Alexandre de Juniac quitte Air France-KLM

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(Crédits : Reuters)
Le Pdg d'Air France-KLM va prendre la direction de l'Association internationale du transport aérien (Iata).

Coup de tonnerre à Air France-KLM. Le Pdg du groupe, Alexandre de Juniac, va quitter ses fonctions pour occuper celles de directeur général de la prestigieuse association internationale du transport aérien (Iata) à la place de Tony Tyler, lequel avait annoncé son départ l'an dernier. Le conseil d'administration lui a demandé de rester à la tête d'Air France-KLM jusqu'à la publication des résultats semestriels fin juillet et de piloter la succession.

Une annonce surprise qui prend le groupe de court pour lui trouver un successeur.

Décision surprenante

Elle intervient un an à peine après sa reconduction comme Pdg d'Air France-KLM, un renouvellement pour lequel Alexandre de Juniac s'était battu face à l'Etat français qui réfléchissait à d'autres solutions. Certes, le poste de directeur général de l'Iata est très prestigieux, puisqu'il s'agit de donner le "la" à l'ensemble d'un secteur qui contribue à près de 8% du PIB mondial, mais il ne semble pourtant pas à la hauteur de ses ambitions. Ni de son profil ou même de son jeune âge (54 ans en novembre). Les directeurs de l'Iata sont en effet souvent nommés en fin de carrière.

Néanmoins, vu l'impasse sociale dans laquelle se trouvait Air France, "Alexandre de Juniac fait ainsi une sortie par le haut", estime un très bon connaisseur de l'entreprise, pourtant loin d'être un partisan d'Alexandre de Juniac.

En effet, selon un proche, le futur ex Pdg d'Air France-KLM a le sentiment, en raison du blocage des négociations sociales à Air France notamment, d'être allé jusqu'au bout de ce qu'il pouvait faire pour faire avancer l'entreprise. Qu'il y avait trop d'obstacles pour réformer le groupe.

Successeur

Qui pour le remplacer ?  Depuis la création d'Air France-KLM en 2004, le poste de Pdg d'Air France-KLM a toujours été confié au Pdg d'Air France. Le nom de Frédéric Gagey, le Pdg de la compagnie française, sera forcément cité. Pas sûr néanmoins qu'Alexandre de Juniac lui fasse la courte échelle. Même chose pour le Pdg de KLM, Pieter Elbers, avec qui  les relations s'étaient tendues ces derniers temps, selon plusieurs sources. Par ailleurs, ce serait très compliqué de faire avaler ce choix au camp français. Quant à Lionel Guérin, le président de HOP, ses partisans le voient plus prendre un jour les rênes d'Air France que celles d'Air France-KLM.

Reste la possibilité d'un choix externe. Selon nos informations, dans une short-list qui n'est pas arrêtée, le comité de nomination d'Air France-KLM, présidé par Jean-François Dehecq aurait notamment mentionné Fabrice Brégier, le Pdg d'Airbus (candidat en 2011 pour la présidence d'Air France) et Philippe Boisseau, qui vient de quitter la direction marketing-services de Total.

Lire ici : les pistes pour remplacer Alexandre de Juniac à la tête d'Air France

Immobilisme

Le départ d'Alexandre de Juniac risque de retarder les négociations à Air France avec les navigants. Déjà mal engagées avec les pilotes, on voit mal ces derniers s'engager sur des nouvelles mesures de productivité sans savoir qui sera le nouveau Pdg du groupe.

«Il faut s'attendre à quelques mois de statu quo sur le plan social», estime une source interne.

Alexandre de Juniac a pris les rênes d'Air France-KLM en juillet 2013. Jusque-là, il était Pdg d'Air France depuis novembre 2011, à la suite d'une rocambolesque crise de gouvernance qui avait vu s'opposer Jean-Cyril Spinetta et Pierre-Henri Gourgeon. Avant Air France, Alexandre de Juniac était directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, fonction qu'il avait occupé après son départ de chez Thales.

A son arrivée à la tête d'Air France, Alexandre de Juniac a mis à exécution le plan de restructuration Transform, qui vise à baisser les coûts pilotables de 20% d'ici à fin 2014. A ce moment-là, la compagnie est à genoux. Air France avait perdu 567 millions d'euros en 2011, portant ainsi ses pertes cumulées à 1,7 milliard depuis 2007. Fin 2014, Air France serait revenue dans le vert sans l'impact de la grève des pilotes pendant 14 jours. Après avoir un accord sur des mesures de productivité signé entre la direction et le SNPL à l'été 2012, les relations se sont tendues avec les pilotes sur la problématique du développement de la low-cost Transavia.

Un goût d'inachevé

Les pilotes sont sortis de la grève la queue entre les jambes. L'après-grève s'est transformée en guerre larvée entre les pilotes et la direction. Depuis, un grand nombre de pilotes souhaitait le départ d'Alexandre de Juniac.

Après le plan Transform, Air France-KLM a voulu continuer ses efforts en lançant le plan Perform pour ne pas se laisser distancer par ses concurrents. Aucun accord n'a pu être trouvé avec les pilotes.

Alexandre de Juniac restera celui qui a remis le client au centre des priorités du groupe. Son obsession de la qualité a permis à Air France de revenir dans le peloton de tête des grandes compagnies. Il est celui qui a remis Air France sur les rails mais sa restructuration a un goût d'inachevé avec l'absence d'accord structurel avec les navigants pour remettre Air France au niveau de compétitivité de Lufthansa et de IAG.

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Commentaires
a écrit le 07/04/2016 à 20:10 :
Les syndicats ont gagné. Ils ont eu la peau du patron.
Allez, tous ensemble: "C'est la lu-tte fina-le,..."
a écrit le 05/04/2016 à 23:56 :
Ce n'est pas une bonne nouvelle pour AF qui va se traîner quelques mois encore avant l'arrivée d'un nouveau PDG du groupe et la mise en place de sa stratégie .
a écrit le 05/04/2016 à 20:32 :
Comme tous ceux qui arrivent à redresser une entreprise en pressurant les salaires des sans voix et en licenciant, Monsieur prend du galon !
Peut-être va-t-il pouvoir faire travailler les enfants ? Il ne doit pas savoir ce qu'est un enfant. Sans doute, trop soucieux de sa petite (très petite) personne, il n'a même pas d'enfant.....

Les français ne vous regretterons pas Monsieur de......
Que le vent vous emporte, loin, très loin, aussi loin qu'il soit possible. Méfiez-vous du vent mauvais, celui qui poursuit, qui n'oublie point et qui se fracasse sur le flanc des montagnes.
Réponse de le 05/04/2016 à 21:56 :
Vous êtes aigrie comme une syndicaliste et je comprend que votre patron démissionne.
Réponse de le 05/04/2016 à 22:57 :
Ce commentaire est particulièrement abjecte !!!!
Réponse de le 05/04/2016 à 23:10 :
Le commentaire de Chantal est particulièrement abjecte !
Réponse de le 05/04/2016 à 23:45 :
à "- 1" A votre orthographe je comprends ( avec un "s" svp ) que le sauvetage d'une entreprise française soit le cadet de vos soucis comme celui de l' orthographe d'ailleurs ! la valeur négative de votre pseudo est-il un signe ? ( si j'ose dire ).
PS je ne suis pas un syndicaliste aigri mais un simple français; mais fier de l'être .
Réponse de le 05/04/2016 à 23:52 :
Chantal puisque vous êtes si intelligente comment fait-on pour redresser une société qui perd près de 2 millards d'euros en seulement quelques années ??
On attend que celle-ci s'effondre les bras croisés ??
J'ai du mal à comprendre ce mal bien français qui accepte tout même la défaite et l'effondrement mais pourvu que rien ne change !!!
Pauvre France...
a écrit le 05/04/2016 à 20:29 :
Il faudrait nommé M.O.L (Président de Ryanair) pour remettre la compagnie sur les rails...Sinon IATA n'est qu'une instance internationale aux pouvoirs réduits, dont toutes les compagnies aériennes ne sont même pas membres; une belle voie de garage pour une retraite dorée... Macron, a encore réussi son coup !
Réponse de le 05/04/2016 à 20:40 :
Mol ne t embaucherai peut être pas....
Ou peut être que tu n aurai plus les moyens de te payer le figaro....
a écrit le 05/04/2016 à 20:24 :
Et alors ?
Cordialement
ps : toutes les contributions sont censurées...
a écrit le 05/04/2016 à 17:53 :
Comme quoi , le snpl est vraiment le plus fort !
a écrit le 05/04/2016 à 17:52 :
Gérer les syndicats et le gouvernement sous la concurrence mondiale c'est un defi qu'on ne souhaite à personne lol


Réponse de le 06/04/2016 à 17:40 :
Quel corporatisme! On n'est décidemment pas prêts de s'en sortir. Quand je lis certains commentaires, je me dis que ça semble maintenant impossible de redresser durablement la situation en France. Nos enfants vont finir par vraiment nous en vouloir et ils n'auront pas tort. Ne pas admettre qu'il faut avant tout créer la richesse pour assurer l'avenir est une bêtise plus que regrettable. Même les socialistes (certains d'entre eux) le reconnaissent, comme d'habitude avec 20 ans de retard après avoir causé des dégâts souvent irréparables.

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