Il a bu du petit-lait lorsque Edouard Louis-Dreyfus a confié à La Tribune que les grands armateurs étaient « démunis face à l'objectif 2050 » du net zéro des transports. Prompt à dézinguer « les messianiques espérances des carburants décarbonés et les rideaux de fumée verte », Guillaume Le Grand a adoré que le PDG du groupe Louis-Dreyfus ajoute involontairement de l'eau (ou plutôt du vent) à son moulin. Y aurait-il vu une forme de revanche ?
Appliqué à exhumer la marine à voile des livres d'histoire depuis plus d'une décennie, le fondateur de Towt (Transoceanic Ocean Wind Transport) a longtemps été regardé comme un hurluberlu par le monde maritime, biberonné au moteur thermique. Mais qu'allait-il faire dans cette galère, se demandait-on dans le milieu ? Frédéric Moncany de Saint-Aignan, l'ancien patron du Cluster Maritime Français, se souvient encore de l'accueil frais qu'il lui avait réservé à ses débuts.
Dix ans plus tard, le « fou » peut se vanter d'avoir vaincu les bourrasques. Après avoir armé pendant plusieurs années une petite vingtaine de vieux gréements pour une activité d'import-export, il a franchi un nouveau cap. Lundi au Havre, il a baptisé l'Anemos : le premier-né d'une flotte de voiliers cargos modernes dont il rêvait.