Tourisme : l'Espagne enchaîne les records
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Avec 94 millions de visiteurs en 2024, l'Espagne est désormais la deuxième destination mondiale.
Reuters
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Avec 94 millions de visiteurs en 2024, l'Espagne est désormais la deuxième destination mondiale.
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94 millions de visiteurs : C'est le niveau historique atteint par l'Espagne en 2024, faisant du pays la deuxième destination mondiale, juste derrière la France. Selon les premières estimations disponibles, le pays d'Europe du Sud a accueilli 10% de visiteurs de plus que les 85,1 millions reçus en 2023, année du précédent record, a annoncé ce mercredi le ministre du Tourisme Jordi Hereu. Le pays « continue donc de battre des records en matière d'accueil » de touristes et confirme son rôle « de premier plan » dans ce secteur très concurrentiel, s'est-il félicité.
Dans son dernier rapport, publié début décembre, l'association de professionnels Mesa del Turismo, avait attribué cette dynamique à une hausse des arrivées depuis le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, principaux pays d'origine des touristes en Espagne, et à la « désaisonnalisation » du tourisme, avec une fréquentation en hausse hors des périodes de vacances.
« Notre pays évolue vers un modèle touristique plus qualitatif et plus diversifié, à la fois en termes de saison, de produits et de destinations », a confirmé ce mercredi le ministère. Ce dernier a fait une priorité de la montée en gamme de la filière, encore très dépendante du tourisme balnéaire.
D'après les chiffres de Business France, chaque touriste en Espagne a dépensé en moyenne 1.327 euros en octobre, soit une hausse de 5,5% sur un an. Avec des dépenses quotidiennes qui atteignent en moyenne 191 euros. « Les séjours les plus fréquents durent entre quatre et sept nuits », ajoute Business France. Toujours selon la même source, la région qui a accueilli le plus de visiteurs (de janvier à octobre) est la Catalogne avec près de 17,6 millions de Touriste. Sur le podium, les Baléares arrivent en deuxième position, suivie de l'archipel des Canaries.
L'Espagne a ainsi engrangé 126 milliards d'euros de recettes, contre 108 milliards il y a un an, d'après l'estimation rendue publique par le ministère. Une bonne nouvelle pour l'économie espagnole, qui repose en grande partie sur le tourisme et devrait ainsi enregistrer une croissance de 3,1% en 2024 selon la Banque d'Espagne. Soit un niveau nettement supérieur à celui de la zone euro, où la croissance devrait plafonner à 0,8%, d'après la Banque centrale européenne.
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Néanmoins, cet afflux touristique suscite aussi de fortes crispations au sein de la population, notamment dans les destinations prisées. Les habitants dénoncent la congestion des infrastructures, la disparition des commerces traditionnels, remplacés par des boutiques touristiques, mais aussi et surtout la flambée des loyers. En effet, de nombreux propriétaires de logements se tournent vers la location touristique, nettement plus rentable.
Face à cette poussée de colère, plusieurs régions et municipalités ont annoncé des mesures ces derniers mois, à l'image de la mairie de Barcelone, qui a promis de ne pas renouveler les licences de quelque 10.000 appartements touristiques, qui expireront en novembre 2028.
En Espagne, aujourd'hui, « il y a trop de Airbnb et pas assez de logements » pour les habitants, a reconnu lundi le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez. Il a ainsi annoncé un plan pour juguler la crise du logement, centré en partie sur les locations touristiques. « Le devoir des administrations publiques est de donner la priorité à l'usage résidentiel et d'éviter que l'usage touristique et spéculatif continue de s'étendre de façon absolument incontrôlée, aux dépens de la population locale », a-t-il insisté en présentant ces mesures, dont certaines devront être approuvées par le Parlement.
Le chef du gouvernement a annoncé vouloir augmenter la fiscalité sur les locations de vacances, qui seront imposées comme des activités commerciales. Et instaurer une taxe pouvant aller « jusqu'à 100% » sur l'achat de biens immobiliers par des personnes non-résidentes et non ressortissantes de l'UE. Cette dernière mesure, qualifiée de « sans précédent » pour l'Espagne, pourrait concerner jusqu'à 27.000 transactions par an, selon Pedro Sánchez.
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Pour freiner l'envolée des loyers, le Premier ministre a par ailleurs promis une exonération d'impôts pour les propriétaires qui accepteraient de louer leurs biens en suivant l'indice de référence des loyers établi par les autorités, même dans les zones qui ne sont pas sous tension.
(Avec AFP)
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