Smartphone : la ville au bout des doigts

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axi ou véhicule de transport avec chauffeur (VTC), tout se commande via une application type Uber.
axi ou véhicule de transport avec chauffeur (VTC), tout se commande via une application type Uber. (Crédits : Reuters)
Aujourd'hui, le smartphone n'est plus un simple outil de mobilité. Il est une véritable télécommande de la ville. Billets de cinéma ou de train, taxis, scooters électriques, livraison de repas ou de courses, le téléphone intelligent permet de quasiment tout gérer et de commander à distance. Tour d'horizon.

À l'origine, le mobile était un simple outil de mobilité, permettant d'être joignable et de communiquer tout en se déplaçant. Mais c'est bien plus que cela aujourd'hui. Son rôle s'est même inversé dans la mesure où cet instrument technologique est devenu un moyen très efficace pour optimiser la mobilité au quotidien. Qu'elle soit autonome ou guidée.

En effet, grâce à l'open data, les applications permettent à notre smartphone de nous indiquer où se trouve la voiture ou le scooter électrique en libre service le plus proche, et s'il reste un vélo disponible à la sortie du métro, par exemple. En parallèle, les comparateurs d'itinéraires comme le Français Mappy - déjà trentenaire ! - ou l'Anglo-saxon Citymapper s'ingénient à devenir de véritables plateformes multimodales, en agrégeant toutes les solutions de mobilité qui existent, ou du moins en en dressant la liste la plus exhaustive qui soit. Avec l'objectif de devenir le numéro un des comparateurs multimodaux. Et de damer le pion aux géants du web Apple et Google Maps. Ils calculent ainsi en temps réel tous les itinéraires possibles pour un usager des transports en commun, un cycliste ou un automobiliste, voire les trois à la fois, avec les données fournies par leurs partenaires (Ouibus, Flixbus, VoyagesSncf, BlaBlaCar, Uber, G7, Stif, etc.).

Le sésame de nombreux services

Les maîtres mots du moment sont le « sur-mesure » et le « sans couture ». La SNCF propose une offre « porte-à-porte » ainsi qu'une expérience entièrement dématérialisée à ses clients. Guillaume Pepy disait récemment qu'il avait l'ambition que la SNCF soit « une plateforme de solutions de mobilité ». Une source d'inspiration pour Mappy. Tout comme il est possible de commander un iDCAB (taxi ou VTC) depuis le site Voyages-Sncf, il est ainsi possible de réserver un Uber ou un taxi G7 depuis le site de Mappy. Celui-ci indique également où se trouvent les magasins Franprix et Casino les plus proches, au cas où l'on veuille y faire un tour en ligne ou bien en personne.

« Car l'objectif est tout de même de déplacer les gens », rappelle Bruno Dachary, le directeur général de Mappy.

De leur côté, Carrefour et Franprix promettent, grâce à des startups comme Stuart ou Glovo, une livraison dans l'heure. Histoire de coller aux standards de livraison de toutes les « FoodTech », comme les livreurs de repas type Deliveroo ou UberEATS.

Indéniablement, le smartphone facilite donc les déplacements aussi bien inter-villes que dans la ville. En région parisienne, le Stif (Syndicat des transports d'Île-de-France) l'a bien compris. Sa présidente Valérie Pécresse a ainsi annoncé le lancement d'un Smart Navigo, un pass Navigo (titre de transport des abonnés franciliens) dématérialisé. Avec l'ambition de substituer le smartphone à l'actuelle carte magnétique. À terme, l'idée est de permettre aux usagers de ne payer à la fin du mois que ce qu'ils ont consommé. Et par la même occasion de diminuer la fraude, qui représente un manque à gagner de 366 millions d'euros, selon la Cour des comptes, soit 1 million d'euros par jour.

Un acte d'achat rendu indolore

En semblant faire disparaître le paiement, le smartphone devient une sorte de sésame pour voyager. Plus besoin d'avoir de la monnaie. Taxi ou véhicule de transport avec chauffeur (VTC), tout se commande via une application type Uber. Et comme on a préalablement renseigné ses coordonnées bancaires au moment de son téléchargement, à la fin de la course, on sort de la voiture sans échange d'argent. En apparence, car le montant du trajet est automatiquement prélevé sur notre compte. Tout se passe en ligne, comme pour le train, de l'achat du billet au scan du QR code par le contrôleur. Si bien que l'on a l'impression de se déplacer sans payer. C'est d'ailleurs là tout l'enjeu des géants du Net et de la grande distribution : rendre « indolore » l'acte d'achat, comme le teste actuellement Amazon à Seattle.

Bref. Il existe aujourd'hui pléthore d'applications pour toutes sortes de services urbains « de proximité » - tout se fait en fonction de la géolocalisation. On peut ainsi trouver des idées de sorties près de chez soi avec la jeune pousse TripnCo, ou échanger des services entre particuliers grâce à la startup Stootie. Une personne douée en cuisine ou en coiffure, pourra ainsi proposer ses services. Un bricoleur du dimanche pourra de la même manière emprunter la perceuse de son voisin ou la louer à bas prix. Le téléphone permet alors de rapprocher des gens qui, sans la technologie, ne se seraient peut-être jamais croisés, bien qu'évoluant dans le même quartier.

Désormais, on peut aussi très facilement récupérer à Paris ses clés oubliées à Bordeaux grâce à la plateforme de transport d'objet Gogomitch. Un problème révolu pour la plateforme de location de voitures Virtuo, qui propose une expérience 100 % mobile. Le client déverrouille le véhicule à l'aide de son smartphone après avoir téléchargé sa clé numérique (lire page 7). Il devient ainsi un outil indispensable au quotidien et, au passage, un véritable facteur d'émancipation.

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Commentaires
a écrit le 26/03/2017 à 9:32 :
J'ai pas de smartphone... (et je m'en passe très bien). Suis je un handicapé social ou un rebelle de la forêt ?

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