La progression de la fréquentation de l'aéroport de Bâle-Mulhouse ne permet pas encore d'envisager la sortie de crise en 2022. L'activité reste inférieure au pic atteint en 2019. Le projet de raccordement ferroviaire, discuté depuis vingt ans, est maintenu sur la plate-forme aérienne.Les dirigeants de l'EuroAirport tablent sur une nette reprise du trafic aérien en 2022. Mais l'activité de l'aéroport franco-helvétique ne renouera pas cette année avec le record établi avant la crise : en 2019, les deux terminaux établis à la frontière entre Bâle et Saint-Louis (Haut-Rhin) avaient accueilli 9,1 millions de passagers. Dans son budget prévisionnel, l'EuroAirport table sur 6,2 millions de passagers en 2022 avec "une activité soutenue" par le reflux escompté de l'épidémie de Covid "au cours des mois de l'été".
« Nous venons de connaître nos deux années les plus catastrophiques depuis la création de l'EuroAirport il y a 73 ans », rappelle Matthias Suhr, son directeur général. Après quinze années de croissance régulière sur un rythme moyen de 8% par an, l'aéroport de Bâle-Mulhouse a connu un coup d'arrêt en 2020 avec 71% de passagers en moins. Malgré la progression de 39 % de la fréquentation enregistrée en 2021 et l'optimisme affiché pour 2022, le plus grand aéroport du Grand-Est demeurera cette année dans une situation financière fragile.
Le souci de la trésorerie
En 2019, au terme d'une décennie de croissance, l'EuroAirport disposait d'une trésorerie largement excédentaire de 50 millions d'euros. "Notre perte financière s'est élevée à 17 millions d'euros en 2020. Nous ne connaîtrons que dans un mois notre situation comptable pour l'exercice 2021. Cette année, la principale préoccupation va porter sur la trésorerie et le paiement des salaires", prévient Matthias Suhr. "Nous avons profité de ce trésor de guerre pendant la pandémie. La trésorerie va de nouveau progresser en 2022 et nous allons en profiter pour relancer des chantiers", annonce Matthias Suhr.
Depuis deux ans, l'EuroAirport a limité et concentré ses projets d'investissement sur des postes qui concernaient la sécurité aéronautique.
La crise et les pressions environnementales ont eu raison, pour l'instant, du projet d'aménagement d'une troisième piste qui aurait permis d'absorber en 2030 un trafic potentiel de 13 millions de passagers.