L’AOP Picpoul de Pinet entaillée par le tracé de la LGV : ce que demandent les vignerons
Michèle Trévoux
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
La construction de la future ligne LGV Montpellier-Perpignan va traverser le vignoble et éliminer 73 hectares de vigne de l'AOP Picpoul de Pinet, dans l'Hérault.
DR
La future ligne à grande vitesse Montpellier-Perpignan va traverser le vignoble de l’AOP Picpoul de Pinet, dans le département de l’Hérault. Les vignerons étudient les moyens de limiter l’impact de cette trouée au sein de leur appellation.
«On ne va pas s'apitoyer sur notre sort. Les jeux sont faits. Le TGV va traverser notre vignoble. Mais nous allons rebondir».
Laurent Thieule, président du syndicat de l'AOP Picpoul de Pinet, dans l'Hérault, se veut positif malgré la mauvaise nouvelle entérinée début mai : le rapport d'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan a validé le tracé de la future ligne LGV Montpellier-Perpignan que redoutaient les vignerons de l'appellation.
73 ha sacrifiés
La construction de cette liaison ferroviaire va traverser le vignoble et fatalement éliminer 73 hectares de vigne. Propriétaire de 80 hectares répartis sur plusieurs secteurs, Olivier Azam, du Domaine du Petit Roubié, a ainsi une parcelle de 30 hectares d'un seul tenant qui sera coupée en deux.
Au total, 6 hectares seront expropriés. Mais l'impact sera certainement plus important que les 73 hectares directement touchés : certains vignerons risquent de renoncer à cultiver les morceaux de parcelles amputées de l'essentiel de leur surface, faute de rentabilité.
Le syndicat estime qu'une centaine d'hectares de vigne vont disparaître suite à ces travaux, soit 6% de la surface en production. Qui plus est, le tracé retenu, qui ne longe pas l'autoroute A9 comme le souhaitaient les vignerons, va isoler un ilot de 300 hectares de vigne, qui se retrouvera coincé entre l'autoroute A9 et la voie ferrée. Les accès à cette partie du vignoble seront limités, rendant plus coûteuse son exploitation.
Paysage défiguré
Enfin, les vignerons, qui misent sur l'oenotourisme et la beauté de leurs paysages en bordure de l'étang de Thau, craignent que cette voie ferrée en plein cœur de leur vignoble ne défigure le paysage, carte maîtresse du développement de l'oenotourisme.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Le syndicat espère donc obtenir des indemnisations à la hauteur de ces enjeux, non seulement pour la cinquantaine de vignerons qui seront expropriés, mais également au niveau collectif, avec des compensations pour limiter l'impact visuel de l'aménagement de cette voie ferrée.