Alstom sera-t-il privilégié dans les appels d'offres en cours ? Un concurrent le craint

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(Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
En lice dans deux appels d'offres en France face à Alstom, le constructeur espagnol CAF, redoute que la polémique créée par le projet du groupe français de fermer partiellement son site de Belfort ne vienne "parasiter" ces appels d'offres passées par le STIF et la RATP.

Après l'emballement médiatique autour de la fermeture du site de Belfort, les déclarations du chef de l'Etat indiquant lundi qu'il fallait "apporter des commandes à Alstom", l'énumération le lendemain des cinq dossiers en cours pouvant sauver le site de Belfort par secrétaire d'Etat aux Transports, le constructeur espagnol CAF,craint un parasitage des les appels d'offres en cours.

"Nous sommes vigilants et attentifs à ce que le climat actuel ne vienne pas perturber la concurrence entre entreprises", a déclaré dans les Echos, Francis Nakache, directeur général de CAF France.

En lice dans deux appels d'offres

Le groupe espagnol est en lice pour deux appels d'offres : le premier portant sur 12 locomotives pour la RATP et le second pour 274 RER NG (nouvelle génération) en Île-de-France, un contrat d'une valeur de 3,5 milliards d'euros. Deux contrats évoqués par Alain Vidalies. La construction des 12 locomotives assurerait, selon lui, « 3 ou 4 mois d'activité à Belfort ». Le contrat géant du STIF (syndicat des transports d'Île-de-France) ne concerne pas à proprement parler Belfort.

«Certes, ce n'est pas directement de la production à Belfort. Mais si Alstom remporte ce marché, qu'il y ait potentiellement de l'ingénierie qui soit rapatriée sur Belfort pour nourrir l'activité du site pendant la période qui nous préoccupe ne me paraît pas impossible à envisager», a fait valoir Alain Vidalies.

La pression est forte sur les épaules de ces décideurs du STIF et de la RATP. Si CAF était choisi au détriment de l'industriel français, le retentissement serait énorme.

 Lever l'ambiguïté

 "Nous avons respecté tous les critères et nous ne pouvons pas concevoir qu'une procédure aussi normée puisse être parasitée par des considérations extérieures. Nous souhaitons que toute ambiguïté soit levée au plus vite", ajoute le dirigeant au sujet du marché des RER de nouvelle génération,

Déjà, sur la préparation du cahier des charges de l'appel d'offres que va lancer l'Etat d'ici à la fin de l'année pour une vingtaine de trains d"équilibre du territoire, Alain Vidalies a déjà fait le choix de la vitesse : 200 km/h qui, comme il le reconnaît "n'est pas le mauvais choix pour Alstom".

"Alstom paye son addiction à la commande publique"

Dans une tribune publiée dans les Echos, le député PS de Gironde Gilles Savary estime pour sa part qu'Alstom paye son "addiction" aux commandes publiques en France.

"Sur le marché français, Alstom Transport est accoutumé au quasi-monopole d'une commande publique qui n'est pas si naïve que ce qu'en pensent les naïfs. Elle y dispose d'un droit de tirage quasi discrétionnaire sur la SNCF et sur nos autorités organisatrices de transports, auxquels elle impose ses prix et sa gamme, sans concurrence effective", estime le député.

Gilles Savary plaide pour que les sites français du groupe, jusqu'à présent essentiellement dédiés selon lui à la commande publique française, puissent bénéficier du dynamisme du groupe à l'international où Alstom a notamment décroché une mégacommande aux Etats-Unis.

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Commentaires
a écrit le 17/09/2016 à 18:31 :
D'accord Sherpa, mais mon propos n'était pas de récuser la libre concurrence, loin de la, sinon d'ici quelque temps on roulera tous en Trabants !!! Mais simplement de dire que dans la libre concurrence, tous les pays se défendent pour mieux placer leurs produits et préserver leurs emplois...
a écrit le 16/09/2016 à 15:21 :
Comment faire autrement pour sauver le site industriel de Belfort quand on veut sauver le site de la fermeture totale s'il n'y a plus de commandes fermes pour Alstom. Les politiques font-ils des promesses iréalistes et ont des solutions à court terme. Mr Hollande a beau faire des déclarations que "le problème peut être réglé en 10 jours" : il faut des commandes fermes pour Alstom ce que soit des RER, des trains de fret ou autres. Alstom peut-il être favoriser dans les campagnes possible ! Mais le problème reste le même : en France on sait faire de la haute technologie comme à Airbus ou à STX mais quand il est question de gérer quotidiennement les carnets de commande , il n'y a plus grand monde et on laisse faire la concurrence européenne . Alors Mr Hollande fait-il la même politique que pour Florange en 2009, que pour Aulnay sous Bois pour PSA ? Peuvent-ils vraiment sauver Alstom ? A voir même dans une mondialisation debridée !!!
a écrit le 16/09/2016 à 15:01 :
L'état va s'embarquer dans une affaire compliquée. Il doit y avoir un appel d'offres, si Alstom gagne , la ficelle sera un peu grosse. Hollande ferait mieux de trouver une autre solution et laisser les industriels décider ce qui est bon ou mauvais pour l'entreprise.
Réponse de le 16/09/2016 à 17:13 :
La libre concurrence est une bonne chose... à consommer quand même avec modération... La RATP a déjà commandé des bus MAN, alors pour la suite... Quand des bus Renault rouleront à Francfort, et des Trains Alstom à Madrid, on pourra comprendre de leur faire un peu de place chez nous...
Réponse de le 16/09/2016 à 18:02 :
@ maduf
il y avait une usine Alstom à Barcelone. La part de marché d’Alstom pour les tram , en Espagne, est de 50%. Des trains Alstom vont rouler aux pays bas, roulent en italie (en Espagne aussi, je croix : des pendulaires ) mais pas produits en France.
Le principal concurrent d’Alstom en France est Bombardier, qui produit dans le Nord, dans la plus grosse usine ferroviaire de France (!). CAF dont il est question fabrique des trams à bagnieres de Bigorre.
Et ce sont eux qui battent Alstom sur les appels d'offres nationaux. Le cas Vossloh est anecdotique : ils sont leader sur un produit de niche, Alstom a proposé un projet sur plan, les allemands un produit éprouvé ET 15% moins cher..
La libre concurrence permets à Alstom de remporter des appels d'offre à l’étranger Pourquoi ne gagnent ils pas en France face à des concurrents produisant également ici, c'est peut être ça la question.
a écrit le 16/09/2016 à 14:17 :
ça c'est de la stratégie industrielle à l'Allemande et on ne peut que s'en féliciter. Il est vrai que nos dirigeants ont toujours eu un penchant pour la "gloriole". Souvenons-nous de Messieurs les Anglais tirer les premiers du comte d'Auteroche au XVème". Nous au XXème on a un Président d'Autruche.
Réponse de le 16/09/2016 à 19:11 :
Aussi stupide que cela ait pu paraitre cela faisait à l'époque sens du point de vue militaire. Une fois que l'adversaire avait tiré l'assaillant pouvait se rapprocher et infliger sa volée de plus pret avant de charger.
A fontenoy, les francais ont gagnés.
Réponse de le 16/09/2016 à 23:56 :
Messieurs les anglais tirer les premiers peut être interpréter de 2 manières...

Messieurs ... Les anglais ... Tirez les premiers .
Ou
Messieurs les anglais ... Tirez les premiers .

C'est la même phrase et ce n'est absolument pas le même sens!!!
a écrit le 16/09/2016 à 13:35 :
Pour sauver le site de Belfort, et surtout Alstom, il faut réduire les charges sociales financées par l'entreprise et les reporter sur la consommation (TVA sociale) ou plutôt sur la consommation d'énergie (une taxe sur l'énergie pour financer les charges sociales). Qui le comprendra avant la disparition de notre industrie? C'est ce qui se passe ailleurs.
a écrit le 16/09/2016 à 13:08 :
Alstom est contraint d'avoir la meilleur offre, il faut appliqier la loi travail et compétitivité !

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