Ethio Telecom : un plan triennal pour faire face aux futurs concurrents

Photo d'illustration
Ethio Telecom

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En Ethiopie, l'opérateur historique et unique des télécoms -jusqu'ici resté la chasse gardée de l'Etat- résonne déjà en termes de concurrence. Vendredi dernier, c'est Frehiwot Tamru, PDG d'Ethio Telecom, qui a personnellement présenté à la presse son plan stratégique triennal de développement (2019-2022). Objectif : permettre à Ethio Telecom de performer sur un marché concurrentiel.
C'est en juin 2018 que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a évoqué officiellement la volonté de l'Etat de privatiser Ethio Telecom et d'ouvrir le secteur à l'investissement privé. Juste après cette sortie, de grands groupes ont manifesté leur intérêt, notamment le français Orange, le sud-africain MTN et le britannique Vodafone via sa filiale sud-africaine Vodacom. En juin dernier, Addis Abeba annonçait l'octroi de licences à deux multinationales d'ici fin 2019.
Dans son plan stratégique triennal, Ethio Telecom mise entre autres sur la réputation de sa marque et sur l'innovation en termes de produits et services, selon les détails. Ainsi au cours des trois prochaines années, l'opérateur historique éthiopien envisage de lancer des services de mobile money et de data cloud. Une demande d'autorisation pour proposer des services de mobile money a déjà été déposée auprès de la Banque centrale. Grâce à une étude réalisée en interne, la compagnie a estimé à 13 milliards de dollars les gains que pourraient générer de tels services.
En outre, Ethio Telecom prévoit d'élargir son réseau de 4G dans tout Addis Abeba et dans d'autres régions du pays et d'étendre sa couverture mobile et son réseau de distributeurs et détaillants dans l'ensemble du pays avec, en perspective, une hausse de près de 16% du nombre total d'abonnés et 25% du chiffre d'affaires à 45,4 millions de dollars sur la première année (2019-2020) du plan stratégique.
En termes d'infrastructures, Ethio Telecom préfère s'orienter dans un premier temps vers l'optimisation des infrastructures disponibles et prévoit une «amélioration» des infrastructures du réseau mobile.
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Conscient de la menace que représente l'arrivée des géants internationaux en termes de ressources humaines, l'opérateur historique éthiopien prépare une série d'actions -en termes de formation, de salaires et d'avantages- qui lui permettront de retenir ses ingénieurs.
Pour l'instant, l'opérateur télécoms historique éthiopien n'a pas dévoilé le coût de son plan stratégique triennal. Selon Frehiwot Tamru, la démarche serait inopportune dans la mesure où l'évolution du marché, au terme de la première année, pourrait «modifier les priorités» d'Ethio Telecom.
Avec ses 100 millions d'habitants, sa croissance dynamique et le leadership d'Abiy Ahmed, l'Ethiopie fait partie des économies qui attirent de plus en plus l'intérêt des investisseurs et des multinationales à travers le monde. Restée longtemps une économie largement contrôlée par le capital public, son ouverture à l'investissement privé dans ses entreprises stratégiques est une démarche qui n'est pas sans critiques dans le pays. Cependant, il semble que le processus soit suivi à la loupe afin d'éviter les erreurs stratégiques qui risquent de ne pas être pardonnées au gouvernement.
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L'autre point phare du plan triennal d'Ethio Telecom réside dans l'évaluation de ses actifs, préalablement à l'ouverture de son capital. Après avoir examiné l'offre de quelques Big Five du conseil, la compagnie a retenu KPMG qui devrait livrer ses résultats d'ici fin octobre.
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