Taxis vs VTC : 15 minutes "qui ne servent à rien" ?

Les VTC désapprouvent la volonté gouvernementale d'imposer un délai de 15 minutes, qui semble sortie du chapeau de Manuel Valls. Et ils comptent bien empêcher l'application ou la sortie du décret.
Mounia Van de Casteele
Les VTC ne comptent pas se laisser faire et entendent bien faire annuler par tous les moyens possibles cette décision de leur imposer un délai de 15 minutes avant la prise en charge de leurs clients.
Les VTC ne comptent pas se laisser faire et entendent bien faire annuler par tous les moyens possibles cette décision de leur imposer un délai de 15 minutes avant la prise en charge de leurs clients. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Voici 15 minutes qui n'ont pas fini d'agiter les esprits ni les réseaux sociaux. Il s'agit de ce délai que le gouvernement a décidé d'imposer aux véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) avant la prise en charge de leurs clients à compter du 1er janvier prochain.

Cette mesure, qui devait au départ ne concerner que les clients non abonnés des VTC, à quelques exceptions près, vaudra finalement pour tous leurs clients. Toutefois, cette règle destinée à apaiser la grogne des taxis qui accusent les VTC de concurrence déloyale, va-t-elle réellement être applicable, et surtout, (comment) sera-t-elle contrôlable en pratique ?

Les VTC n'ont pas l'intention de s'incliner

Pour les VTC, pas question de se laisser faire. Tous les moyens sont bons, pourvu que ce décret ne voit pas le jour. "On va se battre", lance Yves Weisselberger, le fondateur de SnapCar, l'une de ces sociétés de VTC.

Certes les taxis ont remporté la première manche, mais pour Camille Richard, président de la fédération des VTC, il s'agit d'un "combat d'arrière-garde" perdu d'avance par les taxis avec lesquels il assure du reste avoir toujours entretenu de très bonnes relations "depuis des siècles".

Celui-ci explique en effet que ce délai de 15 minutes ne rime à rien compte tenu des moyens de contournement, aussi bien juridiques que techniques à leur disposition. Leurs avocats sont d'ailleurs en train d'étudier les recours possibles afin que le décret ne sorte pas, ou, s'il sort, pour essayer de l'annuler ou de faire en sorte qu'il ne soit pas appliqué.

Les VTC misent sur le soutien de l'opinion publique et sur les réseaux sociaux

Cependant, les VTC comptent aussi beaucoup sur l'opinion publique. "Si la pression de l'opinion est importante, cela peut faire bouger les choses", espère Yves Weisselberger. Celui-ci évoque ainsi le prochain lancement d'une pétition en ligne. Les VTC souhaitent recueillir le plus grand nombre de soutiens, notamment grâce aux réseaux sociaux. Ils n'excluent pas non plus d'autres (très) prochaines actions.

En attendant, les réseaux sociaux semblent avoir déjà pris parti pour les VTC à en croire l'engouement suscité par le hashtag #PourNePasFaireDeConcurrence lancé sur Twitter par un client de VTC. Les VTC en ont profité pour créer un site du même nom qui recense les meilleurs des plus de 4.500 tweets d'internautes qui rivalisent d'imagination pour proposer des mesures extravagantes.

Ainsi certains internautes suggèrent par exemple d'imposer un délai de 15 minutes aux téléphones portables avant de lancer l'appel pour ne pas faire de concurrence aux téléphones fixes. D'autres proposent que le courrier électronique ne soit remis qu'à J+1 pour ne pas faire de concurrence au courrier postal. Bref, des mesures qui illustrent bien le grotesque de la situation entre VTC et taxis.

Le gouvernement va-t-il faire appel à des huissiers ?

Il faut en effet avouer que cette nouvelle mesure "pour mieux réguler la concurrence entre taxis et VTC" décidée par la ministre du Tourisme Sylvia Pinel et le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, peut surprendre, surtout dans un contexte concurrentiel. A ce propos, Yves Weisselberger ne mâche pas ses mots:

"Le décret est absurde dans sa sémantique même (...) et du point de vue de son exécution, il est tout aussi absurde".

Quoi qu'il en soit, même si ce décret était publié, serait-il appliqué, ou du moins, son application serait-elle contrôlable ? Si certains raillent la complexité de la manoeuvre, d'autres sont bien plus pragmatiques. A l'instar de Yan Hascoet fondateur et PDG de Chauffeur-privé. Selon lui, si le gouvernement veut contrôler l'application de cette règle, il le pourra. "Rien de plus facile: il suffit de faire appel à des policiers ou des huissiers", assure-t-il. Avant d'ajouter: "Après, la question est: le gouvernement le fera-t-il ?"

La solution: supprimer le statut d'auto-entrepreneur ?

En fin de compte, ces 15 minutes de délai permettront-elles de résoudre le problème des VTC et des taxis ? "Sûrement pas!", tranche, lapidaire, le patron de la fédération historique des VTC pour qui, "le gouvernement gère en réalité les intérêts de certains grands groupes comme la compagnie G7".

Selon lui, le nœud du problème est ailleurs: c'est cet "auto-entrepreneuriat organisé, industrialisé par un système de logistique lourde qui est à l'origine de la conjoncture actuelle".

"Certes, les nouvelles plateformes de réservation innovantes sont en position de concurrencer les taxis , mais c'est principalement parce qu'elles centralisent et industrialisent un statut fiscal d'auto-entrepreneuriat conçu pour le lancement d'activités individuelles. Les taxis ne sont pas en reste: ils constituent de façon détournée la moitié de ces nouveaux entrants dans cette profession alors qu'ils prétendent subir une concurrence déloyale".

Camille Rechard propose donc une (autre) solution brutale:

"Si on enlève le statut d'auto-entrepreneur, ça règle le problème".

Pour aller plus loin: Taxis vs VTC: le match continue sur la Toile

Mounia Van de Casteele

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Commentaires 27
à écrit le 21/10/2013 à 11:44
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Signez la pétition du collectif Les Dodos contre ce décret, contre ces 15min, pour la concurrence, pour l'emploi, pour le consommateur : http://www.mesopinions.com/petition/social/laissez-creer-40-000-emplois/10824

à écrit le 20/10/2013 à 10:21
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Dd

à écrit le 18/10/2013 à 14:28
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Ce qu'il faut c'est enregistrer le client avant qu'il ne paye... La loi qui cherche à contraindre la technologie n'a aucune chance !

à écrit le 18/10/2013 à 12:58
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Encore du corporatisme d'un service qui est trés mal organisé (essayez de trouver un taxi dans Paris notamment), qui est aux mains de personnes n'ayant absolument pas la notion de 'services', qui donne une trés mauvaise image de la France aux étrange...

à écrit le 18/10/2013 à 5:25
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Encore un petit malin!!! qui a trouvé le mal de sa profession les auto-entrepreneurs, après les artisans du bâtiment, voilà les VTC. Ce statut est donc le mal de la France des petites boîtes et là le mot petite est péjoratif, le mal de chaque "petite...

à écrit le 17/10/2013 à 23:45
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Ici cela ressemble curieusement aux lettres anonymes de la première guerre mondiale. A Savoir des personnes entrain de pleurer dans les chaumières a longueur de journée. Et pournepasfairedeconccurence aux taxis, un delai de 15 minutes sera imposer a...

à écrit le 17/10/2013 à 21:21
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Les taxis affirment payer très cher leurs licences alors que celles-ci leur ont été données gratuitement dans les années 60 70... C'est un système digne des charges du moyen âge : acheter une charge de taxi, plutôt que de réussir par ses capacités et...

le 18/10/2013 à 12:01
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L'argument du prix des licences systématiquement mis en avant par les taxis est scandaleux. Ce sont eux, les taxis, qui ont mis en place ce système d'achat/revente des licences pour se faire du blé et spéculer sur la pénurie.

à écrit le 17/10/2013 à 21:12
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Autre exemple de la sale mentalité des taxis parisiens. Aéroport de Roissy: 23h.30 Je suis dans la file d'attente depuis bien 30mn voire plus. Mon tour arrive. Je dis que je veux aller à Rosny sous bois. Devant le peu de rapport de cette course, le t...

à écrit le 17/10/2013 à 19:27
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ce sujet est vraiment un symbole de l ineptie des lois francaises et du disfonctionnement administratif et politique de ce pays ici on favorise encore la rente au detriment de l innovation . jusqu ou ce pays va s enfoncer dans la médiocrité ?

à écrit le 17/10/2013 à 19:25
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15 minutes d ' attente? Super, c ' est 2 fois plus rapide que lorsque j ' essaie de prendre un taxi entre 16 et 17 heures a Paris. En plus le chauffeur a les cheveux propres, ne sent pas le chacal et connait le chemin

le 18/10/2013 à 9:40
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Des" fonctionnaires" qui ont payé leur charges (comme sous l'ancie régime) et qui ahetent des Skoda pour assurer leur privilèges (dans le sens de l'ancien régime).

à écrit le 17/10/2013 à 18:28
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Contrairement à ce qui a pu être indiqué, ci dessous, la licence de taxi est gratuite, entièrement gratuite. En réalité, les taxis ont exigé de l'Etat un numérus clausus (un nombre limité) sur les licences, puis ont instauré entre eux un droit de pré...

à écrit le 17/10/2013 à 17:13
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Les taxis sont foutus! Même le président de leur fédération a dit la semaine dernière: "Beaucoup ont une mentalité de salarié" Tout est dit.

à écrit le 17/10/2013 à 16:33
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Hier soir 23H boulevard Magenta, Paris, je demande un taxi. Je fais signe à plusieurs taxis en lumière verte allumée de s'arrêter. Aucun ne s'arrête si ce n'est un qui redémarre parce que la course ne l'intéresse pas. J'appelle donc un VTC depuis mon...

à écrit le 17/10/2013 à 16:24
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Quelqu'un pourrait-il m'expliquer pourquoi les VTC n'ont pas a payer de licence comme les taxis traditionnels? Quitte a instaurer une licence, autant la faire payer a tous plutot que de reflechir a des solutions aussi absurdes qu'introduire un temps ...

le 17/10/2013 à 16:35
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Les taxis paient une licence car il faut une autorisation administrative pour exercer ce métier et qu'il y a peu de places disponibles. Les taxis se revendent ensuite entre peux ces licences en fonction de la loi de l'offre et de la demande. Mais att...

le 17/10/2013 à 16:58
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@jeff: merci pour ces explications. Je trouve tout cela absurde, en instaurant ces barrieres l'Etat a artificiellement verouille le marche au detriment de tous: taxis qui paient cher, clients mecontents, nouveaux arrivants sur le marche... Comment em...

le 18/10/2013 à 12:07
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@Al: merci pour ces explications. Dans ce cas, pourquoi l'Etat ne continue-t-il pas a delivrer de nouvelles licences? (ce qui de facto tuerait le petit business du droit de presentation...). Pourquoi l'Etat a-t-il cede? Ca n'en demeure pas moins aber...

le 21/10/2013 à 10:22
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Tyler, si l'état essaye d'augmenter le nombre de licences de taxi, ces derniers vont tout bloquer. Ça s'est déjà produit et aucun gouvernement ne veut s'y risquer. Si l'état ne freine pas le développement des VTC, les taxis vont tout bloquer. Et là e...

à écrit le 17/10/2013 à 16:24
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Ca devient absurde. Le gouvernement actuel doit avoir le courage que n'ont pas eu les précédents, par clientélisme électoral, et trouver une solution définitive à ce problème.

à écrit le 17/10/2013 à 16:19
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Comment contrôler : faire appel à des policiers ou huissiers, d'accord : mais concrètement, ils procéderont comment ? Ils vont faire une commande pour tester le délai d'arrivée ? LE droit français autorise-t-il un policier à provoquer l'infraction ? ...

à écrit le 17/10/2013 à 15:57
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Ce sont les Artisans Taxis (pas la Cie G7 citée pour défendre les VTC...!!) qui seront les principales victimes économiques de cette libéralisation . Rappel : les VTC n'ont pas à payer l'achat d'une licence pour être Artisan taxi; Si le Gouvernement ...

le 17/10/2013 à 16:22
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@les artisans taxis : l'administration ne vend pas de licence... et n'a donc rien à rembourser ! SI un marché parallèle s'est mis en place entre taxis... c'est LEUR problème !

le 17/10/2013 à 16:38
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@ Lyon69 Bien dit!!!

le 17/10/2013 à 16:42
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Tout à fait d'accord. Si les taxis veulent continuent à s'échanger à prix d'or des licences qui n'ont aucun avenir et qui seront bientôt rendues obsolètes par la technologie, c'est LEUR problème!

le 17/10/2013 à 16:43
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En fait, non, c'est Charles Pasqua, donc l'administration qui a permis en 1995 la mise en place de ce système pervers. J'habite Paris depuis 1995 justement et depuis 1995 j'entends que ce système ne fonctionne pas et qu'il faut tout remettre à plat. ...

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