximité aux marges plus élevées, de sa stratégie multi-format, multi-enseignes et de diversification internationale ».

« Nous reconnaissons également les efforts déployés par Casino pour se désendetter, notamment en cédant des actifs, mais les dividendes élevés versés à Rallye continuent de freiner sa capacité à se désendetter », observe l'agence de notation.

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