Les ports de la Seine reprennent de l'élan grâce aux conteneurs
Nathalie Jourdan
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Les turbulences en mer Rouge et l'atonie de l'économie européenne n'auguraient, a priori, rien de bon pour le cinquième ensemble portuaire européen dont l'activité reste très perméable à la conjoncture mondiale. Le corridor fluviomaritime de l'axe Seine (Paris-Rouen-Le Havre) boucle pourtant l'année 2024 sur une note positive. Le chiffre d'affaires a enregistré une hausse de 3,6% pour atteindre un niveau record et les trafics maritimes ont augmenté de 2,4%.
Dans le détail, c'est en fait le segment (lucratif) des conteneurs qui porte l'essentiel de cette croissance, aidé en cela par le rabais sur les droits de port du Havre consenti aux méga navires qui les acheminent. Le trafic conteneurisé a affiché une progression proche de 19%, plus forte que celle constatée dans les grands ports concurrents belges, néerlandais et britanniques.
Ce rebond permet au passage à Haropa de franchir le cap symbolique des 3 millions de « boîtes » traitées : un seuil bien en deçà de la capacité des terminaux de Port 2000 mais qui n'a été atteint qu'à trois reprises au cours de la dernière décennie.
A contrario, la rente pétrolière s'érode jusqu'à - 6% pour le trafic des produits raffinés. Si cette baisse s'explique en partie par l'incendie à la raffinerie ExxonMobil, elle sonne aussi comme un avertissement pour les trois ports de la Seine, appelés à se détourner du pétrole sous l'effet de la décarbonation. D'où le virage amorcé depuis la création d'Haropa pour rééquilibrer l'activité (et les revenus) au bénéfice de l'industrie « verte ».
Nathalie Jourdan