Royaume-Uni : l'aéroport d'Heathrow aura bientôt sa troisième piste
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Heathrow est resté en 2024 le premier aéroport du Royaume-Uni et d'Europe en nombre de passagers.
MAJA SMIEJKOWSKA
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Heathrow est resté en 2024 le premier aéroport du Royaume-Uni et d'Europe en nombre de passagers.
MAJA SMIEJKOWSKA
La ministre britannique des Finances Rachel Reeves a annoncé ce mercredi le soutien de son gouvernement au projet controversé d'une troisième piste à l'aéroport londonien d'Heathrow, le plus important aéroport d'Europe en nombre de passagers.
Une initiative prise dans le cadre d'un plan pour relancer l'économie du pays. « Ce gouvernement soutient la construction d'une troisième piste à Heathrow », a-t-elle annoncé dans un discours fleuve, dans lequel elle a détaillé une série de mesures destinées à doper une croissance atone.
Les plans d'agrandissement d'Heathrow ne sont pas nouveaux, mais le soutien du gouvernement à cette mesure est décrié par les organisations écologistes et une partie de son camp travailliste. Le projet sera toutefois soumis à « une évaluation complète » pour « garantir que le projet est rentable », mais aussi que la troisième piste « sera construite conformément à nos objectifs environnementaux », a assuré la ministre britannique des Finances.
Fin 2020, à l'issue d'une saga judiciaire, la Cour suprême britannique avait statué en faveur d'une troisième piste. Mais le projet avait ensuite été retardé par la pandémie de Covid-19 et fait encore face à de nombreux obstacles.
Heathrow, ouvert en 1946, est resté en 2024 le premier aéroport du Royaume-Uni et d'Europe en nombre de passagers, avec 83,9 millions de personnes passées par ses terminaux l'an dernier. Situé à 25 km à l'ouest du centre de Londres - qui possède cinq autres aéroports internationaux - il dessert plus de 200 destinations directes dans plus de 80 pays, via quatre terminaux.
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Rachel Reeves a aussi annoncé ce mercredi le soutien du gouvernement à plusieurs projets d'investissements pour développer un « corridor de croissance » entre Oxford et Cambridge et leurs prestigieuses universités, pour en faire une « Silicon Valley européenne ». La ministre a aussi annoncé des assouplissements au niveau des règles d'urbanisme ou des mesures de déréglementation pour doper les investissements.
Après avoir déjà calé au troisième trimestre puis baissé en octobre, le produit intérieur brut (PIB) du Royaume-Uni a rebondi légèrement en novembre (+0,1 %) mais moins qu'attendu. « Une croissance faible n'est pas notre destin », mais la relance de l'économie « ne se fera pas sans se battre », a encore affirmé la chancelière mercredi.
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De nouveaux terminaux et de nouvelles pistes d'atterrissage vont devoir être construits en Europe pour répondre à la croissance prévue du trafic aérien plaident des professionnels de l'aérien. L'Association internationale du transport aérien (Iata), porte-voix des compagnies, et le duopole d'avionneurs Boeing et Airbus prévoient toujours un doublement du nombre de voyages aériens dans les 25 prochaines années, de 5 à 10 milliards par an dans le monde.
Mais en Europe occidentale, peu de hubs ont annoncé des extensions, tandis que se multiplient les mesures politiques incitant à moins emprunter l'avion. Les professionnels du secteur, déjà en butte à un contrôle aérien européen saturé, s'inquiètent de la perspective d'aéroports trop étriqués.
Le gouvernement français a renoncé en 2021 à l'agrandissement de Paris-Charles-de-Gaulle et s'apprête à alourdir la fiscalité sur les billets d'avion après avoir interdit les vols intérieurs pouvant être remplacés par des trajets en train de moins de 2h30. Plus au nord, les autorités néerlandaises veulent plafonner le nombre de vols annuels à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol pour lutter contre les nuisances sonores, tandis qu'une mesure identique est prévue à l'horizon 2032 à Bruxelles. Cela n'empêche pas de grands travaux d'avoir lieu ailleurs, dans des destinations ensoleillées prisées par les compagnies « low-cost », comme Heraklion en Crète. Lisbonne prévoit aussi un nouvel aéroport géant à l'horizon 2034. Défenseurs de l'environnement et autres ONG préviennent que seule la sobriété permettra d'atteindre le « zéro émission nette » à l'horizon 2050.
(Avec AFP)
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