Solaire flottant : la vague atteint la France

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A Piolenc (Vaucluse), Akuo a développé la première centrale commerciale de solaire flottant.
A Piolenc (Vaucluse), Akuo a développé la première centrale commerciale de solaire flottant. (Crédits : DR)
Posés sur l’eau, les panneaux photovoltaïques flottants évitent les conflits d’usage des sols. Évalué à 400 GW dans le monde, leur potentiel est surtout important en Asie, mais les projets se développent également en Europe. En France, Akuo Energy vient d’inaugurer une centrale de 17 MW dans le Vaucluse.

Le rapport sur le climat et l'usage des sols que le GIEC doit rendre public ce 8 août va une nouvelle fois mettre en évidence la nécessité d'opérer des arbitrages. Encore émergent, le solaire flottant est l'une des technologies permettant de limiter ces conflits d'usage en valorisant des étendues d'eau, notamment retenues de barrages ou lacs artificiels.

Ciel et Terre en est l'un des spécialistes. Cette PME française a développé pas moins de 125 fermes solaires flottantes, dont une grande majorité au Japon, pays dont la géographie contraint particulièrement l'usage des sols. La plus grande ferme du genre est aujourd'hui prévue en Corée du Sud, pour une puissance de 2,1 GWc (gigawattcrête). Un projet pharaonique si on le compare à la capacité aujourd'hui installée dans le monde, qui s'élève à 1,1 GW, ou à l'un des plus importants parcs actuellement en chantier : 1,3 million de panneaux et une puissance de 330 MWc en Australie, ou encore un projet d'une puissance de 648 MWc qui devrait recouvrir une surface de 10 km² en Inde...

Trois passages devant le régulateur français

En France, le producteur d'électricité renouvelable Akuo Energy vient d'inaugurer à Piolenc (Vaucluse) une installation de 17.000 panneaux solaires sur un plan d'eau de 17 hectares, d'une puissance de 17 MW, qui commencera à produire en septembre. Initialement développé par Ciel et Terre, ce projet, le premier de nature commerciale construit en France, a nécessité pas moins de trois passages devant la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Ajoutée aux éoliennes déjà installées, cette ferme solaire va permettre à cette commune de 5.000 habitants de devenir positive en énergie, c'est-à-dire qu'elle produira plus d'électricité qu'elle n'en consomme. Akuo prépare des projets similaires en Occitanie et dans le Grand Est notamment.

Le solaire flottant est jusqu'à présent essentiellement exploité sur des étendues d'eau artificielles où il contribue à améliorer le rendement en faisant baisser la température et à limiter l'évaporation d'eau. Grâce à un coût d'installation légèrement inférieur à celui des panneaux au sol ou sur les toitures, leur rentabilité peut être supérieure à celle des fermes solaires traditionnelles. En revanche, certains s'interrogent sur les risques d'eutrophisation et l'impact sur la faune.

Premiers projets en mer

Alors qu'on ne comptait encore en 2014 que 10 MW de puissance installée, une étude de la Banque mondiale intitulée « When the sun meets water » évalue à 400 GW le potentiel de cette catégorie de solaire flottant, soit l'équivalent de la puissance solaire installée au sol dans le monde à la fin de l'année 2017.

Mais de nouveaux projets commencent à apparaître en mer. Si les Maldives ou Singapour ont d'ores et déjà développé de petits parcs solaires offshore, c'est dans le golfe persique et en Mer du Nord que se préparent les projets les plus ambitieux. Ainsi, à Dubai, l'autorité en charge de l'eau et de l'électricité a lancé un appel à projets pour étudier, développer et construire de telles fermes. Plus près de nous, le consortium belge regroupant notamment DEME, Tractebel (filiale d'Engie), le groupe Jan De Nul et l'Université de Gand, a annoncé son projet de ferme solaire offshore construite en association avec de l'éolien offshore ou de l'aquaculture.

Reste à savoir si le coût d'installation puis de maintenance d'une ferme en pleine mer, exposée à la houle et à la salinité, permettra à cette technologie d'être rapidement compétitive...

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a écrit le 08/08/2019 à 18:41 :
On ne manque pas de terrain sur la planète, il suffit de coupler les capteurs photovoltaiques avec du thermique pour obtenir à la fois de l'eau chaude (70% des besoins des manages) et de l’énergie électrique performante. Ce type de capteurs mixtes existe déjà.

Quand vous couvrez un plan d'eau avec ces capteurs qui sont refroidis au contact de l'eau vous augmentez la température du bassin, vous encouragez la formation des algues, vous réduisez la quantité d'o2 dissoute dans l'eau et vous obtenez une sorte de marigot putride imbuvable et inutilisable. Çà fait beaucoup d'eau gachée.

Quant à installer çà en mer, je ne donne pas cher de la survie de ce matériel flottant et on connait la promptitude de certains organismes à coloniser ces infrastructures.

Localement c'est peut être une solution possible mais je ne vois pas l'interêt de généraliser le procédé.
a écrit le 08/08/2019 à 14:01 :
Déjà que les iles de plastiques et les zones mortes sont en train d'amoindrir la luminosité captée par les océans je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

Si je peux pas me passer de trollage stupide vous virez mon commentaire vous ne l'instrumentalisez pas
Réponse de le 08/08/2019 à 14:47 :
Citoyen blasé, l'acidification des océans est autrement plus inquiétante pour les océans (et nous !) tout comme les milliards de tonnes de déchets déversés dans les mers que des modules solaires posés sur flotteurs.
Comme "consommer , c'est voter " j'espère que vous évitez de votre côté d'utiliser quotidiennement les plastiques à usage unique ? Pour ma part je consomme l'eau du robinet et des boissons contenues dans des bouteilles consignées , choix permis par la proximité de la Belgique qui n'a jamais abandonné ce concept.
Réponse de le 08/08/2019 à 15:16 :
@ multipseudos épuisant:

"que des modules solaires posés sur flotteurs"

Dont tu connais parfaitement l'impact sur l'écosystème je suppose...

"consommer , c'est voter "

JE consommes moins que toi et je ne vote plus. Ah si c'est vrai j'ai voté pour le parti pirate pour les européennes ! Trop sympa leur clip de campagne ! ^^
a écrit le 08/08/2019 à 10:13 :
Beaucoup de commentaires négatifs. Pour moi ce type d'installation n'est pas si stupide. Je ne suis pas expert mais j'ai lu un article qui expliquait que du fait du rafraîchissement naturel qu'offre la surface d'eau le rendement de production d'elec. est supérieur de 20-25%.
Les panneaux doivent être étanches à la pluie, alors qu'il soient sur un toit ou sur l'eau il n'y a pas d'énorme différence de ce côté.
Quand à la faune et la flore, on est pas obligé de couvrir la totalité de la surface. Et puis bon couvrir une partie d'un lac artificielle ce n'est pas non plus comme si on couvrait une forêt primaire.
Réponse de le 08/08/2019 à 13:25 :
D'accorda avec vous, c'est interessant.
Après la versoin "en mer" parait plus difficile à envisager.
Les lacs de barrage seraient de bons candidats
Réponse de le 08/08/2019 à 18:54 :
Il existe déjà sur le marché des panneaux solaire hybrides qui produisent à la fois de l'eau chaude et du photovoltaique.

Ca s'installe sur un toit comme les capteurs classiques. Le rendement électrique/m2 est bien meilleur que sur les capteurs classique, par contre le rendement thermique est sensiblement plus faible. Ceci dit si ca permet de préchauffer l'eau sanitaire à 45° c'est toujours autant de gagné.

Autre point, les toitures équipées sont sensées être correctement orientées.
Je doute que sur un plan d'eau, pire en mer, on puisse assurer cette orientation aussi finement. Hors refroidissement, les rendements initiaux sont surement pas merveilleux, et je ne parle pas de l'effet des embruns, des éclaboussures et des dépots salins.
a écrit le 08/08/2019 à 9:51 :
L'idée de porter une centrale solaire sur l'eau a ceci d'original que l'on utilise une surface inutilisée sans compromettre ses usages .Si certains parlent de risque d'eutrophisation , n'oublions pas que le phénomène est presque toujours en rapport aux matières azotées (agriculture intensive) qui contribuent à nourrir algues et lentilles d'eau.Constituer un masque (partiel) n'impacte pas la vie aquatique.
D'autre part , les investissements nécessités pour la mise en oeuvre sont moindres puisque les modules sont posés sur des bacs flotteurs.Néanmoins , il conviendra d'être attentif aux coûts d'exploitation.En dehors de l'investissement de départ , le solaire offre l'un des coûts d'exploitation les plus faibles dans le domaine de la production d'énergie mais un milieu humide peut réserver de mauvaises surprises comme une corrosion accéléré.Toutefois , comme la chaleur constitue l’ennemi du solaire PV et alors que les canicules tendent à s'intensifier , je pense que le concept mérite un regard attentif. Ainsi , il serait intéressant de voir les courbes de production par rapport aux autres types de pose (sol et toiture) et avec en filigrane les retours sur investissements puisque le solaire offre l'avantage d'offrir des rendements étalés sur plusieurs décennies sans à avoir à dépendre de pays producteurs de matières fossiles (pétrole,charbon, gaz et uranium) si ce n'est d'un astre qui nous illumine depuis environ 3,5 MILLIARDS d'années.
Réponse de le 08/08/2019 à 12:00 :
Merci pour ces précisions, car je dois dire que pour ce qui concerne les innovation dans des domaines comme le camping, la vie alternative, je pense la aussi qu'il existe des solutions a venir dont je pense tenter d'incrémenter c type de technologies dans la mobilité présent futur.

Actuellement, quelques magasins offrent ce type d'alternative, mais je dois dire que cela ne semble pour le moment pas une priorité.
Et pourtant, ce qui peut faire le quotidien peut trouver des chemins d'application transformationnel assez rapide, efficace et dont les outils technologiques permettraient une fiabilisation rapide des applicatifs.

Je vais me pencher d'ici peu sur la question du solaire et de la mobilité, car c'est aussi un projet dans un avenir ou la question de la dépendance individuelle pour l'énergie sera sans doute une question centrale a l'aune des temps a venir.

Et pour le coup, comme les facteurs d'interopérabilités peuvent être multiples comme les champs d'applications, plutôt que d'attendre la contrainte, la motivation en rapport a l'innovation me permet de croire qu'il existe effectivement une capacité de normalisation de ces technologies en particulier pour les start up lorsque l'on regarde la question au niveau individuel. Au niveau collectif, ils sont sans doute les détonateurs ou catalyseurs d'un développement logique !
a écrit le 08/08/2019 à 9:20 :
Solution idiote. Les panneaux Solaires doivent etre regulierement nettoyes a cause des poussieres, L'eau et l'electricite ne vont pas bien ensemble, court-circuit des qu'il y a un defaut d'etancheite. Tous les composants electriques doivent etre etanches. Tous les isolants sont a base de plastique, qui perd ses capacites avec les UV du soleil... etc
a écrit le 08/08/2019 à 8:09 :
Couvrons déjà les parkings et les toitures après on verra!
a écrit le 07/08/2019 à 14:49 :
Les panneaux solaires doivent être posés sur les toits des bâtiments, et pas ailleurs. Le renouvelable n'est pas fait pour enrichir quelques lobbies, mais pour fournir de l'énergie à tout le monde, et le moins cher possible. Mais la cupidité gouverne notre planète...
a écrit le 07/08/2019 à 12:27 :
Comment se fait-il que AKUO puisse lever des capitaux pour une solution solaire, dont la rentabilité serait hasardeuse à cause de la maintenance ?

Sans compter le fait que l'eau chaude que l'on produit pourrait servir à beaucoup d'autres choses utiles.

Il y a pourtant des solutions nouvelles scientifiquement et techniquement bien établies beaucoup plus efficaces et des plus rentables, y compris pour le court terme, moins sensibles à la corrosion et aux salissures avec lesquelles on peut produire de l'énergie solaire de maniére beaucoup plus durable et nettement moins chère qui n'avaient pas encore été pris en considération à l'ADEME, pour la simple raison des plus technocratiquement ridicule , qu' avec leur formulaires informatisés et leur dictature administrative plutôt éculée on ne peut pas même leur décrire et leur expliquer.
a écrit le 07/08/2019 à 9:13 :
Déjà que les iles de plastiques et les zones mortes sont en train d'amoindrir la luminosité captée par les océans je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
Réponse de le 08/08/2019 à 14:00 :
@ HERCULES

Je t'angules HERCULES

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