LA TRIBUNE - Avec la dégradation de l'économie, comment se porte le fret maritime ?
STÉPHANE DEFIVES - Après deux ans de hausse régulière des taux de fret, nous entrons aujourd'hui dans une période de normalisation avec une chute assez drastique des prix de transport en raison de la baisse de la consommation elle-même liée à l'inflation. Les ménages sont en effet préoccupés par leurs factures d'énergie et se concentrent sur les achats de première nécessité. En raison de la dégradation de l'économie mondiale, il ne devrait pas y avoir de grands changements sur le front des volumes d'ici à la fin du deuxième trimestre 2023. Notamment pour les acteurs du marché de la grande distribution, qui disposent aujourd'hui de stocks très élevés puisqu'ils avaient pris le pari d'importer en 2021 pour faire face aux fortes perturbations des chaînes d'approvisionnement. Il va probablement falloir attendre février avant qu'ils ne reprennent les commandes et les expéditions. Cela provoque la baisse des exportations chinoises et la baisse des taux de fret devient presque immédiate. Cette tendance à la normalisation concerne également les ports mondiaux. Après les impressionnantes congestions observées en début d'année dans les ports, la situation revient à la « normale », même si certains rencontrent encore des problèmes comme Hambourg et Rotterdam.