L'Intelligence artificielle va-t-elle améliorer de façon spectaculaire la régularité des trains ? Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, en est convaincu. En septembre, il a même annoncé la suppression des pannes de trains d'ici dix ans grâce à la maintenance prédictive qui, basée sur l'IA, permet de prédire les défaillances des équipements. A la clé, une diminution des retards et une amélioration générale de la régularité du trafic.
Mise sur pied depuis 2014 au technicentre de la SNCF de Saint-Pierre-des-Corps, à trois kilomètres de Tours, une cellule de 25 ingénieurs statisticiens est spécifiquement chargée de la maintenance prédictive. Elle analyse ainsi 24/24h les signaux faibles émanant de capteurs ou du réseau informatique propre des trains. Cette unité de référence à l'échelle de l'Hexagone forme, avec les 35 autres data scientists basés dans les technicentres de Vénissieux en Rhône-Alpes, de Nevers en Bourgogne-Franche-Comté, de Périgueux en Nouvelle Aquitaine et de Hellemmes dans les Hauts-de-France, la task force de la compagnie ferroviaire pour la « data maintenance ».
« La transmission des données en continu par les trains et leur interprétation immédiate grâce nos algorithmes constituent les clés de voûte de la maintenance prédictive, également appelée data maintenance ou maintenance analytique, précise Cyril Verdun, directeur de l'ingénierie de maintenance chez SNCF Voyageurs. Elle permet d'une part de prédire et d'anticiper les défaillances avant qu'elles se produisent. D'autre part, elle limite la maintenance préventive, qui immobilise les trains, avec à la clé une disponibilité des rames supérieure de 30%. »