« Qu'on ne nous dise pas que d'ici 15 ou 20 ans nous n'aurons pas une aviation propre et décarbonée ! Mais pour cela, il faut absolument se remettre au travail (...) Depuis 50 ans, nous avons optimisé. C'est bien, mais cela ne suffit pas. Ce n'est pas avec de l'optimisation que nous allons atteindre nos objectifs de la décarbonation pour 2050 », a lancé le docteur Bertrand Piccard, en ouverture des 10 ans de l'AéroForum, organisé par La Tribune jeudi 9 novembre à Toulouse. Le ton était alors donné pour ce grand raout annuel de la supply chain aéronautique, pointée du doigt alors qu'elle n'est responsable que de 3% des émissions mondiales de CO2.
Pour cet ingénieur de formation, un enjeu sera au coeur du transport aérien de demain :
«
il faudra beaucoup d'électricité ». «
Le besoin est gigantesque. L'Europe aura besoin de multiplier sa production d'énergie décarbonée par quatre. Cela représente un investissement annuel de 250 milliards d'euros, soit 6.000 Térawatt-heures de plus qu'aujourd'hui », ajoute-t-il. À l'heure où la France s'est lancée dans la course aux mini-centrales nucléaires, la position de l'une de ses rares filières industrielles encore puissante pèsera certainement lourd dans la balance à l'heure des choix (politiques).