Axe Seine : vers un nouvel âge d’or du transport fluvial ?
Nathalie Jourdan
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Soixante millions de tonnes dans les années 60, un peu plus vingt millions de tonnes aujourd'hui. Depuis que le pétrole, charrié dans des pipelines, ne voyage plus par la Seine, le fleuve qui relie la mer la plus fréquentée du globe à l'énorme bassin de consommation francilien n'a jamais retrouvé son niveau de trafic de l'après-guerre. Une fatalité ? Pas si sûr. Avec les changements que commande la crise climatique, l'heure du grand retour de la barge pourrait bien avoir sonné. Aujourd'hui essentiellement circonscrite au transport de céréales et de matériaux du BTP, elle a rarement bénéficié de vents aussi favorables.
Chiffons rouges pour le transport routier, la mise en place des Zones à Faibles Emissions (ZFE), la limitation de la vitesse à 30 km/h dans la capitale et les multiples restrictions de circulation -mais aussi dans une moindre mesure la pénurie inédite de chauffeurs- sont du pain béni pour la voie d'eau. Chassés du bitume, les grands commerçants commencent à regarder de près les opportunités qu'offre le fleuve pour livrer l'Ile-de-France. Stéphane Raison, directeur d'Haropa, l'établissement qui coiffe les ports de Paris, de Rouen et du Havre, le confirme. « Le fluvial c'est 7 jours sur 7, 365 jours par an et zéro congestion. D'où la multiplication des manifestations d'intérêt de la part des chargeurs ».
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Certains sont passés à l'acte, il y a peu, à l'instar du géant suédois du meuble en kit. Installé depuis 2020 dans un entrepôt sur le port fluvial de Gennevilliers, Ikea construit un second centre de distribution de plus de 70.000 m2, un peu plus en aval, dans le port de Limay d'où il approvisionnera ses clients particuliers et ses magasins parisiens à horizon 2026. L'été dernier, c'est aussi le roi de la pâte à tartiner qui a franchi le Rubicon. Bien que ses dirigeants reconnaissent que l'opération n'est pas rentable faute de chargement en retour, Ferrero expédie chaque semaine, depuis Rouen, une barge chargée de 22 palettes. Direction : les entrepôts de Monoprix dans la capitale. Un pari sur l'avenir.
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