La CFDT dénonce un plan social déguisé chez GL Events

Selon le syndicat, une quarantaine de salariés ont été licenciés ou "remerciés conventionnellement" depuis l'automne dans les quatre villes de Lyon, Nantes, Metz et Reims - particulièrement à Lyon où ce groupe d'envergure mondiale a son siège social et gère plusieurs sites importants.

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Le siège de GL Events à Lyon. Le groupe compte environ 3.000 salariés sur de nombreux sites en France. De fait, selon la CFDT, GL profiterait de sa structure morcelée sur le territoire pour saucissonner ses licenciements en dessous du seuil impliquant la mise en œuvre d'un plan de sauvegarde de l'emploi.
Le siège de GL Events à Lyon. Le groupe compte environ 3.000 salariés sur de nombreux sites en France. De fait, selon la CFDT, GL profiterait de sa structure morcelée sur le territoire pour "saucissonner" ses licenciements en dessous du seuil impliquant la mise en œuvre d'un plan de sauvegarde de l'emploi. (Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)

La CFDT dénonce "la mauvaise recette" du leader de l'événementiel GL Events, qui perçoit des aides de l'État et des collectivités locales tout en licenciant du personnel à Lyon, Nantes, Metz et Reims notamment.

Selon le syndicat, une quarantaine de salariés ont été licenciés ou "remerciés conventionnellement" depuis l'automne dans ces quatre villes, en particulier Lyon où ce groupe d'envergure mondiale a son siège social et gère plusieurs sites importants.

Interrogée vendredi par l'AFP, leur directrice, Anne-Marie Baezner, a répondu que GL n'allait pas s'exprimer sur le sujet "pour le moment".

En octobre, la trésorerie était officiellement jugée suffisante...

Opérateur de salons, gestionnaire de centres d'exposition et spécialiste de la logistique des grands événements comme les Jeux olympiques, le groupe a vu ses revenus s'effondrer avec la crise sanitaire: de 1,17 milliard d'euros en 2019 à 500 millions attendus pour 2020, selon ses dernières prévisions établies à la mi-octobre.

Le groupe, qui compte environ 3.000 salariés sur de nombreux sites en France, avait alors relevé de 40 millions d'euros, à 170 millions, son programme d'économies en fin d'exercice, sans évoquer de suppressions d'emplois.

"Nous n'envisageons pas de plan social aujourd'hui", déclarait à l'époque le directeur général du pôle "Venues", Christophe Cizeron, tandis que le président de GL, Olivier Ginon, assurait disposer d'une trésorerie et de lignes de crédit suffisantes pour "passer l'année 2021 sans problème".

... mais des suppressions d'emplois se préparaient

Des suppressions d'emplois étaient pourtant bien en cours, comme l'a révélé le site d'information Mediacités: en septembre, la direction du Centre des Congrès lyonnais avait présenté un "projet de licenciement collectif pour motif économique de moins de 10 salariés".

Sept agents sur une cinquantaine en ont fait les frais:

"Ça s'est fait très rapidement. On m'a convoqué dans un bureau pour me dire que le groupe avait des difficultés, que des postes étaient supprimés, dont le mien. C'est très douloureux", raconte l'un d'eux à l'AFP.

Un autre agent ajoute :

"Ils ne font pas beaucoup d'efforts pour nous garder, avec des propositions de reclassement totalement inadaptées", estime-t-il.

La CFDT parle de "saucissonnage" des licenciements pour éviter le PSE

Selon la CFDT, GL profite de sa structure morcelée sur le territoire pour "saucissonner" ses licenciements en dessous du seuil impliquant la mise en œuvre d'un plan de sauvegarde de l'emploi.

"La stratégie est bien huilée", juge Franck Hermann, représentant sectoriel du syndicat en Rhône-Loire.

Aides (État, Grand Lyon, banques...) d'un côté, licenciements de l'autre

Il est d'autant plus remonté que GL bénéficie dans le même temps d'aides de l'État, via le chômage partiel - il a concerné 70% de ses salariés lyonnais en 2020 - et des garanties bancaires.

Le groupe est aidé aussi par des collectivités comme le Grand Lyon, qui lui a accordé selon Mediacités 782.000 euros de ristourne sur le loyer 2020 du Centre des Congrès. Début janvier dans la presse, Mme Baezner avait salué la "très bonne écoute" de la nouvelle gouvernance - écologiste - de la métropole.

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