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Royaume-Uni : Alstom se lance dans l'exploitation de son propre service de trains de voyageurs

latribune.fr

Publié le 14 mars 2024 à 11:09 - Mis à jour le 14 mars 2024 à 11:12

Le groupe ferroviaire français a annoncé jeudi qu'il comptait exploiter dès 2025 son propre service de trains de voyageurs en Angleterre et au Pays de Galles (photo d'illustration).

Le groupe ferroviaire français a annoncé jeudi qu'il comptait exploiter dès 2025 son propre service de trains de voyageurs en Angleterre et au Pays de Galles (photo d'illustration).

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Pour la première fois, le groupe ferroviaire français va exploiter son propre service de trains de voyageurs en Angleterre. Une bonne nouvelle pour le deuxième constructeur ferroviaire mondial qui essuie des déboires depuis quelques mois.

C'est une nouveauté pour Alstom. Le groupe ferroviaire français a, en effet, annoncé jeudi qu'il comptait exploiter dès 2025 son propre service de trains de voyageurs en Angleterre et au Pays de Galles, selon un communiqué. Un nouveau projet en partenariat avec le cabinet de conseil SLC Rail et opéré sous le nom de Wrexham, Shropshire and Midlands Railway (WSMR). Le groupe indique que ce jeudi, le WSMR « soumettra à l'Office of Rail and Road (ORR) une demande officielle d'ajout de ses services au réseau britannique ».

«Nous faisons partie du tissu ferroviaire britannique depuis deux siècles et nous sommes ravis d'entrer dans cette nouvelle ère en tant qu'opérateur privé», a commenté Nick Crossfield, directeur général d'Alstom pour le Royaume-Uni et l'Irlande, cité dans le communiqué.

Pour rappel, le deuxième constructeur ferroviaire mondial indique qu'il est « déjà premier fournisseur de trains et de services ferroviaires et principal fournisseur de signalisation et d'infrastructure » du Royaume-Uni.

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Une liaison directe à la capitale

L'objectif d'Alstom est de « créer une connexion directe, qui n'existe pas aujourd'hui, entre le nord du Pays de Galles, le Shropshire, les Midlands et Londres ». Au total, WSMR devrait ainsi desservir une zone d'environ 1,5 million de personnes en dehors de Londres, « une population qui devrait croître de 16% au cours de la prochaine décennie », met en avant Alstom.

Une nouvelle également bien accueillie par le gouvernement : « Cette nouvelle offre de transport permettra aux territoires du nord du Pays de Galles et des Midlands de bénéficier de meilleures liaisons, notamment des trains directs vers Londres au départ de Shrewsbury, Telford et Wrexham », a de son côté déclaré le ministre britannique des chemins de fer, Huw Merriman.

Dans le détail, « WSMR offrira aux passagers de Wrexham, Gobowen, Shrewsbury, Walsall et Coleshill une liaison directe avec la capitale, ainsi qu'avec Darlaston une fois l'ouverture de sa nouvelle gare » effective, l'offre prévoyant cinq trains par jour dans chaque direction du lundi au samedi, et de quatre trains dans les deux sens le dimanche, est-il détaillé.

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Date prévue de mise en service : 2025, précise le communiqué. Cette nouvelle ligne devrait également être à l'origine de la création de 50 nouveaux emplois.

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La traversée du désert

Une bonne nouvelle pour Alstom qui, depuis quelque temps, a enchaîné les déboires. En novembre dernier, l'entreprise, plombée par des difficultés commerciales et financières, avait annoncé un plan de réduction des coûts avec notamment la suppression de 1.500 emplois, soit 10% des fonctions commerciales et administratives.

En effet, Alstom avait annoncé début octobre aux investisseurs une consommation excessive de trésorerie, son flux de trésorerie libre ayant plongé dans le rouge lors du premier semestre 2023/2024 de son exercice décalé à -1,1 milliard d'euros.

La croissance de l'activité « a généré des besoins en termes de stock, d'inventaire qui ont généré des besoins en cash importants. Ils n'ont pas été financés par des rentrées d'argent à hauteur de ce qu'on aurait souhaité », avait expliqué alors le PDG du groupe, Henri Poupart-Lafarge, lors d'une conférence de presse.

D'autres contrats plus anciens avaient également plombé le bilan du constructeur ferroviaire comme le programme Aventra, 443 trains destinés au Royaume-Uni et hérités du portefeuille de Bombardier Transport racheté début 2021, et qui a pris un retard considérable. La digestion de cette acquisition, réalisée il y a deux ans et demi pour 5,3 milliards d'euros, risque de durer encore un an et demi selon les prévisions du PDG à ce moment.

Résultat, le groupe avait ainsi vu, en octobre 2023, s'évaporer plus de 3 milliards d'euros de capitalisation boursière en l'espace d'une séance, avec la chute vertigineuse de plus de 37% du prix de son action. « Alstom est une société emblématique, un nom qui parle aux gens, mais qui n'a pas su créer une relation de confiance avec les investisseurs à cause de ses problèmes financiers », a pointé, début mars, Lionel Melka, associé chez Swann Capital.

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Changement de président du CA

La restructuration s'avère donc profonde puisque le sommet du groupe est lui aussi touché. Il a été décidé de dissocier les fonctions de directeur général de celle de président du conseil d'administration. Un changement prévu dans la gouvernance qui interviendra le 20 juin. Et c'est l'ancien directeur général de Safran, Philippe Petitcolin, qui prendra les fonctions de président du conseil d'administration du groupe ferroviaire.

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Dans un communiqué publié hier, le groupe ferroviaire indique qu'« à cette date, Philippe Petitcolin assumera les fonctions de président du conseil d'administration, Henri Poupart-Lafarge continuant à assumer la direction générale de la société ». Pour rappel, ce dernier est PDG depuis février 2016.

(Avec AFP)

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