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Alstom : pour sauver Belfort, des TGV pour des lignes Intercités et des autobus électriques ?

Photo de Fabrice Gliszczynski

latribune.fr

Publié le 03 octobre 2016 à 19:44 - Mis à jour le 03 octobre 2016 à 19:55

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Le plan de sauvetage du site Alstom de Belfort, qui sera présenté mardi par le secrétaire d'Etat à l'Industrie, comprend une commande publique de 16 rames TGV et de leurs 32 motrices.

Le plan de sauvetage du site Alstom de Belfort, qui sera présenté mardi par le secrétaire d'Etat à l'Industrie, comprend une commande publique de 16 rames TGV et de leurs 32 motrices, a indiqué à l'agence Reuters un proche du dossier, confirmant des informations du Monde. Ce qui, à 30 millions d'euros la rame et ses deux motrices, constitue un contrat de près de 500 millions d'euros, sans que l'on sache à ce stade comment il sera financé ou qui exploitera ces nouveaux TGV (la SNCF ou un autre opérateur après l'ouverture à la concurrence du transport de passagers). Ces TGV ne seraient pas exploités sur des lignes à grande vitesse (LGV) mais Interciités.

"Ces rames de TGV seront mises sur des lignes Intercités, pas sur des lignes à grande vitesse", a précisé le même proche du dossier à Reuters.

Cette commande permettra d'assurer deux ans de travail au site de Belfort, de quoi combler partiellement un "trou" de trois ans dans les carnets de commande du groupe, en 2019-2020-2021, avant de retrouver de la visibilité en 2022 grâce au "TGV du futur".

Diversification du site

Ce site sera par ailleurs transformé par Alstom en centre européen de la maintenance ferroviaire, soit un investissement de 70 millions d'euros. Le groupe y produira aussi à l'avenir des autobus électriques, ajoute-t-on de mêmes sources.

Ces deux mesures doivent assurer à plus long terme la pérennité du site en constituant un début de diversification.

Des appels d'offres et des commandes étaient déjà dans les tuyaux mais ne suffisaient pas à garantir la pérennité de l'usine de Belfort sans affecter d'autres sites d'Alstom.C'est le cas de la fourniture à la SNCF de six rames de TGV pour la liaison Paris-Turin-Milan Paris ou de locomotives de secours pour les lignes à grande vitesse, deux dossiers sur lesquels les discussions se sont accélérées ces dernières semaines.

Eviter un nouveau Florange

Il y a également des appels d'offres en cours ou à venir pour la fourniture de nouvelles rames pour le RER francilien ou de trains dit "d'équilibre du territoire".

Le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, présentera mardi à Belfort les propositions du gouvernement aux représentants syndicaux d'Alstom et aux élus locaux en présence du président du groupe, Henri Poupart-Lafarge. -

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Le gouvernement tentera ainsi d'éviter que le dossier Alstom ne se transforme en piège politique à sept mois de l'élection présidentielle.

L'enjeu immédiat est la survie du site historique du groupe, spécialisé dans la production de motrices, où 400 emplois sont en jeu, à quoi s'ajoutent quelque 800 emplois indirects, selon les estimations d'élus locaux.

La direction d'Alstom a annoncé le 7 septembre son transfert en Alsace pour cause de commandes publiques atones, réveillant immédiatement le spectre des hauts-fourneaux de Florange, en Moselle, dont le chef de l'Etat, François Hollande, n'a pas réussi à empêcher la fermeture définitive, malgré ses promesses.

"Mardi, nous sauverons le site d'Alstom à Belfort", a promis dimanche Manuel Valls.

Prudence

Les parlementaires du Territoire de Belfort, pourtant membres de l'opposition, se montrent plutôt satisfaits de la façon dont ils ont été associés à la recherche d'une solution, à laquelle les collectivités territoriales participeront aussi par le biais d'investissements.

"Je pense que le gouvernement a travaillé avec sérieux et demain on devrait avoir un certain nombre d'annonces qui vont dans le bon sens", a ainsi déclaré à Reuters le député-maire Les Républicains de Belfort, Damien Meslot.

Les élus locaux interrogés se montrent cependant prudents et souhaitent la mise en place d'un comité de suivi pour garantir que les engagements du gouvernement et d'Alstom seront bien mis en oeuvre au-delà de la présidentielle.

La même prudence est observée du côté des syndicats.

"Il faut que ce soit d'un autre niveau que quelques commandes", a ainsi dit à Reuters Claude Mandart, coordinateur CFE-CGC. "La diversification est incontournable et il faut vraiment une relance de la politique ferroviaire en France."

Les discussions engagées depuis début septembre par le gouvernement avec la direction d'Alstom et les autres acteurs de la filière ferroviaire dépassent le sort de Belfort.

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Si le groupe, recentré sur ses activités ferroviaires depuis la cession de sa branche énergie à General Electric, a un carnet de commandes de plus de 30 milliards d'euros, il le doit à ses commandes internationales et ses activités à l'étranger. En France, où Alstom a environ 9.000 salariés sur quelque 31.000 personnes employées dans une soixantaine de pays, plusieurs sites souffrent de la faiblesse des commandes nationales ou de la concurrence d'autres constructeurs.

latribune.fr

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