J-Europe sauvé par son voilier
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pays de la Loire/nautisme
La crise n'aura pas mis longtemps à se manifester au sein de J-Europe. Spécialisé dans la construction des J-Boats, des voiliers familiaux mais aux bonnes performances sportives, ce chantier naval vendéen connaissait une croissance de l'ordre de 20 %. « Jusqu'au premier trimestre 2008, le niveau normal s'établissait à 7 à 8 bateaux par mois. C'est ce que l'on a enregistré sur les cinq mois suivants », rappelle son PDG, Max Raëz. La conséquence en terme social ne se fait pas attendre. Un plan de sauvegarde de l'emploi est mis en place. De 90, la société passe à 50 salariés. « Nous anticipions une baisse de 60 % de notre chiffre d'affaires. »
À l'heure du bilan financier ? J-Europe clôt ses comptes fin août ?, le résultat confirme la prévision. En 2007-2008, le chantier naval a enregistré un chiffre d'affaires de 18 millions d'euros. Pour le dernier exercice, les ventes devraient se situer entre 7 et 8 millions d'euros. La société paie sa forte exposition sur les marchés anglo-saxons, où l'effet de change vient s'ajouter à l'impact économique.
Dans ce contexte plus que morose, la société a tout de même pris le risque de l'investissement. « Nous évoquions régulièrement la possibilité de sortir un nouveau modèle dans notre gamme, le J-97. En dépit du coût, nous avons décidé de nous lancer », explique Max Raëz. Le projet a nécessité un investissement de 350.000 euros pour couvrir études, moules et gabarit. Le J-97, un voilier d'un peu moins de 10 mètres de long, est sorti du chantier vendéen en mai 2009. Il est présent au Salon nautique de Paris (jusqu'à dimanche).
stratégie du long terme
Depuis, J-Europe peut se féliciter d'avoir pris ce risque. Max Raëz n'hésite pas à dire que le J-97 a permis de sauvegarder la société. Depuis le lancement, 15 ventes ont été enregistrées, 8 ont été livrées. « Il coïncide parfaitement avec les attentes du marché. Élégant, performant et pas très cher », analyse le PDG. En dépit de ce succès, pas question de se lancer dans le développement de modèles à tout prix. La stratégie de J-Europe repose sur le long terme avec le lancement de bateaux les moins démodables possibles. L'heure est plus à l'offensive commerciale, avec deux objectifs prioritaires : retrouver sur le marché anglais les positions qui étaient les siennes avant la crise et investir de nouveaux marchés autour du bassin méditerranéen. Un exercice là encore de long terme. « Entre l'analyse du marché et la recherche du bon revendeur, cela peut prendre jusqu'à trois ans », précise Max Raëz. Denis Kerdraon, à Nantes
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