Axe Seine : les maires de Paris, Rouen et du Havre accélèrent sur les énergies renouvelables

Après deux premiers rendez-vous à Rouen et au Havre, Anne Hidalgo, Nicolas Mayer-Rossignol, Edouard Philippe et Patrick Ollier se sont retrouvés à Paris pour lancer une société d'économie mixte dédiée aux énergies renouvelables. D'ici à avril 2022, des millions voire des dizaines de millions d'euros devraient être sur la table pour décarboner l'axe Seine. Un label va même voir le jour, d'autant que de nombreux appels à manifestation d'intérêt se trouvent déjà dans les tuyaux. La prochaine réunion aura lieu en février 2022 à Rouen.
César Armand

6 mn

De gauche à droite: Edouard Philippe, Anne Hidalgo, Nicolas Mayer-Rpssiggnol et Patrick Ollier.
De gauche à droite: Edouard Philippe, Anne Hidalgo, Nicolas Mayer-Rpssiggnol et Patrick Ollier. (Crédits : Compte Twitter d'Anne Hidalgo)

Et de trois ! Après un premier rendez-vous en février dernier à Rouen sur le cadre de travail, un deuxième sur le transport fluvial au Havre fin mai, Anne Hidalgo, Nicolas Mayer-Rossignol et Edouard Philippe viennent de se retrouver sous les dorures de l'hôtel de ville de Paris avec Patrick Ollier.

Une société d'économie mixte dédiée aux énergies renouvelables

Au menu des maires de Paris, Rouen et du Havre, et du président de la métropole du Grand Paris, ce 26 octobre 2021, la mise sur orbite, « au premier trimestre 2022 », d'une société d'économie mixte pouvant porter l'ensemble des projets liés aux énergies renouvelables sur l'axe Seine.

« Le secteur privé est totalement engagé », a martelé Anne Hidalgo en conférence de presse. « Chez les acteurs économiques de l'énergie, qui portent les énergies renouvelables, personne ne nous a dit « On veut encore des énergies fossiles » mais tout le monde a compris les changements qui sont à l'œuvre. Il vaut mieux être leader que suiveur », a poursuivi l'édile de la capitale et candidate à l'élection présidentielle.

Des millions voire des dizaines de millions d'euros sur la table

Après avoir débattu pendant deux heures avec des acteurs privés, politiques et publics - hors média -, les élus locaux ont convenu de baptiser ce nouvel opérateur « Axe Seine Energie ». « Notre pays d'ingénieurs et de techniciens aura cette capacité d'être au rendez-vous tout comme les ONG et les citoyens qui veulent être parties prenantes et mettre la main à la pâte pour accompagner toutes ces structures pour une meilleure maîtrise de l'énergie et une accélération des énergies renouvelables », a insisté Anne Hidalgo.

Interrogé par La Tribune sur le capital qui pourra être mis à disposition par les investisseurs publics et privés, c'est le maire (PS) de Rouen et président de Rouen Métropole qui a répondu : « L'ordre de grandeur est de plusieurs millions d'euros voire de plusieurs dizaines de millions d'euros ». « La Banque des territoires (entité de la Caisse des Dépôts, Ndlr) est déjà très impliquée », a poursuivi Nicolas Mayer-Rossignol.

Un label « Axe Seine Energies renouvelables »

Relancé sur le fait de savoir si les énergéticiens pouvaient participer au tour de table, ce dernier a estimé qu'il fallait « faire attention aux conflits d'intérêt ». Dès sa mise en place, la société d'économie mixte aura en effet pour mission de lancer un cycle d'appels à manifestation d'intérêt, dont le premier sur l'énergie solaire, auxquels ces mêmes énergéticiens devraient répondre. « Parc au sol, flottant, en carrière, ombrières, toitures photovoltaïques de grande taille... », énumère le communiqué de presse.

Les lauréats, qui seront connus en septembre 2022, bénéficieront de soutien en ingénierie de développement et de concertation, de mise à disposition de foncier public, de sécurisation des débouchés via des mécanismes d'achat direct d'énergie. En contrepartie d'un label « Axe Seine Energies renouvelables », ils devront prendre des engagements en matière de financement participatif, de concertation territoriale et de retombées positives pour le territoire et ses habitants.

Dans l'intervalle, le maire (LR) de Rueil-Malmaison et président de la métropole de la Grand Paris a plaidé pour que les chambres d'agriculture soient autant associées aux dispositifs que ne le sont déjà les chambres des métiers et de l'artisanat et les chambres de commerce et d'industrie. D'autant que l'élection présidentielle, à laquelle candidate sa première vice-présidente (PS) Anne Hidalgo, risque de retarder la mise en œuvre du chantier. « Après les échéances politiques, nous devrons accélérer le process », a encore affirmé Patrick Ollier.

Des appels à manifestation d'intérêt déjà dans les tuyaux

Et ce, alors que de futurs appels à manifestation d'intérêt pour le développement des autres formes d'énergies renouvelables se trouvent déjà dans les tuyaux. Au programme : de la méthanisation, de la production d'hydrogène vert, des unités de production de biomasse, c'est-à-dire utilisant les matières organiques comme sources d'énergie, de la chaleur fatale (issue d'un site de production) ou encore des combustibles solides de récupération (préparés à partir de déchets combustibles).

« Un appel à manifestation d'intérêt est en train d'être préparé sur la logistique fluviale », conformément à la deuxième réunion de fin mai, a annoncé, pour sa part, l'ancien Premier ministre Edouard Philippe.
« De la même façon que la voie d'eau va être intégrée à la commande publique », a encore assuré le maire du Havre et président du Havre Seine Métropole.

Prochaine réunion en février 2022 à Rouen

Les quatre grands élus viennent en outre de lancer une « Entente de l'Axe Seine », une association qui déterminera la feuille de route de leur société d'économie mixte « Axe Seine Energie » et qui leur permettra de signer des conventions stratégiques de coopération en matière de tourisme, de culture et de sport.

En 2023, Paris accueillera en effet la Coupe du monde de rugby de la même façon que Rouen organisera dans son port « l'Armada de la liberté », un rassemblement des plus grands voiliers du monde. Suivra en 2024 les Jeux olympiques et paralympiques à Paris et dans le reste du pays. Sans oublier l'année 2028, pour laquelle la ville et la métropole de Rouen Normandie candidatent au titre de « capitale européenne de la culture ».

D'ici là, Anne Hidalgo, Nicolas Mayer-Rossignol mais aussi Edouard Philippe et Patrick Ollier, ainsi que l'ensemble des intercommunalités franciliennes et normandes et le préfet Pascal Sanjuan, délégué interministériel au développement de la Vallée de la Seine, ont déjà prévu de se revoir en février 2022 à Rouen, la ville où ils se sont retrouvés pour la première fois en février 2021, d'où s'est déclarée Anne Hidalgo candidate à l'élection présidentielle et la métropole que préside Nicolas Mayer-Rossignol, l'un de ses nombreux porte-paroles.

César Armand

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Commentaires 2
à écrit le 27/10/2021 à 10:10
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C'est le moment de rappeler que plus on installe de "renouvelable", plus on ouvre de centrales au gaz dont nous subissons les effets secondaires sur nos budgets en ce moment et sur le climat plus tard.

à écrit le 27/10/2021 à 9:16
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"Axe Seine : les maires de Paris, Rouen et du Havre accélèrent" ... sur les prises de photos, ben oui on est moins de 6 mois avant les présidentielles.

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