Coup de tonnerre à Air France. Alors que le conflit salarial s'enlise avec le refus des syndicats de signer la proposition d'accord de la direction que celle-ci avait soumise à signature jusqu'à ce vendredi midi, et la perspective d'une nouvelle salve de grèves en mai qui ne feront qu'alourdir le coût du conflit qui, aujourd'hui, après 9 jours de grèves, s'élève déjà à 220 millions d'euros, Jean-Marc Janaillac, le Pdg d'Air France-KLM et Président d'Air France, a décidé de consulter directement les salariés sur sa proposition en lançant un référendum, comme l'avait fait en 1994 Christian Blanc pour sauver Air France. À la différence près qu'aujourd'hui, il ne s'agit pas tant de sauver la compagnie que d'empêcher qu'elle ne s'autodétruise.
La consultation aura lieu du 26 avril à début mai. Comme souvent dans ce genre de référendum, ce dernier a mis sa démission en jeu puisqu'il tirera du résultat "toutes les conséquences". Jean-Marc Janaillac ne risque pas grand-chose néanmoins. Les grévistes ne représentent en effet que 10% des effectifs.
Avec ce référendum, la direction espère en effet aboutir à un accord sur sa proposition.
Cette décision lourde de conséquences traduit le constat par Jean-Marc Janaillac que les négociations sur les salaires ne pourront jamais aboutir. Pour rappel, cette proposition prévoit une hausse des salaires de 2% en 2018 et de 5% entre 2019 et 2021 (hors avancement automatique liée à l'ancienneté, augmentations individuelles....). Insuffisant pour les syndicats qui demande une augmentation de 5,1% (hors GVT...) pour la seule année 2018 pour rattraper le niveau d'inflation perdu depuis le gel des grilles des salaires en 2011 (mais pas des rémunérations qui ont continué de progresser en raison du GVT pour 90% des salariés selon la direction).
Pour Jean-Marc Janaillac, la direction est allée au bout de ce qu'elle pouvait faire. Aller plus loin s'est mettre l'entreprise en danger, dit-il.
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Il n'empêche, cette façon de procéder ne va pas assainir les relations entre la direction et les syndicats. "Dix syndicats désavoués, cela est compliqué à gérer", explique un cadre influent d'un syndicat membre de l'intersyndicale. Pas sûr néanmoins que le SNPL se considère comme désavoué. Sur le papier, l'exécutif du syndicat des pilotes avait en effet reçu un mandat à aller chercher 10,7% de hausse salariale par une consultation organisée auprès de ses membres, laquelle s'était soldée par un vote favorable à hauteur de 70%. Aujourd'hui ce chiffre est néanmoins en décalage avec les 30% de pilotes en grève. La participation pour les prochaines journées de grève sera intéressante à décoder.
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