KPMG mis à l'amende pour audit défaillant de Co-op Bank

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(Crédits : Reuters)
En Grande-Bretagne, le géant mondial de l'audit devra payer 4 millions de livres pour son analyse défaillante de l'établissement financier effectuée en 2009. Les autorités britanniques de la concurrence vont renforcer leur surveillance des grands cabinets d'audit, en raison de leurs positions dominantes.

KPMG a reçu une amende et un blâme des autorités britanniques pour son audit défaillant de Co-op Bank en 2009 et ses activités auprès des institutions financières vont faire l'objet d'une surveillance renforcée pendant trois ans. Le Financial Reporting Council (FRC)  a infligé au géant de l'audit une amende de cinq millions de livres (5,82 millions d'euros), ramenée à quatre millions dans le cadre d'un accord négocié. Andrew Walker, associé chez KPMG, a pour sa part reçu une amende de 125.000 livres, ramenée à 100.000 livres, et a été aussi réprimandé. Toutes les activités d'audit de KPMG auprès des organismes de crédit pour les exercices se terminant en 2019, 2020 et 2021 vont en outre être soumises à un examen supplémentaire réalisé par une équipe différente du cabinet, qui transmettra ses rapports au FRC, a dit ce dernier.

Inexactitude des avis financiers

Ces sanctions sont liées à un audit de Co-op Bank réalisé en 2009, peu après sa fusion avec la Britannia Building Society, qui l'avait amenée au bord de la faillite. KPMG et Andrew Walker ont tous deux reconnu que leur travail n'avait pas été à la hauteur des exigences du secteur lorsqu'ils ont estimé la valeur du portefeuille de prêts de Britannia, a précisé le FRC. Le cabinet d'audit n'a pas rassemblé les éléments suffisants, n'a pas fait preuve du degré nécessaire de scepticisme et n'a pas informé Co-op Bank de l'inexactitude des avis financiers. "Nous regrettons qu'une partie de notre travail d'audit sur des éléments particuliers des ajustements de 'fair value' de la banque n'ait pas respecté les normes appropriées", a dit un porte-parole de KPMG. "Le travail en question a été réalisé il y a quasiment 10 ans et depuis, nous avons considérablement renforcé nos procédures et nos formations dans les domaines en question."

Après plusieurs années difficiles, Co-op Bank a été sauvée en 2017 par un consortium de fonds d'investissement américains.

Ces sanctions infligées à KPMG interviennent à un moment délicat en Grande-Bretagne pour les quatre géants du secteur (outre KPMG, PwC, Deloitte et EY), confrontés à des projets visant à réduire leur domination en les contraignant notamment à séparer leurs activités d'audit et de conseil.

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Commentaires
a écrit le 09/05/2019 à 9:05 :
Tiens tiens on dirait vraiment que la voie vers le brexit est aussi une voie vers la liberté, dégagé de la pression financière mortifère du consortium financier.

Depuis qu'ils ont acté la sortie de l'UE les anglais gèrent de mieux en mieux leurs citoyens. On voit bel et bien qu'une nouvelle classe politique à émergé de ce pays faisant oublier les désastreux thactcher et blair.

Bravo !
a écrit le 08/05/2019 à 11:20 :
Il y a un vrai sujet de fond concernant l'indépendance de l'Audit financier. Les règles doivent être auditées, à commencer par les durées de mandat. Le copinage finit nécessairement par s'installer, ce qui est grave. Et au final, l'audit, sensé amener l'entreprise à présenter honnêtement ses comptes, produit l'effet inverse. Et quand ce n'est pas le cas et que l'entreprise n'est pas très à l'aise avec ses chiffres, alors on fait comme lors d'un contrôle fiscal: on donne un os à ronger à l'auditeur.

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