Malmenés par le dérèglement du climat, les arbres et les plantes qui bordent les voies ferrées causent de plus en plus d’incidents sur le rail. En Normandie, où les retards s’accumulent, la SNCF dégaine un plan d’abattage présenté comme « unique en France ».« Bougeons ensemble pour la planète », dit son dernier slogan. La SNCF a beau revendiquer sa contribution à la lutte contre le changement climatique, elle n'échappe pas à ses conséquences. Les épisodes météo extrêmes, parce qu'ils malmènent les espaces boisés situés le long des rails, perturbent de plus en plus la bonne marche des trains. Depuis quelques années, les incidents se multiplient sur les voies. En cause : la fragilisation des arbres mais aussi la croissance accélérée des plantes et la prolifération d'espèces exotiques envahissantes.
La « verte » Normandie est l'une des régions les plus touchées. Qu'on en juge. Sur la seule année 2023, les incidents liés à ces phénomènes ont provoqué en cumulé quelque 500 heures de retard (ou 29.000 minutes) sur le réseau régional. En réponse à cette dérive, SNCF Réseau a adopté un plan d'action présenté comme « unique en France » par son ampleur. De fait. Rarement la compagnie aura déployé autant de moyens pour maîtriser la végétation le long de ses rails.
Très chère maintenance
D'ici la fin de l'année, ses agents devraient avoir procédé à l'abattage de pas moins de 36.000 arbres « dangereux ou malades » et au débroussaillage ou au bâchage d'une trentaine d'hectares sur les zones les plus problématiques. « Les tempêtes à répétition, les pluies importantes et les coups de chaleur viennent déstabiliser les arbres et les sols aux abords des voies », justifie Vincent Palix, directeur territorial de SNCF Réseau. La technologie est aussi appelée à la rescousse. A titre expérimental, des capteurs Lidars sont installés sur certains trains de maintenance « pour prioriser les opérations » sur de longues distances.
Coût total dudit plan : 10 millions d'euros en 2024, soit une augmentation de 135% de la facture en l'espace de quatre ans. Une somme à laquelle il faut ajouter une dotation de 8 millions allouée sur trois ans par l'Etat et la Région dans le cadre du Contrat de plan. « C'est l'un des plus gros budgets consacrés à l'abattage de l'ordre de 13% du budget national alors même que le réseau ferré normand ne représente que 4 % des voies », nous précise t-on.