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Germanwings, les premiers secrets du vol 4U9525 connus rapidement?

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 25 mars 2015 à 04:02 - Mis à jour le 26 mars 2015 à 09:02

Le Quotidien Numérique

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Photo d'illustration de l'article
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L'une des deux boîtes noires de l'A320 de la compagnie allemande a été récupérée mardi et va être examinée par le Bureau Enquêtes Analyse (BEA). Il s'agit de celle qui enregistre tous les sons dans le cockpit. Une communication est prévue à 16 heures.

Si la boîte noire de l'A320 de Germanwings retrouvée après l'accident de l'appareil mardi matin entre Digne et Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence) est exploitable par le Bureau Enquêtes Analyse (BEA), on pourra rapidement avoir une idée plus précise ce qu'il s'est passé sur le vol 4U9525 qui s'est écrasé à 1.500 mètres d'altitude après une chute de huit minutes, sans contact avec le contrôle aérien. "On saura avant la fin de la semaine", assure un expert. Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a indiqué qu'il y aurait une "communication" ce mercredi à 16H00 (15H00 GMT) sur l'analyse de la boîte noire. Visiblement, il y a du retard.

"La boîte noire est partie, c'est le scellé n°1 de cette procédure, et elle est partie en avion ce soir pour aller au bureau enquête accident, afin de pouvoir être exploitée dans les heures de la matinée de demain", avait déclaré hier sur BFM TV Brice Robin, le procureur de Marseille.

Le Cockpit voice recorder analysé

La boîte noire retrouvée (elle a été repérée en vol parce qu'elle "bipait") est celle qui enregistre tous les sons dans le cockpit (cockpit voice recorder). La seconde, qui enregistre tous les paramètres du vol (vitesse, altitude, trajectoire, etc.), n'a pas été retrouvée. Soin enveloppe oui mais "pas la boîte noire elle-même", a déclaré ce mercredi après-midi François Hollande.

Selon Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat aux transports, l'exploitation sera rapide "s'il y a des voix". "Ensuite, s'il s'agit d'analyser les sons, ça peut demander plusieurs semaines, mais c'est un travail qui va peut-être nous donner l'explication", a-t-il dit.

La durée pour décrypter une boîte noire est très variable selon son état. Dans le cas de l'accident du Rio-Paris, il avait fallu 48 heures aux enquêteurs du BEA. Dans celui du crash de la Yemenia au large des Comores en 2009, deux semaines avaient été nécessaires, les données ayant été endommagées. Elle est endommagée semais exploitable selon le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve.

Pour rappel, l'appareil reliait Barcelone à Düsseldorf avec 144 passagers et six membres d'équipage, tous décédés.

"Au vu de l'état de l'avion et des victimes", il n'y a "pas de survivants", a déclaré le médecin chef des équipes de secours Frédéric Petitjean, qui était dans le premier hélicoptère sur la zone de l'accident mardi.

Des questions sans réponses

Pour autant, l'examen d'une boîte noire permettra déjà d'apporter des éléments de réponse, toujours impossibles à fournir dans les heures qui suivent les accidents d'avion.

Est-ce un incident technique, une erreur de pilotage, un attentat... personne n'en sait rien.

"A ce stade, aucune hypothèse ne peut bien sûr être écartée", a dit Manuel Valls. «Il est prudent de ne faire d'hypothèses farfelues », a déclaré sur i-télé Robert Galland, ancien pilote qui a certifié l'A320.

Néanmoins, certains experts étaient dubitatifs sur une erreur de pilotage en raison de la descente en ligne droite de l'appareil, de jour, avec une bonne météo. En outre, l'hypothèse terroriste "n'est pas privilégiée", ont précisé mercredi matin Bernard Cazeneuve et Ségolène Royal, ministre de l'environnement qui coiffe les transports.

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Bonne réputation

Que peut-on dire en effet?

Concernant la compagnie, il s'agit de la filiale low-cost de Lufthansa, le premier groupe aérien européen, considérée comme l'une des références mondiales en termes de sécurité. Sa maintenance est assurée par Lufthansa Technik, leader mondial dans cette activité. Créée en 2002 comme une filiale d'Eurowings, Germanwings est entrée en 2009 dans le giron de Lufthansa, qui en détient 100%.

L'excellente réputation de Germanwings et de Lufthansa a joué dans la modération des medias et des experts, dont certains sont souvent beaucoup moins prudents en d'autres circonstances, quand la compagnie est méconnue notamment. On ne compte plus les cas, en effet, où des compagnies ont été dézinguées à chaud alors que les raisons de l'accident dont elles étaient victimes étaient inconnues.

Cette bonne réputation de la compagnie allemande a permis d'éviter un débat sur ces compagnies à bas coûts qui rogneraient sur la sécurité. Un débat que bon nombre d'observateurs et d'experts n'auraient probablement pas hésité à lancer si l'accident avait impliqué d'autres compagnies. Là, il y a unanimité pour dire que les low-cost européennes ne lésinent pas sur la sécurité et que leurs performances en la matière se situent parmi les meilleures du secteur.

Transfert d'activité de Lufthansa vers Germanwings

Dans sa stratégie de point-à-point, Lufthansa a décidé en 2013 de transférer à Germanwings la totalité des vols court et moyen-courriers européens à l'exception de ceux alimentant les hubs de Francfort et de Munich. En janvier 2015, Lufthansa indiquait avoir transféré quelque 115 liaisons à Germanwings, dont la plupart (52) au départ ou en provenance de l'aéroport de Düsseldorf.

D'un point de vue financier, Germanwings avait nettement réduit ses pertes en 2014, malgré les coûts de plusieurs mouvements de grève de ses pilotes d'avion, et espère avoir des comptes à l'équilibre en 2015, pour la première fois. Sa maison-mère, Lufthansa, est l'une des plus solides du secteur.

Entre juillet 2013 et juillet 2014, Germanwings, qui compte quelque 2.000 salariés, a transporté environ 16 millions de passagers. Jusqu'à ce jour, Germanwings n'avait connu "aucune perte totale d'avion", a affirmé un porte-parole de la compagnie.

L'avion, le best-seller d'Airbus

Concernant l'avion : Il s'agit d'un Airbus A320, le best-seller d'Airbus, un monocouloir équipé de deux moteurs CFM 56-5A1 fabriqué par CFM International, la coentreprise de Snecma (filiale de Safran).

L'appareil était âgé de 24 ans puisqu'il est entré en service en 1991 (MSN145) chez Lufthansa jusqu'en 2010 avant de rejoindre la flotte de Germanwings en 2010. L'avion a accumulé 58.300 heures de vols et 46 700 vols. L'âge n'est pas un critère. Des appareils de cet âge, en particulier des A320, sont encore très nombreux dans le ciel. Ce qui compte c'est l'entretien de l'appareil. L'avion avait effectué sa grande révision (check C) en juillet 2013, la «check» des 12 ans, où l'avion est examiné de fond en comble. Il avait par ailleurs fait une inspection de routine lundi.

Concernant, le commandant de bord, il était expérimenté. En dix ans de métier, il comptait à son actif 6.763 heures sur des Airbus. Le copilote était entré dans la compagnie depuis septembre 2013.

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Le travail d'enquête sur la zone du crash reprendra mercredi matin à l'aube avec l'héliportage d'une trentaine d'hommes. Par ailleurs, une caravane de 65 gendarmes est partie mardi soir pour chercher un accès pédestre. Ils doivent bivouaquer sur place, a indiqué le lieutenant-colonel de gendarmerie Jean-Marc Ménichini.

Fabrice Gliszczynski

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