Dans le top 5 des opérateurs fluviaux européens, le groupe havrais Sogestran fait feu de tout bois pour décarboner sa flotte naviguant sur la Seine. A la veille de mettre à l’eau la première barge hydrogène française, il teste simultanément l’utilisation d’un biogazole de synthèse.L'aviation n'est pas le seul secteur à s'intéresser aux promesses des biocarburants. Depuis le mois de février, l'automoteur le Sandre de la Compagnie Fluviale de Transport (CFT) revendique crânement, sur sa cabine, une diminution de 90% de ses émissions de CO2. Depuis février, ce navire de cinquante mètres de long, qui approvisionne en ciment les centrales à béton parisiennes, n'est plus propulsé au diesel comme le reste de la flotte de la CFT mais grâce à un biogazole de synthèse issu du traitement de déchets : essentiellement des huiles végétales usagées et des graisses animales.
C'est la première fois en France, et probablement en Europe, que ce biocarburant fabriqué à Rotterdam par le raffineur finlandais Neste est testé dans les soutes d'une barge fluviale. A l'origine de l'initiative, le groupe havrais Sogestran, maison-mère de la CFT, associé à la jeune société rochelaise Altens qui distribue le mélange sous le nom de PUR-XTL depuis son nouveau dépôt de Gennevilliers. « C'est le premium du carburant alternatif dans le sens où il s'adapte à n'importe quel type de moteur fonctionnant au diesel sans surconsommation », vante Etienne Valtel, directeur d'Altens.
La performance du gazole sans les émissions
Bien que nettement plus onéreux que son équivalent fossile (+ 20%), le produit a tapé dans l'œil des ingénieurs de Sogestran. « Son intérêt est double. Non seulement il est issu d'une filière de recyclage mais il peut être substitué au gazole point par point sans modifier le réglage du moteur », explique Steve Labeylie, responsable des relations institutionnelles du groupe. A la clef, la promesse d'une réduction drastique des émissions de CO2. Mais aussi une diminution sensible des rejets d'autres polluants tels que les particules ou l'oxyde d'azote que l'expérimentation doit justement permettre d'objectiver grâce à des prélèvements à la sortie de l'échappement.
L'expérience, qui durera six mois, est suivie de très près par l'état-major de l'opérateur havrais, signataire des engagements pour la croissance verte du transport fluvial. Passée cette phase de test, le groupe n'exclut pas d'avoir recours au PUR-XTL à une plus large échelle sur certains types de marchés.