L’aéroport de Toulouse ne pollue pas, ou presque…

Pierrick Merlet

Pierrick Merlet
Les idées reçues autour de l'aéroport Toulouse-Blagnac sont nombreuses. Les habitants de la métropole toulousaine sont plusieurs à penser que l'activité de l'aéroport nuit gravement à la qualité de l'air dans l'agglomération. Et pourtant...
D'après une étude sur le sujet dévoilée mercredi 14 février par l'Atmo Occitanie, l'observatoire régional de la qualité de l'air, les activités de la plateforme aéroportuaire ne polluent pas autant qu'on pourrait le croire. "Ce ne sont que des impacts relatifs contrairement au cliché", affirme Dominique Tilak, la directrice générale de cet observatoire régional.
Comme on peut le constater sur les infographies ci-dessus, l'aéroport de Toulouse-Blagnac ne représente qu'une faible partie de la pollution émise par l'ensemble de la métropole toulousaine. Néanmoins, la majeure partie de cette pollution émise n'est pas due au trafic routier généré par l'aéroport, mais bien par les avions. Mais que représentent ces chiffres ?
Basée sur l'activité de l'année 2013 de l'aéroport (les données pour 2016 sont en cours d'intégration, ndlr), Atmo a eu accès à l'historique précis des mouvements d'avions effectués sur l'aéroport fournis par la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC). L'observatoire pouvait ainsi savoir pour chaque vol sa date, le type de motorisation, la compagnie, l'immatriculation de l'avion et si c'était un atterrissage ou un décollage (le premier pollue moins que le second, nldr).
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Tout en prenant en compte les conditions météorologiques, "les résultats obtenus sont satisfaisants", assure dans son rapport d'étude l'observatoire, permettant ainsi la validation et l'exactitude de l'expérience.
Même si l'institut compte actualiser ses données et donc l'empreinte carbone de l'aéroport, il souhaite travailler à l'avenir sur d'autres scénarios. Les équipes de l'observatoire régional de la qualité de l'air aimeraient connaître le poids de l'aéroport lors de pics de pollution à Toulouse, une statistique jamais calculée jusqu'à présent. Enfin, ces scientifiques voudraient établir des scénarii en fonction des projections de l'aéroport sur son activité. L'entreprise ATB vise les 12 millions de passagers en 2030 contre 7 millions en 2015.
Cependant, si le nombre de mouvements d'avions est le même qu'en 2000, l'année 2017 a fait l'objet d'une hausse de 8,7 % par rapport à 2016. Et l'aéroport table sur 111 000 mouvements en 2022, soit +1,6 % par an jusqu'à cette échéance. Des données qui pourraient faire de l'aéroport Toulouse-Blagnac un plus gros pollueur dans les années à venir.
Dans le même temps, la plateforme aéroportuaire du nord-ouest toulousain génère un gros trafic routier en raison notamment de son nombre important de salariés (40 000 à eux quatre, ndlr). C'est pourquoi Airbus, Safran, ATR et ATB se sont associés dans le projet Commute, suite à un appel à projet de l'Union européenne.
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Ainsi, un appel d'offres vient d'être lancé pour développer une application de covoiturage instantané, c'est-à-dire que grâce à un système de géolocalisation, la future application proposera via des notifications sur le smartphone des covoiturages proches de l'utilisateur. Le prestataire sera choisi avant le début de l'été 2018, pour une mise en service en septembre prochain.
Pierrick Merlet