LOIR-ET-CHER. La startup la Belle Forêt, qui commercialise des unités de crédit carbone issues exclusivement des forêts françaises, table sur le gain de l’appel d’offre du château de Chambord pour décoller. Elle mise sur deux levées de fonds d’ici 2025 pour accompagner son développement.La Belle Forêt proposera d'ici mai des unités de crédit carbone directement liées à la préservation de la biodiversité du prestigieux Domaine national de Chambord, au nord-est de Blois. Le parc forestier, qui déploie ainsi quelque 5.400 hectares d'essences d'arbres variées, se verra ainsi appliquer la méthodologie de la startup destinée à maintenir ses puits de carbone et éviter l'émission de CO2 dans l'atmosphère.
Une liste d'actions concrètes
Gagnante en décembre 2022 de l'appel d'offre européen lancé six mois plus tôt par Chambord, la startup parisienne a mis en avant plusieurs atouts pour être sélectionnée. Construite en collaboration étroite avec des experts forestiers, sa démarche prévoit d'une part un audit précis et argumenté de la santé du parc. D'autre part, la méthodologie liste les actions concrètes à mener afin de préserver sa biodiversité. « Pour les propriétaires, cela passe notamment par le renoncement à des coupes rases de bois ou encore le maintien sur le sol d'une partie du bois mort, explique Matthieu de Lesseux, fondateur de la société. La mise en place de barrières pour empêcher les voitures de pénétrer dans la forêt figure également parmi les critères exigés, une soixantaine au total ». Elle s'appuie enfin sur une certification des organismes indépendants Veritas et Ecocert. Autant de paramètres que La Belle Forêt promeut pour installer sa plateforme tant vis-à-vis des propriétaires de forêts, soucieux de trouver de nouvelles ressources pour améliorer leur résilience, que des entreprises désireuses d'investir dans des unités de crédit carbone vertueux et de contribuer ainsi à la neutralité carbone.
La Belle Forêt a été créée en 2021 par Matthieu de Lesseux, ancien président d'Havas de 2017 à 2019. Lui-même propriétaire de 700 hectares de forêts à Gérardmer dans les Vosges, il s'est associé avec l'expert forestier Philippe Gourmain pour lancer la société. Comprenant une douzaine de salariés, la startup se positionne comme un intermédiaire entre les propriétaires de forêts et les entreprises. Actuellement en tractation avec 83 domaines privés français, selon son dirigeant, elle se rémunère via une commission de 30% sur le montant des unités d'émissions. La vente de crédits carbones estampillés Chambord à partir de mai constituera sa première opération commerciale. D'ores et déjà, Matthieu de Lesseux assure être en négociations avancées avec plusieurs groupes du CAC 40 pour en acquérir.
Guillaume Fischer, à Tours