Corsair : le candidat au rachat prévoit un plan de développement ambitieux

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Le repreneur prévoit pour la compagnie un plan de développement ambitieux qui balaie, a priori, tout projet de baisse d'effectifs.
Le repreneur prévoit pour la compagnie un plan de développement ambitieux qui balaie, a priori, tout projet de baisse d'effectifs. (Crédits : DR)
Si les négociations aboutissent avec le groupe TUI pour racheter à ce dernier Corsair, le groupe aérien Intro Aviation et le fond d'investissement américain Crestline prévoient de doubler la flotte de Corsair, composée aujourd'hui de 7 gros-porteurs, en n'utilisant que des Airbus A330neo. Le résultat de la vente devrait être connu à la mi-janvier.

C'est aux alentours de la mi-janvier que les salariés de Corsair sauront s'ils changent ou pas de propriétaire. C'est à ce moment-là en effet que le groupe de tourisme allemand, TUI, leader mondial du secteur, devrait se prononcer sur la vente de Corsair à Intro Aviation, un groupe allemand spécialisé dans différentes activités aériennes, en partenariat avec le fond d'investissement américain Crestline.

Selon nos informations, les deux parties ont en effet signé un « put option », qui autorise TUI à vendre Corsair au couple Intro Aviation-Crestline aux conditions fixées cet automne par les deux parties. Bien qu'il ne soit que consultatif, l'avis du comité d'entreprise (CE), qui sera donné à l'issue du processus d'information-consultation lancé le 9 octobre, s'annonce très décisif. S'il est négatif, il pourrait en effet remettre en question l'opération, selon plusieurs sources. Cette condition fait-elle partie de l'accord à la demande des acheteurs? Ou bien est faut-il y voir l'intention du groupe TUI  de ne pas aller à l'encontre des salariés?

« En cas d'avis négatif, TUI pourrait se décider à conserver la compagnie, comme il l'avait fait en 2015 après l'opposition des syndicats contre le projet de vente à Air Caraïbes », explique un observateur.

Flotte uniquement composée d'A330neo

En attendant, cette fois, le climat semble plus serein. Le projet semble plus acceptable sur le plan social. Selon nos informations, Intro Aviation a donné des garanties sur le maintien des salaires et des accords collectifs. En outre, le repreneur prévoit pour la compagnie un plan de développement ambitieux qui balaie, a priori, tout projet de baisse d'effectifs. Alors que la compagnie exploite aujourd'hui sept gros-porteurs (trois B747-400) et quatre A330 (deux de type de 300 et deux de type 200), Intro Aviation et Crestline ont, selon certaines sources, l'ambition de quasiment doubler le nombre d'appareils en se concentrant sur un seul type, l'A330neo.

Si TUI renonçait à vendre et décidait de conserver la compagnie, ce projet de développement ne verrait probablement pas le jour. Certes, dans cette hypothèse, le groupe allemand s'est déjà engagé à remplacer par des A333-900neo les deux premiers des trois B747 qui doivent sortir de la flotte en 2020. Mais il est peu probable qu'il se lance dans un développement de la flotte.

Corsair traverse des moments difficiles. La compagnie a fini l'exercice fiscal 2017-2018, clos fin septembre, dans le rouge. Elle a notamment été pénalisé par le coût de l'indisponibilité d'un B747 à la suite d'un accrochage sur un aéroport. Selon nos informations, le coût de cet incident s'élève à 6 millions d'euros.

Réouverture de Paris-Miami en juin 2019

Surtout, l'année en cours n'a pas démarré sous les meilleurs auspices. Attaqué sur ses marchés phares (La Réunion et les Antilles) par les low-cost long-courriers, French Bee sur La Réunion, Level sur les Antilles (même si l'impact de cette dernière est insignifiant pour l'heure, selon une autre compagnie), Corsair devra fermer sa ligne Paris-Dakar le 31 janvier, après la décision de l'État sénégalais de lui retirer ses droits de trafic pour les transférer à la nouvelle compagnie sénégalaise Air Sénégal. Une décision qui suit celle du gouvernement malgache l'an dernier qui a retiré ses droits de trafic à Corsair entre Madagascar et La Réunion.

Pour pallier ce coup dur, Corsair a décidé de rouvrir Paris-Miami qu'elle avait fermée en 2012. Une route extrêmement concurrentielle, déjà desservie par Air France, American, et la low-cost long-courrier Norwegian, laquelle se pose à la fois à Fort Lauderdale et à Orlando. Pour tenter de compenser la totalité de la perte d'activité sur Dakar, la compagnie va réduire les affrètements et voler plus longtemps sur certaines destinations, comme Montréal l'été prochain.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2018 à 22:22 :
Bonjour, cet article n'est que propagande pour des flibustiers qui pour 1 euro symbolique veulent s'emparer de la trésorerie de CORSAIR et liquider l'emprise dans le 2 ou 3 ans.

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