Douze ans après les premières esquisses du bateau neoliner à voiles Neoline qui devrait être mis à l'eau en 2025, trente-cinq acteurs de la décarbonation maritime se sont mis autour de la table pour structurer une filière industrielle complète dédiée à la propulsion vélique. « Il y a douze ans, malgré un retour d'expérience de 5000 ans, on devait expliquer les vertus de la propulsion par le vent. Aujourd'hui, ce n'est plus à faire. Mais vu les enjeux climatiques et énergétiques, il faut aller beaucoup plus vite. Or, aucun armateur n'est capable de dire avec quelle propulsion son navire naviguera dans dix ans. Les outils dont disposent les institutions ne sont pas dimensionnés face aux défis du transport maritime », témoigne l'armateur Jean Zanuttini, président de Neoline, dont le projet a bénéficié de 50% de fonds propres apportés par des partenaires publics et d'une dette garantie par l'Etat. « Un aspect essentiel, sans quoi nous n'y serions pas arrivés », dit-il.
Les financements seront un des nombreux enjeux de l'étude de faisabilité engagée à Nantes par l'Institut de Recherche Technologique (IRT) Jules Verne et l'association Wind Ship, actrice de la promotion de la propulsion par le vent. L'étude doit durer six mois et permettre de bâtir l'ossature et les contours d'une filière nationale. Avant tout, il s'agira de déterminer les modalités d'accompagnement de l'Etat. A travers le plan France 2030 ? Un guichet unique interministériel ? « L'ingénierie financière est compliquée, mais nous sommes pris par le temps », raisonne le directeur général de l'IRT Stéphane Cassereau qui, face à une concurrence grandissante en Europe du Nord et en Asie, cherche à trouver un deal avec l'Etat en rappelant que le « maritime est un secteur oublié du plan France 2030. » « Le vélique s'inscrit déjà dans le plan France 2030 dont l'un des objectifs est de décarboner les transports. C'est donc une brique prometteuse à approfondir qui correspond aussi à l'ambition du gouvernement de faire émerger des champions de demain », observe, confiant, Jean Rerolle, chef du service Economique à la Préfecture des Pays de la Loire. Selon le directeur général de l'IRT Jules Verne, ce programme nécessiterait un budget de 200 à 250 millions d'euros sur cinq ans, à partager entre ressources publiques et privées.