Les services du conseil régional d'Occitanie demandent une réunion d'urgence devant l'ampleur de la situation, avec tous les acteurs du dossier. « Nous sommes de plus en plus interpellés par des prestataires du festival audiovisuel de Luchon qui ne sont pas payés », commente un proche du dossier au sein de la collectivité. Depuis plusieurs jours, la direction de ce rendez-vous annuel de la fiction française dans cette commune aux pieds des Pyrénées doit faire face à de multiples témoignages d'impayés de ses prestataires.
« À l'été 2021, j'ai été nommé co-directeur artistique du festival mais en septembre je n'étais toujours pas payé. J'ai donc décidé d'arrêter la collaboration. Avec l'aide de mon avocat, j'ai récupéré 4.000 euros mais on me doit encore 2.000 euros », commente Luc Adam, un prestataire parisien attaché de presse dans la fiction, joint par La Tribune.
Grâce à un appel sur les réseaux sociaux, ce professionnel de la filière audiovisuelle est parvenu à rassembler une quinzaine de prestataires divers aussi victimes d'impayés de la part du festival de Luchon. Ensemble, ils ont la volonté de porter une action commune en justice si aucune évolution en leur faveur n'intervient rapidement.
« Mes coordonnées étaient sur la plaquette informative de l'édition 2022. Les prestataires, n'arrivant pas à joindre la direction, m'ont contacté et au fil des semaines j'ai pris conscience de l'ampleur de la situation. Beaucoup de professionnels de l'édition 2022 et même avant ne sont toujours pas payés », partage à son tour Cathy Sanchez, l'ancienne programmatrice de la sélection espagnole de l'édition 2022, qui attend encore 1.250 euros en sa faveur.
Dans les témoignages, un homme concentre toutes les critiques : Christian Cappe, le directeur du festival de Luchon qui s'est vu confier la production de celui-ci par la mairie depuis l'édition 2022. « Il a mis en place une escroquerie généralisée », peste Anaita Bostoni, la gérante de la société toulousaine Framirex, qui a fourni des décors de scène pour l'édition 2022 de la manifestation culturelle. Sur le montant de 5.000 euros demandé par son entreprise, seulement 3.500 ont été payés à ce jour malgré de multiples relances. « C'est un hypocrite et un escroc qui vole le festival à de formidables bénévoles. Personne ne comprend pourquoi il est encore là », lâche Mélanie Degoy, qui a été attachée de presse pour les médias espagnols sur l'édition 2022 et dont son employeur de l'époque, Ligne Sud, attend encore 4.000 euros de la part des organisateurs.