En 2020, EDF veut accélérer sur le solaire

 |   |  552  mots
(Crédits : Julia Symmes Cobb)
L'énergéticien français veut capter 30% du marché français d'ici à 2035. Pour atteindre son objectif, il va devoir multiplier les projets.

Deux ans après, l'heure est à l'accélération pour EDF. En 2020, l'énergéticien français souhaite en effet passer au déploiement opérationnel du Plan solaire annoncé fin 2017. Son objectif est très ambitieux: développer 10 GW d'installations photovoltaïques en France d'ici à 2028. Puis 30 GW en 2035, ce qui lui permettrait alors de capter 30% du marché français.

"Depuis deux ans, nous avons travaillé pour préparer le lancement du plan solaire, souligne Nicolas Couderc, directeur France de la filiale EDF Renouvelables. La prochaine étape, c'est de passer à la phase opérationnelle."

Très présent dans l'éolien dans l'hexagone, EDF l'est beaucoup moins dans le solaire. Ses centrales photovoltaïques, essentiellement construites au début des années 2010, ne représentent qu'une capacité d'environ 330 MW. Le groupe part donc quasiment de zéro. Il va donc devoir rapidement atteindre son rythme de croisière pour atteindre ses objectifs. La mise en service des nouvelles centrales sera progressive - il faut en effet entre quatre et six ans pour mener un projet à son terme. "Avec le plan solaire, nous changeons d'échelle", promet cependant Bruno Bensasson, Pdg d'EDF Renouvelables.

2.000 hectares sécurisés

Pour preuve, l'entreprise assure avoir multiplié par sept, au cours deux dernières années, les surfaces foncières "sécurisées" pour poser des panneaux solaires  Celles-ci s'élèvent désormais à 2.000 hectares, soit une capacité d'environ 2 GW. Un quart de ce potentiel d'installations a déjà obtenu un permis de construire. Cela représente 500 MW, cinq fois plus qu'en 2017. Et le nombre d'appels d'offres remportés auprès de la Commission de régulation de l'énergie a été multiplié par six en deux ans.

L'offensive d'EDF dans le solaire en France intervient à un moment "où la programmation pluriannuelle de l'énergie montre une forte accélération sur les renouvelables", indique Bruno Bensasson. Elle s'inscrit aussi dans une volonté d'un double rééquilibrage de l'activité d'EDF Renouvelables. D'une part, de l'éolien vers le photovoltaïque, qui doit représenter 60% des nouvelles capacités installées dans le monde d'ici à 2030. D'autre part, des États-Unis vers l'Europe et les pays émergents.

Baisse des coûts

En outre, la mise en marche du plan solaire d'EDF coïncide avec un contexte de forte réduction des coûts du photovoltaïque, "principalement en raison des progrès technologiques", note Bruno Bensasson. En France, les coûts peuvent cependant être plus élevés qu'ailleurs car la taille des centrales est limitée - 13 hectares en moyenne chez EDF -, ce qui ne permet pas de réaliser d'importantes économies d'échelles. Une question "d'acceptabilité", selon le patron d'EDF Renouvelables. En octobre, un projet d'une vaste centrale avait ainsi été abandonné dans le Larzac.

"Il y a peu de terrains en France qui permettent d'accueillir de grandes centrales", ajoute Nicolas Couderc. La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) privilégie en effet les installations sur des terrains dit "dégradés", comme d'anciennes mines ou des friches industrielles. "Des terrains que nous aurions peut-être pas regardés", reconnaît le responsable d'EDF Renouvelables. Le recours à ce gisement présente cependant un avantage: il est facile à "sécuriser". À terme, EDF devra trouver d'autres sources de foncier, soumise à des contraintes environnementales plus importantes. Un autre défi à relever.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/12/2019 à 23:05 :
Va-t-on en avoir plein les yeux et plus dans les fouilles?
a écrit le 12/12/2019 à 17:08 :
Pas de terrains en France ???Quelle blague énorme !
Comment a fait Neoen pour trouver les 260 ha de la centrale de Cestas et y installer 300MWc ?
Et les 20 ha de la centrale du Parc des Expositions en milieu urbain à Bordeaux ?Total l'a bien trouvé ce site.
La vérité c'est qu'EDF était prêt à tout pour sauver son nucléaire obsolète, y compris à bloquer l'éolien et le solaire , peine perdue le marché l'a rattrapé, et maintenant il est difficile de remonter la pente.
a écrit le 12/12/2019 à 14:24 :
EDF se sert de l'acquis de ses années de monopole puis quasi monopole pour mieux cerner ses assujettis au profit de la caste CGT qui constitue son noyau dur, en renforçant sa puissance de nuisance pécuniaire.
nb sans oublier de créer une concurrence factice et lancer ici et là quelques gadgets pour faire bonne mesure
a écrit le 12/12/2019 à 12:11 :
Problème de foncier : la solution ne résiderait-elle pas sur les toits ??? un contrat de location des surfaces de toit orientées sud, loyé payé en avoir sur facture EDF, sécuriserait le propriétaire dans l'absence de question d'amortissement, tout en assurant pour EDF une clientèle devenant captive !!! non ?
a écrit le 12/12/2019 à 9:00 :
"Il y a peu de terrains en France qui permettent d'accueillir de grandes centrales",

LA centralisation, leur fixette, où l'on recommence exactement les mêmes erreurs que pour le nucléaire seulement pour que quelques uns et la main sur tout. Au moins me direz vous on prend moins de risques physiques !

La compromission génère de la bêtise, c'est mathématiques.
Réponse de le 12/12/2019 à 12:11 :
Totalement d'accord

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :