Royaume-Uni : première nationalisation d'un opérateur ferroviaire
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Les deux tiers des Britanniques soutiennent le projet de re-nationalisation.
REUTERS/Hannah McKay
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Les deux tiers des Britanniques soutiennent le projet de re-nationalisation.
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C'est une première au Royaume-Uni. En mai prochain aura lieu la nationalisation de l'opérateur de transport ferroviaire, South Western Railway, a annoncé ce mercredi le gouvernement britannique. Cette nationalisation s'inscrit dans le cadre du plan britannique visant à faire passer les compagnies privées des chemins de fer dans le giron public.
La loi sur cette promesse de longue date du parti travailliste, approuvée fin novembre par le Parlement britannique, prévoit de nationaliser les opérateurs privés à l'expiration de leurs contrats - ou plus tôt en cas de mauvaise gestion - pour les regrouper dans un organisme nommé « Great British Railways ». South Western Railway, qui opère dans le sud-ouest de l'Angleterre, sera la première entreprise concernée, avant la société c2c en juillet puis Greater Anglia à l'automne 2025.
La privatisation des opérateurs du rail a eu lieu au milieu des années 1990 sous le Premier ministre conservateur John Major. Mais le réseau ferré est depuis revenu dans le giron public, géré par la société Network Rail. En Angleterre, quatre opérateurs sur quatorze sont déjà revenus sous contrôle public ces dernières années en raison de leurs mauvaises performances. Mais l'idée était, jusqu'ici, de les gérer temporairement avant un retour au secteur privé. Les opérateurs principaux en Ecosse et au Pays de Galles sont eux aussi redevenus publics récemment.
Peu après leur victoire aux élections du 4 juillet, après quatorze ans de gouvernements conservateurs, les travaillistes ont pointé « des années de performances mauvaises et inacceptables » dans le secteur ferroviaire.
Cela permettra, selon le gouvernement, d'éviter de payer des compensations aux exploitants actuels, dont les différents contrats expireront d'ici 2027.
Ce projet de re-nationalisation est d'ailleurs soutenu par les deux tiers des Britanniques. Selon un sondage Yougov début septembre, 77% jugeaient les billets trop chers et 51% se plaignaient des retards - mais 50% disaient apprécier la qualité des trains et 64% étaient satisfaits de la gamme de destinations.
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Au-delà des opérateurs, ce sont également les lignes ferroviaires qui sont nationalisées au Royaume-Uni. En effet, début 2020, le gouvernement conservateur de Boris Johnson avait annoncé cette décision pour celles situées dans le nord de l'Angleterre. Le ministère des Transports avait alors retiré à l'opérateur privé Northern, filiale de l'allemand Arriva, l'exploitation de ces lignes au profit des pouvoirs publics.
Il s'agissait alors de la seconde nationalisation de lignes ferroviaires en l'espace de deux ans, sous des gouvernements conservateurs, après celle des lignes dans l'est de l'Angleterre en 2018 avec la fin du contrat d'exploitation de Virgin Trains East Coast.
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Puis, en septembre 2020, le gouvernement britannique avait revu son modèle d'exploitation des lignes ferroviaires en mettant fin aux franchises privées, remplacées par des concessions avec une plus grande implication des pouvoirs publics. Depuis, un opérateur privé peut gérer une ligne moyennant le versement d'une commission de la part du gouvernement avec en retour des objectifs de performance plus stricts qu'auparavant.
(Avec AFP)
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