Venturi relève le défi de la Formula E

 |   |  678  mots
Le pilote Nick Heidfield en pleine course sur sa Venturi, lors du Grand prix de Berlin 2015 sur l'ancien site de l'aéroport de Tempelhof.
Le pilote Nick Heidfield en pleine course sur sa Venturi, lors du Grand prix de Berlin 2015 sur l'ancien site de l'aéroport de Tempelhof. (Crédits : Reuters)
Spécialiste du véhicule électrique de sport, la PME monégasque Venturi est engagée dans la deuxième saison du championnat consacré aux monoplaces électriques, dont le prochain grand prix se déroule ce 23 avril à Paris.

Lorsque Stéphane Sarrazin monte sur la seconde marche du podium, le 2 avril dernier, à Long Beach, en Californie, la victoire - la première de la saison - a un goût particulier. Pour le pilote bien sûr, mais aussi pour l'ensemble de l'équipe.

Si la présence de Venturi, la PME monégasque qui a fait de l'électrique son ADN, ne paraît pas illogique dans un championnat consacré aux monoplaces mues par cette énergie, il n'en reste pas moins que, face à elle, se trouvent les mastodontes de l'automobile, dont Renault, Audi ou Mahindra. Cela sent le défi. Et ce n'est pas pour lui déplaire.

Une expérience de 16 ans dans l'électrique

L'entreprise, née en 1984, a fait sienne la mobilité électrique depuis son rachat en 2000 par Gildo Pallanca Pastor. Éminemment avant-gardiste pour l'époque. L'avantage, c'est qu'en presque deux décennies, la petite entreprise a engrangé les expériences, entre les Global Challenges qui ont permis en 2000 à un véhicule électrique de rallier Shanghai à Paris, ou, en 2012, de tenter la première traversée du sud-est de l'Afrique. Sans omettre la tentative de record de vitesse organisée chaque été sur le Lac salé de Bonneville, aux États-Unis, avec des véhicules taillés pour l'occasion, vraies fusées de 10 à 12 m de long.

En définitive, participer à Formula E, cela change quoi ? « Le travail en interne ne change pas, il y a des similitudes avec nos expériences passées même si le champ d'application est différent. La gestion de l'énergie est le facteur déterminant dans la réalisation de la performance. Autre point commun, la capacité à optimiser le véhicule en termes de poids et de câblage par le choix des matériaux et la façon d'agencer les éléments dans la voiture, reconnaît Gildo Pallanca Pastor. La réelle différence est que, jusqu'à présent, nous ne roulions que contre le chronomètre et les éléments naturels. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à d'autres constructeurs et d'autres écuries. »

« La gestion de l'énergie est primordiale »

Surtout, depuis cette deuxième saison, chaque écurie a eu l'opportunité de devenir constructeur. Avec comme seule autorisation de la part de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), celle de travailler sur la chaîne de traction. Car la carrosserie, le châssis et la suspension avant sont communs à toutes les monoplaces engagées.

Cela tombe bien, car la chaîne de traction, c'est « notre spécialité », souligne le chef d'entreprise monégasque. L'équipe - depuis un recentrage de l'activité de l'entreprise opéré en juin dernier - est composée de 12 personnes. « Le fait d'être une petite équipe nous permet de connaître le véhicule et toutes ses contraintes », explique Louis-Marie Blondel, ingénieur chargé du développement du programme Formula E au sein de Venturi. « La gestion de l'énergie est primordiale. » Et l'analyse des données récupérées après la course par les capteurs disséminés sur la voiture est essentielle pour étudier le comportement de la monoplace bien sûr, mais surtout de la batterie.

 Luigi Mazzola, l'expérience de Ferrari

La télémétrie étant interdite en bord de piste, c'est l'ensemble de ces données qui va permettre d'ajuster ce qui doit l'être et de nourrir la R&D menée par l'équipe monégasque. Un développement réussi, semble-t-il, le crash-test arrière mené il y a quelques jours en vue de la saison 3 ayant été passé avec succès.

Et puis, il y a l'effet Luigi Mazzola. Pas encore mesuré. Avec sa nouvelle casquette de directeur technique, coiffée en mars dernier, l'Italien rejoint la route de Venturi, fort de ses vingt ans passés chez Ferrari. Un virage dans la stratégie. Une envie peut-être d'accélérer dans l'ajustement des détails. La volonté assurément de faire d'autres podiums. Et de ne pas rester au bord du chemin technologique.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :