Forfait jour : ce que propose la SNCF à ses 30.000 cadres

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(Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
La direction a ouvert jusqu'au 17 mars un accord à signature sur le forfait jours des cadres qui, selon elle, "améliore la situation existante des salariés". S'il n'est pas signé, elle appliquera des mesures unilatérales moins-disantes que celles prévues dans l'accord.

Après 11 table-rondes depuis mai 2016, les négociations entre les syndicats et la direction de la SNCF sur le forfait jours aux 30.000 cadres et agents de maîtrise sont terminées. Ce matin, la direction a ouvert à signature jusqu'au 17 mars son ultime proposition sur ce régime dérogatoire réservé aux salariés "autonomes", dans lequel le temps de travail n'est plus décompté en heures mais en jours, supprimant ainsi le paiement des heures supplémentaires. Pour la SNCF, ce texte permet à l'entreprise de sécuriser juridiquement le cadre de travail de ses cadres, alors qu'un cabinet d'expertise a récemment mis en lumière le travail "excessif" de certains cadres cheminots effectuant jusqu'à 65 heures par semaine.

Si l'accord n'est pas signé, la direction imposera ses mesures de manière unilatérale

Si le texte n'obtient pas de 50% des voix nécessaires à sa validation, la direction imposera de manière unilatérale ses mesures, lesquelles seront moins-disantes par rapport à sa proposition mais sans aller jusqu'à appliquer celles inscrites dans l'accord de branche.

«Notre proposition améliore la situation existante», explique Jean-Marc Ambrosini, directeur des ressources humaines de la SNCF.

Pour les cadres et les agents de haute maîtrise (qualification E) des établissements de production la SNCF propose le maintien du régime des 205 jours de travail auquel ils sont soumis actuellement et l'assortit d'une prime spécifique de 50 euros par mois pour les agents de maîtrise et 100 euros pour les cadres, lesquels peuvent se traduire en 5 jours de repos. Pour les agents des directions centrales et régionales, la SNCF propose 210 jours par an, contre 214 actuellement, sans prime mais avec 4 jours de repos supplémentaires pouvant être monétisés à travers un compte épargne-temps.

S'ajoutent aussi plusieurs dispositions pour prémunir les salariés d'une mauvaise utilisation du forfait jours (régime clair sur les jours de repos, droit à la déconnexion....).

Le sort de l'accord entre les mains de la CFDT et l'Unsa

Le sort du texte repose sur l'Unsa et la CFDT, majoritaires dans l'encadrement. Si ces deux organisations syndicales votent le texte, ce dernier sera validé. Saluant une amélioration substantielle du montant de l'indemnité, l'Unsa s'est néanmoins déclarée "toujours très inquiète sur la mise en application" du dispositif. Son représentant Benoît Vienne souligne notamment que les outils de mesure de la charge de travail "ne sont pas prêts", ce qui fait craindre d'éventuelles "dérives", et que les syndicats n'ont pas connaissance du futur avenant proposé aux salariés éligibles.Il n'est "pas question de donner un blanc-seing" à la direction, prévient-il. Le syndicat va consulter ses adhérents avant d'arrêter sa position le 15 mars. La CGT et SUD, premier et troisième syndicats à la SNCM sont opposés au principe d'un dispositif qui, selon eux, ne règle pas le problème des "dépassements d'horaires endémiques".

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Commentaires
a écrit le 04/03/2017 à 20:23 :
Cadre à la SNCF, je ne vois pas ce qui va améliorer mon travail au quotidien avec cet accord. 205 jours travaillés minimum, c'est déjà la situation actuelle. Pour que les lecteurs comprennent, en Etablissement, nous avons 104 repos annuels, 18 RTT, 28 jours de congés et 10 fériés en fonction des années. Je gagne 3000 euros nets avec 28 ans d'ancienneté. Cela me convient compte tenu de ma fonction, de ma charge de travail, mais aussi de l'avantage d'avoir une certaine sécurité de l'emploi (qui va tendre à disparaître); pour la retraite, pour toucher 75% de mon traitement (attention pas calculée sur 3000, mais sur à peu près 2650), je dois partir à la retraite à 63,5 ans, soit dans mon cas, 43,5 années de cotisations (et oui, le mythe des 55 ou 57 ans s'effondre .....).
Fin 2016, j'ai dû placé 10 RTT sur un compte temps parce que je n'avais pas pu les prendre (sinon c'était perdu) + 2 RTT qui ont été basculé sur 2017.
Je travaille minimum 8 heures par jour sur mon lieu de travail + en moyenne de 01h30 à 02h30 sur réseau à distance chez moi. Cela ne me dérange pas, j'y trouve plus de confort et moins de stress, aussi parce que j'ai une Direction avec laquelle je ne me sens pas lésé ni exploité, et mon travail me passionne.
Et puis, dirigeant une équipe, je ne me déconnecte pas, hormis 3 semaines en été. C'est une question de confiance et de proximité, tant envers mon équipe que mes dirigeants.
Restent les 50 ou 60 euros (ou des jours de repos en plus, mais comme je n'arrive déjà pas à tout poser ....): pas de quoi m'inciter à changer mon contrat de travail.
a écrit le 03/03/2017 à 23:12 :
Il était temps que les cadres y passent, en 5 ans les ouvriers ont presque perdue tous leurs avantages un a un et c est pas fini. Je suis retourné dans le privé et j ai un meilleur salaire et de meilleur horaires, il y a plus d avantages dans le privé c est pour ça qu il ne trouve plus personne, les horaires décalé en 3/8 week-end et jours fériés avec un salaire d embauche de 1460 brut et au bout de 16 ans 1660 bruts, ça fait rêver!
Un jour la sncf va peut-être ce réveiller.
a écrit le 03/03/2017 à 23:11 :
Il était temps que les cadres y passent, en 5 ans les ouvriers ont presque perdue tous leurs avantages un a un et c est pas fini. Je suis retourné dans le privé et j ai un meilleur salaire et de meilleur horaires, il y a plus d avantages dans le privé c est pour ça qu il ne trouve plus personne, les horaires décalé en 3/8 week-end et jours fériés avec un salaire d embauche de 1460 brut et au bout de 16 ans 1660 bruts, ça fait rêver!
Un jour la sncf va peut-être ce réveiller.
a écrit le 03/03/2017 à 3:33 :
30000 cadres, vous avez bien lu.
Réponse de le 03/03/2017 à 16:35 :
Vous par contre vous avez mal lu : "30000 cadres et agents de maîtrise". Un agent de maîtrise c'est globalement un opérateur qualifié, donc pas de quoi fantasmer.
a écrit le 02/03/2017 à 17:41 :
"Si le texte n'obtient pas de 50% des voix nécessaires à sa validation, la direction imposera de manière unilatérale ses mesures"

Donc, si c'est oui ça passe .Si c'est non ...et ben ça passe quand même.

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