Sécurité aérienne, ces pays d'Asie du sud-est qui inquiètent l'Europe (AESA)

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) est en concurrence avec son homologue américaine pour apporter son aide à certaines autorités de l'aviation civile de pays asiatiques.

Reçu ce jeudi par l'association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace, Patrick Ky, le directeur exécutif de l'agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) n'a pas mâché ses mots pour présenter ses sujets de préoccupation et les défis à relever pour l'agence qu'il dirige.

Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Vietnam

Il s'est tout notamment montré inquiet par la « déficience des autorités de surveillance en Asie du sud-est », une zone géographique qui affiche "une accidentologie semblable à celle de l'Europe il y a dix ans". Il a cité l'Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande ou encore le Vietnam. Aussi, l'AESA commence-t-elle à travailler avec certains pays pour leur donner un coup de main. Les États-Unis faisant la même chose, l'agence européenne se retrouve en compétition avec son homologue américaine pour aider ces pays.

La Thaïlande intéresse particulièrement l'agence européenne, car « un grand nombre d'Européens prend des compagnies thaïlandaises sur des vols intérieurs dans ce pays et nous aimerions être certains que ces passagers soient dans les meilleures conditions de sécurité», explique Patrick Ky, en  précisant qu'en termes de sécurité aérienne, la Thaïlande était classée par l'organisation internationale de l'aviation civile (OACI) en "160ème position sur 183 pays" inspectés

"La Thaïlande est un pays dans lequel il y a une très bonne compagnie aérienne, Thai Airways, mais une autorité nationale qui est complètement déficiente. Même avec une très bonne compagnie, si elle n'est pas surveillée, si elle n'a pas quelqu'un pour lui donner un point de vue extérieur sur la manière dont est gérée la sécurité, elle risque de s'endormir sur ses lauriers", explique Patrick Ky.

En novembre, en accord avec les autorités thaïlandaises, des représentants de l'AESA iront inspecter, non pas l'aviation civile qui l'a déjà été par la FAA américaine (Federal Aviation Administration) et l'OACI, mais le niveau de sécurité des compagnies thaïlandaises.

Fuite en avant?

Le Vietnam est un "autre pays qui intéresse l'AESA". L'agence européenne émet "des doutes sur la capacité des autorités nationales de surveiller de manière efficace le développement de Vietnam Airlines". La compagnie aérienne s'est distinguée ces dernières années avec l'achat d'un grand nombre d'avions.

"Vietnam Airlines est une bonne compagnie. Nous n'avons pas de doutes là-dessus. Mais est-elle capable de gérer sa croissance de manière sûre, est-ce que ce n'est pas une fuite en avant d'acheter beaucoup d'avions et de recruter beaucoup de pilotes sans garantir que les règles de sécurité sont adéquates", fait valoir Patrick Ky.

Aussi préoccupant soit-il, le sujet est complexe car il est interprété par certains pays comme une ingérence.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2015 à 8:52 :
Avant d'aller regarder ce qu'il se passe en Asie, regardez de plus prêt la France. Des milliers de passagers prennent des avions polonais, de CDG avec un billet d'un TO français pour leurs vacances. Avions dans des états moyens, équipages esclaces payés une misère et fatigués. Ukraine international qui fait des vols au départ de Paris pour l'Asie et bientôt NYC. Mais ça ne les inquiètes pas!!!
a écrit le 09/10/2015 à 6:00 :
l'AESA n'a pas de mandat pour auditer ou inspecter des compagnies hors etats membres sauf si elles sont TCO (third country operator = compagnies desirant avoir des vols sur l'Europe et encore le process TCO ne requiert pas une inspection in situ). La decision d'inspecter des autorites de l'aviation civile dans des pays hors etats membres appartient au Safety Committe qui est chapeaute par la commission europeenne, et cela ennuie assez M Ky, qui aimerait bien que l'AESA soit l'egale de la FAA sur ce point. Ensuite le Safety Committee mandate l'AESA. Que l'AESA commence donc par faire le menage chez elle, il y a assez de compagnies europeennes et de stations de reparations agreees AESA qui sont tres limites. Le seul modele d'Airbus qu'AF n'a pas encore crashe c'est le 380... le probleme des sondes pitot sur le 330 etait un probleme connu depuis bien avant l'accident du RIo-Paris...le Safety Record de l'ATR, avion europeen, est bien mauvais compare a son concurrent canadien... charite bien ordonnee commence par soi-meme!
a écrit le 08/10/2015 à 18:42 :
"une accidentologie semblable à celle de l'Europe il y a dix ans"...
Si seulement c'était vrai, il n'y aurait pas lieu de s'inquiéter !! 40 ans serait plus juste mais moins diplomate....

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