A chaque épisode de pluie ou de vent, c'est la même histoire. Plusieurs centaines de déchets, jetés négligemment sur la voie publique, aboutissent dans les cours d'eau après avoir transité par les canalisations des égouts. Charriés par les fleuves, ces monceaux de mégots, blisters en plastique, billes de polystyrène et autres masques vont terminer leur vie dans les océans ou dans l'estomac d'un oiseau marin. Faut-il rappeler que 80% des déchets trouvés dans la mer proviennent de la terre.
C'est pour traquer cette pollution insidieuse que la Métropole de Rouen Normandie (MRN) vient d'installer six immenses filets le long de la Seine et de l'un de ses affluents, au débouché des réseaux d'eau pluviale. Objectif : piéger dans leurs mailles une partie des macro et micro déchets (d'une taille inférieure à 5 mm) qui se déversent dans le fleuve. La solution est éprouvée. On la doit à Pollutech, une entreprise à mission basée à Mandelieu-la-Napoule. En dix ans, elle a posé 250 de ces filets un peu partout sur le territoire français. Mais c'est la première fois qu'ils sont mis en œuvre à cette échelle.
Le dispositif devrait empêcher le déversement dans la Seine de plusieurs tonnes de détritus mais son principal intérêt réside ailleurs. Il s'agit moins de réduire le flux de déchets à ce stade -une mission impossible- que de collecter des données permettant de remonter à la source, explique Marie Atinault, vice- présidente en charge de l'environnement.