Air France   : le référendum résout-il la question des grèves ?

 |   |  764  mots
Jean-Marc Janaillac, PDG d'Air France-KLM et Président d'Air France et Franck Terner, directeur général d'Air France
Jean-Marc Janaillac, PDG d'Air France-KLM et Président d'Air France et Franck Terner, directeur général d'Air France (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
Alors que la direction estime que les grèves doivent s'arrêter pendant la durée de la consultation des salariés sur sa proposition salariale qui débutera le 26 avril, le SNPL a indiqué à l'AFP que ce référendum "ne résout pas le problème de la grève". Deux autres jours de grève sont prévus cette semaine tandis que l'intersyndicale avait annoncé la veille de l'annonce de cette consultation qu'elle allait lancer de nouveaux préavis pour début mai.

La consultation des salariés annoncée vendredi par le PDG d'Air France-KLM et Président d'Air France, Jean-Marc Janaillac (qui a mis sa démission en jeu) pour faire passer la proposition de hausse salariale de la direction va-t-elle mettre fin aux grèves qui ont déjà coûté 220 millions d'euros? Prévus depuis longtemps, deux jours de grève sont prévus les 23 et 24 avril mais l'intersyndicale a annoncé ce jeudi qu'elle annoncerait le 26 avril des préavis de grève pour le moi de mai. La direction a décidé de lancer la consultation le 26 avril à début mai en espérant mettre fin aux grèves pendant la consultation.

«Je note qu'une question s'est posée dans une organisation syndicale (SNPL, NDLR) pour savoir s'il fallait ou pas consulter les adhérents et que la raison pour laquelle cela n'a pas été retenue est que, s'ils consultaient les adhérents, il fallait suspendre le mouvement. J'imagine que face à une situation dans laquelle l'entreprise consulte l'ensemble des personnels, les préavis de grève devraient être levés « a déclaré vendredi le directeur général d'Air France, Franck Terner.

Au-delà de la période de la consultation, la direction compte mettre fin aux grèves en misant sur une victoire du « Oui » à sa consultation, laquelle pousserait les syndicats à suivre l'avis des salariés et à signer sa proposition salariale qui prévoit une hausse de 2% des grilles de salaire en 2018 et de 5% de 2019 à 2021 (hors avancement automatique lié à l'ancienneté, hors augmentations individuelles...).

La consultation "ne résout pas le problème de la grève" (SNPL)

Le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) ne semble pas partager l'analyse de la direction.

"On ne comprend pas cet entêtement" et "on ne voit pas l'intérêt pour notre PDG de mettre son départ dans la balance", a déclaré vendredi à l'AFP Philippe Evain, le président du SNPL, qui considère cette consultation « comme une "manoeuvre désespérée". En tout état de cause, la consultation "ne résout pas le problème de la grève", a-t-il précisé.

En attendant, la mobilisation s'érode. Selon la compagnie, le nombre de grévistes soumis à déclaration préalable est par ailleurs en baisse d'environ 3 points chez les pilotes (28,1%) ainsi que chez les hôtesses et stewards (19,6%) et de presque 1 point parmi les personnels au sol (13%). Par rapport à 11 avril, la mobilisation des pilotes est en baisse de 8 points.  Air France compte assurer 75% de ses vols, dont 65% de long-courriers. C'est donc un peu plus qu'au cours des derniers jours de grève au cours desquels la compagnie n'avait pu assurer que 70% des vols. Néanmoins, il faudra attendre de voir le taux de participation à la grève de mardi pour voir si cette tendance se confirme.

Cette consultation, qui a reçu le soutien de Christian Blanc, PDG d'Air France de 1993 à 1997, qui avait lui aussi lancé un référendum pour contourner l'opposition syndicale à son plan de sauvetage (curieusement, Jean-Marc Janaillac a dit en conférence de presse ne pas savoir si une telle consultation avait déjà eu lieu à Air France), mais aussi de tous les PDG de compagnies aériennes françaises, a également suscité la grogne des autres syndicats

"Un déni de démocratie" (CGT)

Pour Vincent Salles (CGT), avec ce référendum à "valeur uniquement symbolique", pour lequel il craint une question "orientée", Air France attise "la division entre les salariés (...) en jouant sur les peurs". C'est aussi "un déni de démocratie" vis-à-vis des syndicats, a-t-il insisté.

Ceux engagés dans le mouvement (SNPL, Spaf, Alter, SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF, CGT, FO et SUD en intersyndicale, l'Unac de son côté) représentent plus de 65% des voix aux élections professionnelles.

L'accord proposé par la direction, un "leurre", "ne règle rien", a estimé pour sa part Jérôme Beaurain (SUD Aérien). Les salariés "ne sont pas dupes. Ils veulent un réel rattrapage d'inflation", a-t-il poursuivi, pronostiquant qu'ils allaient "très certainement rejeter massivement" le texte.

Tous les syndicats ne partagent pas l'avis de l'intersyndicale. C'est le cas de la CFDT et de CFE-CGC qui ne sont pas dans la grève. Les salariés sont "inquiets", ils "ne voient pas l'issue" de ce conflit, a déclaré Béatrice Lestic, représentante de la CFDT qui, comme la CFE-CGC, n'est pas dans la grève. Poursuivre ce mouvement, "c'est remettre en cause la pérennité même" de la compagnie, craint Ronald Noirot (CFE-CGC).

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/04/2018 à 8:45 :
La seule solution pour AF est de se débarrasser définitivement des syndicats extrémistes et des pilotes qui ne s'intéressent pas à l'avenir de la Compagnie, mais qui cherchent seulement à obtenir par la grève un maximum d'avantages catégoriels et personnels.
Réponse de le 24/04/2018 à 9:10 :
Se débarrasser des syndicats ... comme Mussolini ...? Ou son triste collègue allemand...? Pathétique ...
Se débarrasser des pilotes...? Pratique pour une compagnie aérienne...
Pourquoi pas de débarrasser des mécaniciens en grève depuis plusieurs mois tant que vous y êtes ....
A ma connaissance tout les personnels sont appelés à la grève par des syndicats représentants une majorité des employés . Leur evendication est un rattrapage du pouvoir d’achat perdu sur sept ans... il ne s’agit pas de hausse mais de non-baisse de salaires.
La question est de savoir si c’est possible et si ce n’est pas le cas , de savoir pourquoi.
Il serait bon de réfléchir avant d’ecrire.
Réponse de le 02/05/2018 à 18:09 :
@Réponse de @pnl
Cela fait bien longtemps que les syndicats ne représentent pas la majorité des salariés.
Les pilotes d'air france n'ont jamais fait les efforts de productivité (alors qu'ils s'y étaient engagés) comme les personnels du sol et les hôtesses & stewards.
Aujourd'hui ils réclament des hausses de salaires du même niveau que ceux qui ont fait les efforts de productivité...un peu foutage de gueule, non ?? Mais bon, comme leur syndicat est puissant/nuisible, ils continuent...
a écrit le 24/04/2018 à 8:38 :
ces debiles et irresponsables qui gagne en 1 mois ce que la pluspart des gens gagnent difficilement en 6mois est totalement fou et en plus ne se rendent pas compte que beaucoup de gens se tournent vers d'autres compagnie plus aimable et moins chere ils pourront toujours pleurer quand la societe qui perd de l'argent sera dissoute 3% de baisse de salaire pour rattraper la baisse du chiffre d'affaire serai tout aussi raisonnable
raz le bol de ces nantis qui se permettent de bloquer des societes qui leur permettent de vivres et qui ont du mal face a la concurrence agressive
a écrit le 24/04/2018 à 5:02 :
Syndicalisme au Quebec. Les employés peuvent décider (ou pas) de créer un syndicat dans leur entreprise par référendum. Obligatoirement, tous les employés de cette catégorie d'emploi deviennent membre et doivent cotiser au syndicat. Le syndicat ne peut rejoindre qu'une unique centrale syndicale, et négocie une convention collective avec son employeur. Pour faire greve, il faut un vote des membres a 50%. En cas de vote de greve, TOUS les employés sont en greve (arret complet des opérations). Entreprise peut faire greve inversée (lockout) et fermer ses portes. Gouv. peut forcer une entente par Loi spéciale.
a écrit le 24/04/2018 à 4:55 :
Organiser une consultation de l'ensemble des employés est considéré par la CGT comme un ''déni de démocratie'', Excellent !
Réponse de le 25/04/2018 à 19:12 :
C'est vrai que c'est le comble du ridicule !
a écrit le 23/04/2018 à 22:59 :
@Meli Melo : vous n'arriverez pas à faire "gober" aux français votre revendication pour les pilotes de +6%.. C'est impossible de leur faire admettre que des pilotes qui gagnent en moyenne €15000/mois puissent être ainsi augmenté de €900... Aller citer le cas des "fat cats" de la direction ( que tout le monde réprouve) ne justifie en aucune manière de telles augmentations. Par contre, pour les autres catégories de personnel, cela devrait pouvoir se discuter.
a écrit le 23/04/2018 à 15:14 :
Bon anniversaire Mr Janaillac ...65 ans le 26 avril 2018 et l obligation de quitter Air France...de toutes facons.
Quel panache de remettre en jeu son mandat maintenant avec belle prime de depart de prevue ...j imagine
Réponse de le 23/04/2018 à 16:53 :
A ma connaissance l'age limite pour un PDG c'est 70 Ans donc !!
a écrit le 23/04/2018 à 12:16 :
Un déni de démocratie quand on demande l'avis de tout le personnel !!!
Il y a vraiment un problème de culture démocratique dans ce pays qui en permanence rejette toute légitimité du plus grand nombre au nom des minorités agissantes souvent noyauté par l'extrême gauche.
a écrit le 23/04/2018 à 10:03 :
Sûrement avec la même efficacité qu'à NDDL. L'avantage avec les minorités radicales, c'est que même avec un référendum, elles vous diront que la question était biaisée et que c'est LEUR vérité qui compte !
a écrit le 23/04/2018 à 8:27 :
"le référendum résout-il la question des grèves ?" Peut être !!! Ou alors une répartition plus juste des bénéfices , non ??
a écrit le 23/04/2018 à 3:03 :
A vous lire, on dirait que les salariés d’Air France ( pilotes, hôtesses et stewards, mécanos, personnels sol ) ont des revendications aberrantes et dangereuses.... Tous les concurrents européens de la compagnie française ont protesté de la même façon et ont obtenu gain de cause. Je pense surtout à Lufthansa, après plusieurs mois de grèves perlées. Il est vrai que dans ces compagnies, le patron ne s’augmente pas de 40%, tout comme le comité exécutif avec 17% d’augmentation en 2016 et 2017 ! Ceux là ne mettent ils pas en péril leur compagnie ? M. Janaillac jouerait collectif ? LOL ... 675 000 € brut d’endemnité de départ pour une ancienne cadre de la compagnie, aujourd’hui ministre ... On en parle? Je vous épargne les salaires abyssaux de ces mêmes dirigeants, qui aujourd’hui, prétendent que 6 % de plus pour des salariés, qui ne sont pas seulement pilotes, seraient catastrophiques ! On se moque de qui? Et c’est quoi, ces réactions anti-pilotes, anti-air France, anti-syndicaliste, qui alimentent à longueur de temps les réseaux sociaux... Voici une piètre image d’une France qui s’autodetruit ... Vos commentaires sont d’une ignorance et d’une bêtise ! Air France se porte très bien rassurez vous ! A charges égales, cette compagnie serait première en Europe ! La France a des atouts que n’ont pas nos voisins mais la jalousie et le jeu de la division sont plus forts que tout. Ce référendum arrive à point nommé, puisque depuis 7 ans, les dirigeants de cette boîte qui s’echangent leurs postes, ont mis l’entreprise à feu et à sang. Les administratifs d’un côté et l’exploitation de l’autre ! Je parie que le OUI va l’emporter ! Plus de la moitié des effectifs vont se contenter de miettes pendant que l’exécutif continuera à se gaver... Mais au moins, ils auront assouvi leur haine du navigants... Il n’est pas sûr que cette démarche soit payante à long terme ...
Réponse de le 23/04/2018 à 14:02 :
Meli Melo surtout !! Demandez aux Francais ce qu'ils pensent des pilotes AF... Vous n'osez pas, hein ?
Réponse de le 23/04/2018 à 16:57 :
Ils n’en pensent que ce que des médias complaisants leur donnent à penser.
Sinon ils n’y connaissent rien et n’en pensent donc rien .
Il est intéressant de voir comment ces mêmes médias montent au créneau dès que les dirigeants l’exigent . La Tribune ne tombe que très marginalement dans le panneau . Reprendre des informations mensongères sur les personnels ( le sempiternel salaire des pilotes gonflé au gré des besoins pour exciter le bon peuple alors qu’il n’atteint même pas la moyenne des majors européennes )fait partie de la propagande habituelle .
Alors très cher Maduf il faudrait surtout savoir ce que les lecteurs pensent de vos interventions malveillantes et inutiles.
Réponse de le 24/04/2018 à 14:13 :
Démissionnez d'AF, allez piloter pour une autre compagnie qui sont selon vous super généreuses, et arrêtez de vous plaindre.
a écrit le 22/04/2018 à 17:00 :
Mr Evain, président du SNPL, "ne voit pas quel est l'intérêt pour mr Janaillac de mettre sa tête dans la balance" !!!
Mr Evain ne connait sans doute pas ce qu'est un geste personnel désintéressé pour une action collective indispensable !!! Lui ne voit dans la manipulation des salariés que l'avantage qu'il pourra en tirer, son syndicat et lui !
Réponse de le 23/04/2018 à 9:37 :
Ce geste personnel n’est pas si désintéressé que cela et vous le savez bien.
La position du PDG est le fruit de nombreuses pressions contradictoires.
La première : l’argent. Rentabilité insuffisante pour cause de charge externes ( taxes entre autres )bien supérieures à la concurrence ( pas de problème sur les prétendus salaires mirobolants de prétendus enfants gâtés : le rapport masse salariale sur chiffre d’affaire d’af est similaire à ses concurrentes ).
La seconde :sauver les syndicats amis qui ont commis l’imprudence de signer un accord salarial qui a mis le feu aux poudres.
La troisième : coller au dogme politique de ne rien céder aux ouvriers quels qu’ils soient pour faire avancer les «  réformes «  évidemment «  indispensables «  au redressement .... redressement de quoi au juste ? Du pays ? Des profits? De qui ?
Il est donc compréhensible que le PDG prenne cette position : il n’a guère de choix .
Dernier aspect de votre post : une attaque personnelle à la limite de la diffamation sur un responsable syndical. Soit ... il est a rappeler que quelques régimes de pays majeurs ont supprimé les syndicats dans les années 30 .
Comme si les salariés étaient manipulables ..... Re Pfffff.....
Réponse de le 24/04/2018 à 14:04 :
Que fera ce monsieur si le référendum annonce 75% d'adhésion à la proposition de la direction ?
Il a fait tant perdre à l'entreprise qu'il devrait démissionner.
a écrit le 22/04/2018 à 16:41 :
Pour la CGT, la consultation des salariés est un déni de démocratie.
Donc pour la CGT, les salariés ne comptent pas et sont inaptes a donner leur avis sur l'avenir de leur entreprise.
J'avoue avoir du mal a comprendre que des salariés peuvent encore voter pour un syndicat qui les bafouent a ce point ?
Réponse de le 23/04/2018 à 14:05 :
C'est Coluche qui l'avait appelée le Cancer Généralisé du Travail... Pas mal, non ?? Comme récemment, la ZAD : Zone A Degueulasser...!!
a écrit le 22/04/2018 à 16:14 :
La CGT communiste dénonce un referendum comme un déni de démocratie ? C'est comme si le pape dénonçait les enquêtes contre les prêtres pedophile comme un déni de droit envers les enfants violés.
a écrit le 22/04/2018 à 15:08 :
Les élus du personnel représentent les salariés, non ? Il faut toutefois remettre en question le résultat des urnes quand c’est trop dérangeant ? Alors je propose un référendum national pour ou contre l’abaissement de la vitesse à 80kms/h, et je demande la démission du président si le vote est majoritairement contre !
Réponse de le 22/04/2018 à 17:41 :
Le jusqu' auboutisme des syndicats impliqués dans cette grève (ils ne le sont pas tous) est suicidaire pour une compagnie qui croule sous les dettes et sort tout juste d'années de déficit. On n'exige pas 250 millions en salaires alors que les bénéfices ne sont que de 500 millions: tout chef d'entreprise responsable se battra pour consolider les bénéfices durant les années suivantes avant de distribuer de l'argent aux salariés qui sont déjà très bien nantis. Si cela ne leur plait pas, pourquoi ne pas changer de compagnie?
a écrit le 22/04/2018 à 14:33 :
Seule la Liquidation Totale, licenciement Total, et vente de la marque Air France est LA SOLUTION.
a écrit le 22/04/2018 à 13:20 :
Il y a quiproquo. Le référendum s'adresse aux salariés, le syndicat s'adresse aux syndiqués. A force de décourager les adhésions, de miner la représentativité des syndicats en leur ôtant tout moyen, toute légitimité, il n'y aura bientôt plus d'intermédiaires entre le patronna bien organisé en groupe de pression et les salariés individualisés, isolés, devenus des proies faciles. Retour vers le 19ème siècle, ses grèves sauvages, ses répressions militarisées, ses fusillades de mutins, ses milices patronales, ses anarchistes violents...
a écrit le 22/04/2018 à 13:17 :
Il y a quiproquo. Le référendum s'adresse aux salariés, le syndiqua s'adresse aux syndiqués. A force de décourager les adhésions, de miner la représentativité des syndicats en leur autant tout moyen, toute légitimité, il n'y aura bientôt plus d'intermédiaires entre le patronna bien organisé en groupe de pression et les salariés individualisés, isolés, devenus des proies faciles. Retour vers le 19ème siècle, ses grèves sauvages, sa répression militarisée, ses fusillades de mutins, ses milices patronales, ses anarchistes violents...
Réponse de le 24/04/2018 à 14:03 :
Vous avez raison, il faut des syndicats. Mais si ils péréclitent c'est aussi la faute de leur jusqu'au boutisme qui ne les rend pas crédible pour le salarié moyen.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :