« Yvonne », c'est, selon des sources concordantes, le nom de code donné par l'Agence de participations de l'État (APE) au projet de privatisation d'ADP, le gestionnaire des aéroports parisiens. Un clin d'œil à l'épouse du général de Gaulle, lequel, est-il nécessaire de le rappeler, a donné son nom à l'aéroport Charles de Gaulle (CDG), le vaisseau amiral d'ADP. Chacun se fera une opinion sur ce choix. En attendant, le «projet Yvonne » avance, même si, le temps de voter le texte de loi proposé dans la loi Pacte, début mai, puis de lancer et mener à bien le processus de sélection de ou des repreneurs de tout ou partie de la participation de l'État, il est peu probable qu'une privatisation d'ADP intervienne avant le début de l'année prochaine.
Si la privatisation d'ADP n'est officiellement pas décidée, elle fait désormais l'objet de prises de parole des membres du gouvernement. Ce mercredi, lors d'une séance de questions à l'Assemblée nationale sur le programme de privatisations du gouvernement, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a assuré que l'État conserverait le contrôle de ses actifs stratégiques en promettant des mécanismes de "régulation".
Au sujet d'ADP, dont l'État possède 50,6% du capital, Bruno Le Maire a promis de trouver une solution qui préserve les intérêts publics, notamment sur les questions de "sécurité", sur les "frontières" et sur les "tarifs" aéroportuaires.
Interrogé par des députés Nouvelle Gauche, le locataire de Bercy est cependant resté évasif sur les intentions exactes du gouvernement. Pour lui, l'une des solutions "consisterait à dire que le gouvernement va abaisser la part de l'État" pour "porter la part des actionnaires privés de 49,4% à 50%, 60% ou 70%. C'est une solution que nous ne retiendrons pas", a indiqué le ministre, pour qui cette solution "consisterait à donner à des actionnaires privés" une capacité de contrôle "tout à fait exorbitante".
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"Il n'est pas question de refaire les erreurs du passé", a par ailleurs promis Bruno Le Maire, en référence à la privatisation des autoroutes, cédées par l'État en 2006, qui a entraîné de fortes hausses de tarifs des péages, faute d'un cadre garantissant un rapport de force favorable à l'État.
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