Easyjet va-t-elle pouvoir mettre en place à Roissy-Charles de Gaulle ou à Orly un système de correspondances entre ses vols court et moyen-courriers et les vols long-courriers d'une compagnie partenaire comme elle le propose à Londres-Gatwick ? Et concurrencer ainsi le coeur de métier d'Air France? La compagnie s'y emploie et ADP, le gestionnaire des aéroports parisiens, travaille sur le sujet.
A Londres, l'aéroport est en effet au cœur du dispositif mis en place par Easyjet à Gatwick en septembre dernier pour connecter son offre court-courrier avec les vols long-courriers de Norwegian et de la compagnie canadienne Westjet. A Londres, en effet, le service "Gatwick Connect" (qui existait déjà) assure la logistique du transfert des bagages entre les vols et se fait rémunérer pour cela. Le passager d'EasyJet arrivant à Gatwick pour transiter doit déposer son bagage dans un endroit dédié de l'aéroport (un « drop-off ») et les services aéroportuaires se chargeront de l'amener dans le bon avion. Ce service et le prix de Gatwick Connect sont clairement affichés au moment de la réservation des billets sur le site internet d'Easyjet. Cette dernière a conçu un système permettant de réserver son vol court-courrier, mais aussi le Gatwick Connect et le billet long-courrier de la compagnie partenaire, le tout avec une seule transaction.
Pour autant, à Paris, la situation n'est pas la même. Et le système londonien d'Easyjet n'est pas sans poser des difficultés à ADP et ne pourrait pas être dupliqué tel quel.
Et d'ajouter :
La directive sur la libéralisation du secteur de l'assistance en escale, il y a une vingtaine d'années, a séparé les missions d'autorité aéroportuaire de celles d'assistance en escale dans le but d'éviter que l'une finance l'autre. Il est possible pour un aéroport de faire de l'assistance en escale mais de manière séparée de l'activité de gestionnaire d'aéroports, comme le fait par exemple l'aéroport de Francfort ou Gatwick. Or, si ADP a continué cette activité pendant quelques années après la publication de la directive, le groupe est définitivement sorti de l'assistance en escale lors de la cession de ses titres dans sa filiale Alyzia en 2011. Du coup, sans licence d'assistant en escale, ADP ne peut pas prendre en charge le traitement des passagers et des bagages en correspondance. Easyjet devra trouver un assistant en escale pour développer cette activité à Paris.
ADP a en revanche un rôle à jouer en proposant ou en validant les circuits logistiques et en s'assurant que les différents partenaires respecteront les règles non seulement logistiques mais aussi de sûreté.
Au regard de sa structure avec des terminaux très espacés les uns des autres, un tel système de correspondances est très compliqué à mettre à place à Roissy, sauf à regrouper les compagnies partenaires dans le même terminal ou, au moins, à les rapprocher. A Roissy en effet, Easyjet est au terminal 2B quand La Compagnie par exemple est au terminal 1.
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C'est beaucoup moins compliqué à Orly, notamment dans la perspective de la jonction des terminaux ouest et sud. Un tel système de correspondances constitue une menace pour les compagnies aériennes classiques organisées en « hub », avec des vols court-courriers qui alimentent des vols long-courriers.
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La compagnie britannique a déjà commencé à travailler à Paris avec deux compagnies long-courriers, La Compagnie à Roissy et Corsair à Orly. Mais dans l'attente d'une solution pour gérer les correspondances, l'accord porte seulement sur la distribution des deux compagnies françaises sur le site internet d'Easyjet.
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