Mystérieusement "disparu", le propriétaire de Club Med est réapparu

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Guo Guangchang, milliardaire de 48 ans et emblématique figure des milieux d'affaires chinois, était disponible lundi matin et animait l'assemblée annuelle des actionnaires de Fosun.
Guo Guangchang, milliardaire de 48 ans et emblématique figure des milieux d'affaires chinois, était disponible lundi matin et animait l'assemblée annuelle des actionnaires de Fosun. (Crédits : Reuters)
Le président de Fosun, disparu pendant plusieurs jours, aurait apporté "son aide pour certaines investigations menées par les autorités judiciaires", selon le groupe. L'affaire souligne à nouveau les pratiques opaques de détentions des autorités chinoises.

Après quatre jours d'une énigmatique "disparition" durant lesquels il aurait coopéré à une enquête des autorités, le président du conglomérat chinois Fosun, propriétaire du Club Med, est réapparu lundi devant des actionnaires du groupe.

Fosun avait finalement publié dans la nuit de vendredi à samedi un tardif communiqué affirmant que Guo Guangchang apportait simplement "son aide pour certaines investigations menées par les autorités judiciaires".

Caijing a indiqué lundi 14 décembre, en citant de "multiples sources" non identifiées, que le milliardaire avait "terminé sa coopération" avec les autorités, et qu'il était "rentré sain et sauf chez lui". Un euphémisme pour suggérer que lui-même n'est pas inquiété ni directement visé par des investigations en cours.

Guo Guangchang, milliardaire de 48 ans et emblématique figure des milieux d'affaires chinois, était disponible lundi matin et animait l'assemblée annuelle des actionnaires de Fosun, selon des clichés publiés par le magazine financier chinois Caijing, réputé pour le sérieux de ses informations.

Le titre Fosun n'est plus suspendu

Caixin, un autre magazine chinois, avait annoncé jeudi soir que M. Guo ne "pouvait plus être joint" par son entreprise depuis l'après-midi du même jour, alimentant les spéculations sur son possible placement sous enquête.

L'article avait fait l'effet d'un coup de tonnerre, et la suspension sans explication des titres des sociétés de Fosun vendredi aux Bourses de Hong Kong et Shanghai avait encore accru le mystère et les inquiétudes.

La cotation des titres des filiales du conglomérat à Hong Kong et Shanghai a repris comme prévu lundi .

Le portail d'informations Sohu avait indiqué vendredi que M. Guo était interrogé dans le cadre de l'enquête pour corruption visant Ai Baojun, vice-maire de Shanghai et directeur de la zone franche de la ville.

Des détentions peu transparentes

C'est loin d'être le premier "cas de disparition" en Chine. Selon Bloomberg, elles mettent en lumière le système de détention des dirigeants chinois. Même s'ils ne sont pas visés. Ce nouveau cas pose la question de la façon dont ces enquêtes sont menées par les autorités chinoises. Les défenseurs des droits de l'homme dénoncent régulièrement le manque de transparence de ces dernières.

Certains officiels qui furent détenus ont dénoncé les pratiques des autorités chinoises/ Bo Xilai, condamné à la prison à vie pour corruption en 2013, avait expliqué pendant son procès qu'on l'avait forcé à faire des aveux lors de son interrogatoire, rapporte Bloomberg. Liu Han, exécuté cette année pour crimes, dont un meurtre, avait assuré devant le tribunal avoir été torturé et frappé par les personnes qui l'interrogeaient, afin de le forcer à faire des aveux.

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