L'appel de la forêt : demain, tous forestiers  ?

OPINION. Les métiers de la forêt sont méconnus des jeunes malgré les nombreuses opportunités qu’ils représentent et permettent ainsi à ceux qui veulent prendre soin de la nature et de l'environnement de donner corps à leur vocation. Par Séverine Maestri, coache scolaire, fondatrice de Coachez Jeunesse.

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(Crédits : Reuters)

Si la France compte 3,1 millions de chômeurs, selon les données de Pôle emploi, la catégorie des 15-24 est la plus affectée. Environ 15 % de ces jeunes en situation de travailler n'ont pas d'emploi. Pour ceux qui en ont un, ou qui s'apprêtent à rejoindre le monde professionnel, la quête de sens et le désir d'avoir un impact sur la société constituent les priorités. Ainsi, 57 % des répondants à un sondage, organisé par l'école de commerce Audencia et la plateforme Jobs that make sense, estiment que leur activité professionnelle doit contribuer aux enjeux de la transition écologique et sociale. Cette part grimpe à 91 % pour les 18-24 ans, qui considèrent « l'intérêt pour la mission » comme le premier critère déterminant dans leur recherche d'emploi.

Pour ces jeunes en quête de sens et d'impact, les métiers de la forêt et du bois pourraient représenter une voie d'avenir, encore trop peu explorée. La génération Z est la plus engagée en faveur de l'environnement et de la lutte contre le changement climatique. Selon une étude de 2021 de Pew Research, 67 % des jeunes issus de cette génération née après 1996 pense que « le climat devrait être une priorité absolue pour assurer une planète durable pour les générations futures.»

La crise sanitaire a conduit les Français à reconsidérer leur mode de vie, au premier rang desquels leur lieu d'habitation. Signe de lvolution de ces considérations, la campagne connaît un regain d'intérêt au détriment des villes. 8 Français sur 10 estiment qu'il est préférable d'y vivre et presque autant de nos concitoyens se disent prêts à changer leur mode de vie, en réponse aux défis de l'environnement. Certes, il y a loin de la coupe aux lèvres. Néanmoins, jamais, les métiers relatifs à l'environnement et à la forêt n'auront autant offert autant d'opportunités de répondre à ces aspirations, surtout pour les plus jeunes.

La France, terre de forêts

Pour remettre les éléments dans le contexte, la France est aujourd'hui la troisième nation européenne en termes de superficie forestière. Le pays dispose de 16,5 millions d'hectares de forêts. Le volontarisme de ltat dans ce secteur se traduit par un plan de relance du secteur forestier visant à planter 50 millions d'arbres sur deux ans.

Comme les plantations, les forêts doivent s'entretenir. Loin de l'image dpinal d'une nature laissée à elle-même, une forêt c'est d'abord des gens et des métiers. Aujourd'hui, 60.000 entreprises réunissant quelques 440.000 personnes vivent de la filière forêt-bois dans l'Hexagone. Et aujourd'hui le secteur est confronté à une forte demande de main-duvre.

Travailler dans les métiers de la forêt, c'est se mettre directement au service de la survie de notre planète. C'est aussi agir de façon concrète pour relever le plus grand défi de notre époque, celui du réchauffement climatique. Pour une génération qui n'est plus seulement à la quête d'un salaire mais aussi d'un sens et d'un engagement, ces métiers constituent un débouché à considérer. Il faut également souligner qu'ils offrent des opportunités à un grand nombre de profils, quel que puisse être le niveau de formation de l'aspirant.

Si dans l'imaginaire collectif, le métier qui vient à l'esprit quand on parle de la forêt est celui du bûcheron, le secteur offre bien plus de carrières possibles. Les métiers de la forêt et du bois concernent une large palette d'activités. Ainsi, de la gestion forestière à la conception en passant par lbénisterie ou encore la commercialisation des grumes, l'offre est variée. Une trentaine de métiers ont été recensés jusque-là. En termes de niveau de formation, les portes s'ouvrent à partir du CAP jusqu un bac + 5, voire plus.

Développer les formations en alternance

Parce que les entreprises recrutent, les métiers du bois et de la forêt offrent  la possibilité d'une insertion rapide dans l'univers professionnel. De surcroît, les niveaux salariaux sont assez intéressants. À titre d'exemple, un technicien forestier débutant gagne 1.800 euros nets, plus primes et indemnités. Il vit dans des zones où le coût de la vie est nettement moins élevé qu'en milieu urbain. L'autre case que cochent les métiers de la forêt est leur inclusivité. Ces professions sont ouvertes aux femmes et leur offrent la possibilité de s'y épanouir pleinement. Ces métiers permettent également de s'intégrer dans une communauté et de s'impliquer dans le quotidien des gens, et donc, de nouer des liens humains de plus en plus difficiles à tisser dans nos sociétés.

Pour les collectivités publiques, un regain d'intérêt pour les professions forestières peut être un atout majeur. Il est certain que la réappropriation de ces métiers contribuera progressivement au repeuplement des milieux ruraux et participera à faire monter les préoccupations des zones rurales dans l'agenda des politiques. Il ne tient aujourd'hui qu'aux jeunes de produire l'impact qu'ils désirent sur l'avenir de leur pays, et de replacer la préservation de l'environnement au centre du débat national. S'engager dans les métiers du bois offre un rare niveau de cohérence entre convictions et parcours professionnels.

Mettre la lumière sur les métiers et les opportunités professionnelles de la filière auprès du grand public pourrait concourir à attirer davantage de talents. Le renouvellement des compétences dans la filière repose sur la capacité des entreprises à recruter des professionnels qualifiés, ce qui suppose de faire de la formation de ces futurs salariés une préoccupation majeure. Le développement de cursus en alternance, qui a largement témoigné de son efficacité pour d'autres filières, sera un atout majeur pour faciliter l'insertion professionnel des apprenants.

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Commentaires 4
à écrit le 05/04/2022 à 18:53
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Salut

à écrit le 05/04/2022 à 16:23
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Travailler dans la forêt, c'est sympa, mais les activités liées au bûcheronnage, c'est pénible ET dangereux. Les coupes sont de plus en plus faites "a blanc" ( on coupe tout !) par des engins qui détruisent les sols, tout comme le débardage des grume...

à écrit le 05/04/2022 à 13:40
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Non c'est parce que les jeunes ont envie d'être ensemble et non isolés, or le métier de garde forestier, tenace dans l'esprit collectif, c'est de vivre isolé et forcément tandis que leurs gènes leurs ordonnent de bouger, d'aller voir ailleurs, de com...

à écrit le 05/04/2022 à 12:07
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"La France, terre de forêts" Ce sont des balivernes ! C'est du relatif, la vérité c'est que la france est complétement recouverte de terres agricoles de couleur ocre la plupart du temps vue de l'espace, on dirait une puce silicium !! Si on rajoute...

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