Pollution : la RATP inaugure une solution de traitement de l'air sur la ligne 2

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Cette solution technique offre la possibilité de traiter une grande quantité d'air (7500 m3/h, à savoir 10% de l'air de la station) en consommant l'électricité équivalente à celle d'un grille-pain, selon Suez.
"Cette solution technique offre la possibilité de traiter une grande quantité d'air (7500 m3/h, à savoir 10% de l'air de la station) en consommant l'électricité équivalente à celle d'un grille-pain", selon Suez. (Crédits : Bruno Marguerite / RATP)
Dénommé Ip'Air, le dispositif a été développé par Suez afin de répondre au problème spécifique des particules fines du métro souterrain. Il sera testé pendant six mois. La solution intéresse la région Ile-de-France, où Valérie Pécresse évoque l'idée de l'étendre à la protection des populations fragiles (écoles, hôpitaux, Ephad...).

Un boîtier vertical gris au milieu du quai et, à sa droite et à sa gauche, deux longs caissons blancs. Sans lire les inscriptions, les passagers de la ligne 2 du métro parisien qui traversent la station Alexandre Dumas devineront difficilement ce que cachent ces plaques de métal. La RATP, avec la région Ile-de-France et Ile-de-France Mobilités, y teste une solution de traitement de l'air développée par Suez afin de répondre au problème de pollution spécifique du métro souterrain: les particules fines -notamment PM10 et PM2,5- émises par l'abrasion des plaquettes de freins lors du freinage des trains.

Une solution économique capable de traiter 10% de l'air de la station

Dénommé Ip'Air, le dispositif consiste en un filtre électrostatique qui fonctionne grâce à un procédé de ionisation positive.

"Un faible courant électrique est injecté dans les particules fines contenues dans l'air qui traverse 24 heures sur 24 le filtre, lesquelles sont alors attirées, tel un aimant, vers des plaques collectrices", explique Suez.

"Cette solution technique offre la possibilité de traiter une grande quantité d'air (7.500 mètres cubes à l'heure, à savoir 10% de l'air de la station) en consommant l'électricité équivalente à celle d'un grille-pain", ajoute le recycleur qui, depuis quelques années, travaille sur des offres de traitement de l'air pour des clients publics comme privés.

Des équipements développés par la RATP et Airparif

Lancée le 3 juin, l'expérimentation durera six mois, pendant lesquels seront collectées toutes les données nécessaires afin de valider scientifiquement l'impact de la solution. Le boîtier gris contient ainsi des équipements développés par la RATP et par Airparif qui, doublés d'appareils mobiles installés tout le long du quai, en mesureront le pouvoir filtrant et le rayon d'action en fonction des variations de température, du trafic des trains, de la fréquentation de la station etc., explique la RATP.

Suez, qui teste pour la première fois ce dispositif en situation réelle, se servira pour sa part des données collectées pour définir le bon dimensionnement de la solution et identifier les éventuelles adaptations nécessaires, mais aussi pour caractériser les particules captées, qui pourront ensuite être en partie valorisées, souligne la directrice générale adjointe du groupe en charge de la France Marie-Ange Debon.

Pécresse pense aussi aux populations fragiles: écoles, hôpitaux, Ephad...

D'autres innovations sont d'ailleurs également à l'étude afin de contrer le problème des particules fines dans le métro parisien, emprunté par 4 millions de personnes par jour, rappelle Valérie Pécresse. Le dispositif Ip'Air de Suez n'est en effet que l'un des trois retenus dans le cadre de l'appel à projets "Innovons pour l'air de nos stations", lancé par la région Île-de-France en 2018 afin d'identifier des solutions technologiques de purification de l'air des stations de métro, et doté d'un million d'euros.

La RATP a en outre engagé d'autres actions afin d'améliorer la qualité de l'air dans ses stations et gares, rappelle sa PDG Catherine Guillouard, dont des mesures en continu dans trois stations considérées comme représentatives -consultables en temps réel sur son site internet-, la généralisation du freinage électrique sur ses nouveaux trains et l'amélioration de la ventilation -à laquelle 56 millions d'euros sont consacrés sur la période 2016-2020.

Quant à l'Ile-de-France, "la région compte aussi travailler sur les espaces intérieurs et semi-intérieurs, notamment fréquentés par des populations fragiles: écoles, hôpitaux, Ephad...", rappelle Valérie Pécresse. Suez réfléchit justement déjà à des solutions pour les cours de récréation, souligne Marie-Ange Debon.

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Commentaires
a écrit le 09/06/2019 à 6:59 :
ce traitement est il efficace contre les résidus d'amiante qui constituaient les plaquettes de frein dans les années 60 - 70 ?
a écrit le 08/06/2019 à 7:57 :
Et donc ce n'est pas dangereux de prendre le métro alors qu'avec des taux bien inférieurs en surface on veut interdire le diesel pour des raisons de santé publique ? Pas cohérent...
Réponse de le 08/06/2019 à 11:22 :
D'abord, la pollution à l'intérieur des véhicules dans la circulation est bien supérieure à celle des couloirs du métro (résultats d'analyses d'Airparif). Ensuite, dans votre véhicule, vous y restez bien plus longtemps que dans le métro. Bon ! Si vous aimez ça, profitez en ! Moi, je préfère vivre longtemps non asthmatique en prenant le métro, surtout si le traitement d'air s'améliore dans les stations...
a écrit le 08/06/2019 à 2:51 :
10% traites. Que devient le solde ?
Deja que les quais sont ridiculement reduits, on en rajoute une couche.
Parisien quoi.....
Réponse de le 08/06/2019 à 11:25 :
10 % par heure. Au bout de 10 heures, le volume de la station est traité totalement.... Bon ! c'est approximatif (réponse simpliste pour une question simpliste) ; il faut faire une étude avec équation différentielle et tout le bazar... mais ça tend exponentiellement vers une limite bien inférieure à l'état initial
Réponse de le 08/06/2019 à 12:24 :
Le solde n'est pas pris en compte car comme cela est précisé dans l'article il s'agit d'un prototype à des fins de relevés et de qualification du type de pollution. Cela permettra lors de la phase industrielle de bien dimensionner le dispositif qui à l’heure actuelle expérimental.
A terme ce type d'équipement couplé avec une meilleure ventilation permettra certainement d'éliminer entre 50% et 75% de la pollution.
Sinon les quais sont petits car bien souvent ils sont historiques et ont plus d'un siècle.
Prenez les nouvelles lignes comme la 14 vous verrez que sur la conception des nouvelles stations il y a des quais vraiment spacieux.
Réponse de le 09/06/2019 à 10:04 :
L'article parle de 10% par heure.
(7.500 mètres cubes à l'heure, à savoir 10% de l'air de la station)
a écrit le 07/06/2019 à 18:02 :
Si pour résultat de nettoyage nettoyage de 10% pour une consommation à celle d'une grille-pain, pourquoi ne pas allez plus loin. Certes l'équipement ne pas être donné ( la production en grande série permettra d'abaisser les prix ) mais les bienfaits à attendre seraient conséquents, même si on est obligé à augmenter les prix du billet de Métro de quelques centimes.
a écrit le 07/06/2019 à 16:10 :
Déjà un défaut à corriger: l'appareil prend trop de place sur le quai. Aux heures de pointe, les quais sont déjà trop étroits..
Réponse de le 08/06/2019 à 10:05 :
Les stations de métro ont été consues il y a un siècle, voire plus. On est condamné à vivre avec encore un siècle, les elargir aurait un coût totalement inimaginable.

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