Sodexo : Sophie Bellon au nom du père

Nicolas Richaud

Nicolas Richaud
écrivait il y a quelques semaines Sophie Bellon, alors membre du conseil d 'administration de Sodexo, dans une tribune, intitulée "Les femmes : nouveaux modèles de réussite", publiée chez nos confrères du Huffington Post.
Et son prochain combat va être de taille puisque cette quinquagénaire va prendre les rênes de l'entreprise familiale à compter de 2016. Car Sodexo est un morceau de choix pour un premier poste de présidente : l'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 18,4 milliards d'euros cette année et emploie 420.000 salariés à travers le monde, ces derniers étant répartis sur 34.000 sites implantés dans 80 pays. Il s'agit d'un des leaders mondiaux de la restauration collective et des services aux entreprises.
Ce lundi, son père, Pierre Bellon - qui a lancé la PME marseillaise en 1966 puis qui est resté à la direction opérationnelle du groupe jusqu'en septembre 2005 et qui préside toujours le conseil d'administration - a affirmé que sa fille lui succéderait dans deux ans. Vendredi dernier, Sophie Bellon a ainsi été nommée vice-présidente du conseil d'administration, poste qu'elle occupera jusqu'à son entrée en fonction à la tête de Sodexo. Elle s'attèlera principalement à la recherche, au développement et à l'innovation. Pour rappel, la famille Bellon contrôle 38% du capital et la majorité des droits de vote du groupe.
Et la désignation de l'ainée de la fratrie ne semble avoir crée de remous au sein du cercle familial, tout du moins pour le moment. "Il était important pour moi que cette nomination soit approuvée par mes frères et soeurs", a confié Sophie Bellon d'après ce que rapporte Les Echos. Ne voulant pas désigné lui même son successeur, Pierre Bellon a demandé à ses enfants de mettre en place un processus à même de décider celui qui lui succéderait. "Ils ont confié à quatre administrateurs le soin de choisir le plus apte à assurer ce rôle. Leur choix s'est porté sur Sophie, à l'unanimité", a-t-il affirmé selon Reuters.
Il faut dire que son CV est rempli de lignes épaisses. Après l'Edhec, Sophie Beillon traverse l'Atlantique en 1985 et fait ses premières armes aux Etats-Unis dans la banque puis dans la mode. En 1994, retour au bercail : elle intègre Sodexo. Sophie Beillon va y faire progressivment ses gammes puisqu'elle va être tour à tour chargée de mission à la direction financière, puis être nommée à la direction du contrôle de gestion stratégique du groupe, à la direction des relations clients du Groupe. Enfin, elle prend la direction générale de la division Entreprises de Sodexo France. De quoi se tailler une vision d'ensemble du groupe.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Et cette nomination doit avoir une saveur toute particulière pour celle qui est engagée, entre autres, en faveur de la mixité et qui occupe la co-présidence d'un programme d'action de Sodexo en faveur d'une meilleure représentation des femmes dans les organes de décision du groupe. Pour rappel, si les les grands groupes français sont parvenus à dépasser le quota imposé par la loi de 20% d'administratrices dans les conseil, aucune femme n'est actuellement à la tête d'un groupe du CAC 40.
Mais si avec cette nomination à la tête d'un grand groupe français - Sodexo est cotée sur le SBF 120 - Sophie Bellon a réussi à briser le plafond de verre qui arrête tant de femmes aux portes des postes de directions, elle n'en a pas moins flirté parfois avec, comme elle l'écrivait dans sa tribune publiée sur le Huffington Post :
Il y a quelques semaines, elle avait déclaré à nos confrères de France 24 (voir ci-dessous) que son père, Pierre Bellon, leur a toujours dit à elle et ses frères et soeurs que :
Et en 2016, 22 ans après ses premiers pas au sein du groupe, la patronne de Sodexo, ce sera elle.
A lire aussi :
À lire également
Nicolas Richaud
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération
Industrie, mobilités, logements, géothermie : la nouvelle offensive verte de l’Occitanie